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Pourquoi Stellantis va doubler la capacité de l’usine de Kénitra

Le groupe Stellantis investira plus de 3,2 milliards de DH afin de doubler la capacité de son usine de Kénitra. Objectif : faire du site marocain le fer de lance de son offensive dans la région Afrique et Moyen-Orient avec des modèles développés spécifiquement pour les marchés émergents.

Pourquoi Stellantis va doubler la capacité de l’usine de Kénitra

Le 10 novembre 2022 à 15h11

Modifié 10 novembre 2022 à 15h11

Le groupe Stellantis investira plus de 3,2 milliards de DH afin de doubler la capacité de son usine de Kénitra. Objectif : faire du site marocain le fer de lance de son offensive dans la région Afrique et Moyen-Orient avec des modèles développés spécifiquement pour les marchés émergents.

Le groupe Stellantis vient d’annoncer un investissement de 300 millions d’euros (3,2 milliards de DH) dans son usine de Kénitra, dans le but d’en doubler la capacité et d’atteindre un potentiel de production de 450.000 véhicules par an. Une annonce spectaculaire, qui pose toutefois deux questions essentielles : quel sera le rôle du site marocain dans la stratégie industrielle du groupe, et quels sont les modèles qui y seront fabriqués dans les prochaines années ? Éléments de réponse.

Un nouveau plan stratégique pour la région

Il y a quelques semaines, lors de la présentation de son plan stratégique “Dare Forward 2030” pour la zone Afrique et Moyen-Orient, Stellantis dévoilait son ambition d’y atteindre une part de marché de 22% à l’horizon 2030 (contre 13,8% aujourd’hui), correspondant au volume prévisionnel d’un million de véhicules.

Pour y parvenir, le groupe mise sur une sérieuse hausse de l’intégration industrielle et commerciale au sein de cette zone, qui regroupe l’Afrique, le Moyen-Orient, la Turquie, le Pakistan et les territoires français d’outre-mer. Aujourd’hui, seulement 25% des véhicules du groupe Stellantis vendus dans cette région sortent de ses usines qui y sont installées. Or, avec le passage accéléré au 100% électrique en Europe, les usines du Vieux continent ne devront plus alimenter les marchés de la région, où le rythme de l’électrification est beaucoup moins rapide.

Fabriquer dans la région, pour la région

Par conséquent, le nouveau plan stratégique entend multiplier par trois le taux d’autonomie d’approvisionnement régional, pour le porter à 70% d’ici 2030. En clair, sur le million de véhicules espéré, 700.000 seront produits dans les sites Stellantis de la région, les 300.000 restants étant importés de ses installations européennes ou nord-américaines. Cela ne devrait pas pour autant réduire le flux des exportations à partir de cette zone, puisque 300.000 véhicules sont censés emprunter chaque année le chemin inverse.

Calculette en main, Stellantis va donc produire, d’ici 2030, un million de véhicules dans la région Afrique et Moyen-Orient, en s’appuyant principalement sur ses deux plus importantes structures industrielles. La première est l’usine Tofaş de Bursa, en Turquie, née en 1968 d’une coentreprise avec le groupe local Koç Holding et disposant d’une capacité de 400.000 unités. La seconde est l’usine Stellantis de Kénitra (anciennement PSA), dont la capacité actuelle avoisine les 200.000 véhicules.

L’usine de Kénitra, un outil de conquête

C’est là qu’entre en jeu l’investissement de 300 millions d’euros (3,2 milliards de DH) annoncé par Stellantis dans le site de Kénitra, dont l’objectif est d’en faire la tête de pont de son offensive dans la région Afrique et Moyen-Orient. Déployé sur différentes phases (qui restent encore à définir), il permettra une montée en cadence de l’outil industriel pour atteindre progressivement une capacité totale de 400.000 véhicules, à laquelle s’ajoutera la production de 50.000 quadricycles électriques regroupant la Citroën Ami, l’Opel Rocks-e et, selon toute vraisemblance, la future Fiat Topolino.

Dans un premier temps, ce doublement de la capacité servira à accueillir, au courant de l’année 2023, l’intégralité de la production des versions à moteur thermique de la Peugeot 208, qui sera rapatriée de l’usine de Trnava en Slovaquie vers le site marocain. Les versions 100% électriques de la citadine française seront quant à elles fabriquées dans l’usine de Vigo, en Espagne.

Introduction du programme “Smart Car”

Mais dans des délais relativement courts, l’usine de Kénitra abritera également la production d’une nouvelle génération de modèles issus du programme “Smart Car” de Stellantis. Sous cette appellation se cache un projet global développé en collaboration avec Tata Consulting Engineers (filiale ingénierie du géant indien Tata) et regroupant une famille de trois véhicules des segments B et C (citadines et compactes) destinés aux marchés automobiles émergents à travers le monde : Inde, Amérique Latine, Afrique et Moyen-Orient et certains pays d’Asie.

Le programme “Smart Car” a déjà été entamé par la production en Inde et au Brésil de la nouvelle Citroën C3 “CC21” (voir photo ci-dessous), un modèle inédit qui diffère de la mouture européenne commercialisée chez nous. Basé sur une variante simplifiée de la plateforme CMP (celle de l’actuelle Peugeot 208, entre autres), ce Crossover urbain de 3,98 m de long se caractérise par ses coûts de production compressés, via le recours à des solutions économiques et à un sourcing majoritairement local. Voilà qui indique que, une fois introduit dans l’usine de Kénitra, le programme “Smart Car” lui permettra d’élargir son écosystème à de nouveaux équipementiers et des métiers supplémentaires.

Vers la production de modèles électriques ?

D’ailleurs, le petit Crossover aux chevrons n’est que la première brique du projet. Modulaire et hautement flexible, sa base technique peut être exploitée pour toute une gamme de véhicules, et probablement pour différentes marques du groupe Stellantis (Peugeot, Fiat et Opel). On évoque ainsi une berline tricorps, future remplaçante des Citroën C-Elysée et Peugeot 301 assemblées en Espagne, ainsi qu’un SUV compact qui viendrait attaquer frontalement le Dacia Duster.

Surtout, si la majorité de ces modèles s’équipera d’abord de moteurs thermiques, afin de se conformer à la demande dans les marchés de la région, rien ne les empêche de passer, si besoin est, à l’hybridation, voire au 100% électrique. En effet, la plateforme CMP a été conçue comme une base technique “multi-énergies”, capable d’accueillir au choix des moteurs à combustion interne comme des motorisations électriques. D’ici à penser que des voitures “à piles” sortiront dans les prochaines années des chaînes de Kénitra, il n’y a qu’un pas… que l’on souhaiterait allègrement franchir.

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