img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Le FMI table sur une croissance de 1,25% en 2022, à l'issue de sa mission au Maroc

Les services du Fonds monétaire international achèvent leur mission de Consultation 2022 au titre de l’article IV avec le Maroc. Voici la déclaration de Roberto Cardarelli à l'issue de sa visite.

Le FMI table sur une croissance de 1,25% en 2022, à l'issue de sa mission au Maroc
Par
Le 4 novembre 2022 à 17h17 | Modifié 4 novembre 2022 à 17h54

Quatre éléments sont à retenir au terme de la mission du Fonds monétaire international (FMI), dont le staff a donné une conférence de presse ce vendredi 4 novembre 2022 :

- L'équipe du FMI ne retient pas les prévisions de croissance du gouvernement. Ce dernier tablait sur 4% en 2023 (FMI : 3%) ; et sur 1,4% cette année (FMI : 1,25%).

- En ce qui concerne l'inflation, la Banque centrale prévoit 2% en 2024. Le staff du FMI estime qu'un tel objectif "pourrait nécessiter de nouvelles hausses des taux directeurs, afin d'ancrer davantage les anticipations d'inflation".

- Pour ce qui est de la mise en place d'une nouvelle Ligne de précaution (LPL ou modulaire), les discussions se poursuivront. Pas de décision finale.

- En ce qui concerne le régime de change du Dirham, "le passage à l'étape suivante,, qui consiste à laisser flotter le Dirham, se fera après l'atténuation de la crise internationale".

Voici le texte du communiqué publié par le FMI à l'issue de cette mission, et à la fin de l'article, la vidéo de la conférence de presse.

Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Roberto Cardarelli a mené des discussions avec les autorités marocaines dans le cadre des consultations de 2022 au titre de l'article IV, du 24 octobre au 4 novembre.

À l'issue de cette visite, Roberto Cardarelli a fait la déclaration suivante :

"L'économie marocaine a connu une confluence de chocs négatifs en 2022 qui ont freiné le rebond rapide après la pandémie. La sécheresse a négativement affecté la production agricole, tandis que les chocs des termes de l'échange liés à l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont davantage alimenté l'inflation et réduit le pouvoir d'achat. La reprise du secteur du tourisme, la résilience des envois de fonds des migrants et des exportations ont partiellement compensé ces chocs négatifs. La croissance du PIB devrait s'établir à environ 1,25 % en 2022, et le déficit du compte courant devrait se creuser pour atteindre environ 4,25% du PIB. Dans l'hypothèse d'une amélioration progressive des conditions extérieures et d'une saison agricole moyenne, la croissance devrait s'accélérer pour atteindre environ 3% l'année prochaine, et le déficit du compte courant devrait se réduire à environ 3,5% du PIB, mais de fortes incertitudes planent sur ces perspectives.

"Bien que causées par des chocs mondiaux sur l'offre et les prix des matières premières, les pressions inflationnistes se sont généralisées au cours de cette année. En conséquence, Bank Al-Maghrib a procédé de manière appropriée à un resserrement monétaire en septembre. Alors que nous nous attendions à ce que l'inflation commence à baisser l'année prochaine, sous l'effet de la baisse prévue des prix mondiaux des matières premières, assurer un retour de l'inflation à près de 2% d'ici 2024 pourrait nécessiter de nouvelles hausses des taux directeurs, afin d'ancrer davantage les anticipations d'inflation.

"Nous saluons la décision du gouvernement marocain de publier sa programmation budgétaire triennale dans le cadre du projet de loi de finances 2023 qui prévoit une réduction continue du déficit budgétaire pour se rapprocher des niveaux d’avant la crise sanitaire. Le projet de loi de finance 2023 se concentre également, à juste titre, sur l'atténuation de l'impact des chocs récents et sur le financement des réformes indispensables dans les systèmes de protection sociale, de santé et d'éducation. Les modifications apportées à l'impôt sur les sociétés et à l'impôt sur le revenu des personnes physiques visent à réduire la charge fiscale pesant sur les petites et moyennes entreprises et sur les salariés, tout en augmentant la progressivité globale du système fiscal et en élargissant son assiette. Les réformes annoncées de la TVA, de la fonction publique et du secteur des établissements et entreprises publics, la poursuite du renforcement de l'administration fiscale et de la rationalisation des dépenses, ainsi que l’amélioration du ciblage de la compensation grâce à l'introduction du registre social unifié, devraient créer davantage d'espaces budgétaires et permettre une réduction plus rapide de la dette publique à moyen terme.

