Fitch confirme la note BB+ pour le Maroc et anticipe un nouveau durcissement monétaire

Le Maroc ne récupère pas son Investment Grade chez Fitch. Les perspectives sont stables. La croissance cette année est attendue à 1,1% du PIB et l'inflation moyenne à 6,2%. Fitch s'attend à de nouvelles hausses du taux directeur de la part de Bank Al Maghrib.

Fitch confirme la note BB+ pour le Maroc et anticipe un nouveau durcissement monétaire

Le 5 novembre 2022 à 13h09

Modifié 7 novembre 2022 à 7h58

Le Maroc ne récupère pas son Investment Grade chez Fitch. Les perspectives sont stables. La croissance cette année est attendue à 1,1% du PIB et l'inflation moyenne à 6,2%. Fitch s'attend à de nouvelles hausses du taux directeur de la part de Bank Al Maghrib.

Dans une note publiée le 4 novembre, la société de notation américaine Fitch Ratings a confirmé la note souveraine du Maroc BB+ avec perspectives stables. Le Maroc ne récupère donc pas son investment grade.

L’agence note que le pays fait face un ralentissement de croissance économique du fait, dans un premier temps, de l’une des pires sécheresses depuis des décennies. Elle s’attend à une croissance de 1,1% du PIB cette année « en raison de la forte contraction de la production agricole, de l'inflation affectant la consommation et de l'environnement international défavorable en termes de prix des matières premières et de hausse des taux d'intérêt ».

Un redressement est cependant attendu l’an prochain avec une croissance de 2,8 % avec la reprise de l'agriculture, avant de passer à 3,2 % en 2024, reflétant la détente des prix de l'alimentation et de l'énergie et le rebond des secteurs industriels et du tourisme. Néanmoins, ce redressement dépend de plusieurs facteurs, comme le rappelle Fitch Ratings. « Les perspectives de croissance dépendent de la normalisation de l'agriculture et du niveau des précipitations, et les risques à la baisse découlent d'une prolongation de la guerre en Ukraine, du maintien des prix élevés de l'énergie et des perturbations de l'approvisionnement » souligne l’agence.

Côté inflation, Fitch Ratings table sur une moyenne à 6,2 % cette année (sous la médiane « BB » de 7,5 %) avant de tomber à 2,2 % en 2024 à mesure que les pressions sur les marchés mondiaux des matières premières s'atténuent.

Concernant les mécanismes pour lutter contre l’inflation, Fitch Ratings annonce s’attendre « à ce que BAM continue de resserrer sa politique monétaire pour ancrer les anticipations d'inflation et suivre le cycle de resserrement de la BCE et de la Fed ».

Au niveau du Budget, l’agence note une amélioration des recettes plus rapide que celles des dépenses. « Le gouvernement a augmenté les subventions (+118% sur un an et estimées à 2,8% du PIB en 2022) pour le blé, le sucre et le gaz butane, accordé des aides au carburant aux professionnels du secteur des transports et augmenté le salaire minimum » rappelle l’agence.

Fitch Ratings s'attend à ce que le déficit budgétaire diminue à 4,7% du PIB en 2022 (5,5 % en 2021), principalement en raison de revenus plus élevés que prévu. Elle note que la hausse des recettes « reflète un effet décalé et la flambée des prix du phosphate (+156% en glissement annuel en juillet 2022), qui devraient rester élevés en 2022, avant de se modérer en 2023 ».

Contrairement à ce qui est avancé dans le PLF 2023 concernant le déficit budgétaire, Fitch Ratings l’anticipe à 5% du PIB en 2023 contre 4,5% présenté par le gouvernement. « La croissance des revenus ralentissant en raison de la normalisation des prix du phosphate et de la décélération des activités industrielles et touristiques » souligne Fitch.

Elle note également que « les dépenses augmenteront également en raison de la hausse des dépenses de santé et d'éducation, conformément au nouveau modèle de développement et au renouvellement des subventions ». Cette année, elle table sur un déficit de 5,2% du PIB.

Pour ce qui est du recours au financement, Fitch note que « bien que la loi de finances 2022 prévoyait une émission internationale pour refinancer une euro-obligation de 1,5 milliard de dollars (1,1 % du PIB) à échéance décembre 2022, nous ne nous attendons pas à ce que le Maroc exploite les marchés internationaux en raison de conditions de financement externes moins favorables pour les marchés émergents ».

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