"Le renforcement de la résilience de l'économie marocaine, dans un contexte de marges de manœuvre budgétaire et monétaire limitées et d'incertitude exceptionnelle, appelle à l’accélération de la mise en œuvre des réformes structurelles. Des progrès significatifs ont été réalisés dans l'extension de la protection sociale, bien qu'une grande partie des travailleurs indépendants n'aient pas encore rejoint le nouveau système contributif de soins de santé et de retraite. Des réformes profondes des systèmes de santé et d'éducation devraient améliorer l'accès, l'efficacité et la qualité des services. Les récentes mesures de réforme des entreprises publiques, ainsi que l'opérationnalisation du Fonds Mohammed VI et la mise en œuvre de la nouvelle Charte de l'investissement devraient contribuer à stimuler l'investissement privé. Les progrès réalisés dans la libéralisation du marché de l'électricité devraient accélérer la transition vers les énergies renouvelables, tandis que beaucoup reste à faire pour remédier à la raréfaction des ressources en eau."

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 4 novembre 2022 à 17h17

à lire aussi

Automobile. Le Maroc premier exportateur africain et premier producteur de voitures particulières
ECONOMIE

Article : Automobile. Le Maroc premier exportateur africain et premier producteur de voitures particulières

Si l’Afrique du Sud reste le premier producteur automobile d’Afrique, le Maroc est devenu le premier exportateur automobile du continent et domine la production de voitures particulières. Au moment où Volkswagen cherche plus de visibilité en Afrique du Sud, le Royaume apparaît comme une alternative crédible. Sa force tient à sa proximité avec l’Europe, à sa logistique et à une chaîne industrielle déjà tournée vers l’export.

Aéroport Mohammed V : l'ONDA engage une refonte architecturale à 300 MDH
Infrastructure

Article : Aéroport Mohammed V : l'ONDA engage une refonte architecturale à 300 MDH

L’appel d’offres porte sur les études et le suivi d’un chantier destiné à donner une même identité aux terminaux T1, T2 et domestique, tout en repensant les parcours passagers, les accès, les façades et l’expérience d’accueil.

Désinformation : comment la machinerie hostile au Maroc a fabriqué “l’affaire Wassim”, jusqu'au sommet de l’État algérien
SOCIETE

Article : Désinformation : comment la machinerie hostile au Maroc a fabriqué “l’affaire Wassim”, jusqu'au sommet de l’État algérien

Comme lors de chaque grand rendez-vous sportif, les réseaux de propagande hostiles au Maroc redoublent d'activité. La dernière tentative en date, "l’affaire Wassim", a cherché à imputer à la communauté marocaine résidant aux États-Unis l'agression présumée d'un mineur algérien à Boston.

Énergie verte : les futurs câbles Maroc-France et le gazoduc H2 prennent place dans les plans européens
Energie

Article : Énergie verte : les futurs câbles Maroc-France et le gazoduc H2 prennent place dans les plans européens

Les projets énergétiques reliant le Maroc au continent européen se multiplient dans le Plan décennal de développement du réseau européen, version 2026. Portés par Xlinks, Fortescue ou encore Enagás, ils confirment le positionnement du Royaume comme futur fournisseur d'énergie verte de l'Europe.

Une fusion-absorption de l'Université internationale privée Averroès par LCI Africa Holding en projet
BUSINESS

Article : Une fusion-absorption de l'Université internationale privée Averroès par LCI Africa Holding en projet

Le Conseil de la concurrence a été saisi le 2 juillet de l’opération, qui rapprocherait l’établissement casablancais du groupe LCI Education, déjà présent au Maroc à travers HEM, Collège LaSalle International Maroc et Foncière L’AGORA pour l’Éducation.

À Tétouan, les juges constitutionnels veulent rendre l’État de droit plus visible
Quoi de neuf

Article : À Tétouan, les juges constitutionnels veulent rendre l’État de droit plus visible

Organisé avec la Commission de Venise, le colloque a réuni pendant deux jours des intervenants marocains et étrangers autour d’un enjeu central : l’indépendance des cours et leur capacité à dialoguer au-delà des frontières. Les travaux ont aussi été marqués par la présentation de la version révisée de la Liste des critères de l’État de droit.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité