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ECONOMIE

“En dix ans, les Marocains ont investi 320 MM de francs CFA en Côte d'Ivoire” (Carole Versteeg)

Dans cet entretien, Carole Versteeg, DGA du Centre de promotion des investissements en Côte d'Ivoire, parle des investisseurs marocains en Côte d'Ivoire, des avantages fiscaux que son pays offre aux investissements étrangers, des projets d'exportations d'IDE et de promotion de l'investissement en Afrique.

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Le 23 octobre 2022 à 12h15 | Modifié 24 octobre 2022 à 8h12

Médias24 a rencontré Carole Versteeg, DGA du Centre de promotion des investissements en Côte d'Ivoire (CPICI) lors du Choiseul Africa Business Forum ce jeudi 20 octobre. En terrain connu, le CPICI est en prospection au Maroc pour attirer de nouveaux investisseurs et les intéresser aux opportunités d'investissement sur le marché ivoirien.

Elle expose les avantages dont bénéficient les investisseurs marocains en Côte d'Ivoire, mais aussi le volume d’investissements marocains qui, en dix ans, a atteint 320 MM de francs CFA, l'équivalent de 5,2 MMDH. 

Carole Versteeg évoque également les projets à venir pour promouvoir l'investissement des Ivoiriens au Maroc, et plus globalement en Afrique.

Médias24 : Pouvez-vous nous parler des investisseurs marocains en Côte d’ivoire ? Combien sont-ils ? Dans quels secteurs opèrent-ils ? Et ce qui les différencie des investisseurs d’autres pays...

Carole Versteeg : Les investisseurs marocains en Côte d’Ivoire sont une réalité.  Et nous en sommes très reconnaissants à Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’Assiste, et surtout nous sommes fiers des bonnes relations entre la Côte d’Ivoire et le Royaume du Maroc dues à nos deux grands leaders.

Ces bonnes relations se sont traduites dans une bonne relation économique, parce que ce sont des leaders qui nous ont montré la voie de la coopération Sud-Sud. Et donc, il ne fallait, après, que mettre en œuvre cette vision.

Depuis une quinzaine d’années, nous avons en Côte d’Ivoire une attractivité au niveau des opérateurs marocains, dans tous les secteurs : la banque et aussi l’industrie.

En ce qui concerne le Centre de promotion des investissements, nous avons effectivement capté des investisseurs marocains, parce que c’est au sein du centre que nous donnons le Code des investissements.

Au regard de ce code, nous pouvons dire que nous avons capté un volume d’investissements marocains de plus de 320 MM de francs CFA ces dix dernières années. C’est vraiment pour nous une grande fierté. Et c’est un volume qui va en croissance.

Les secteurs dans lesquels nous avons l’expertise marocaine qui s’associe à des PME ivoiriennes sont d’abord celui du BTP, qui capte le plus d’investissements marocains. Ensuite, dans les télécommunications et, en troisième position, dans l'agribusiness ; puis tous les autres secteurs qui suivent, même dans l’énergie renouvelable, donc c’est assez diversifié. Et là je ne parle que des investissements privés, la catégorie des investissements publics est à part.

Nous avons de grands projets structurants où le Royaume du Maroc est vraiment partie prenante dans des PPP. Nous avons un projet en cours dont nous sommes fiers, c’est la baie de Cocody qui est faite par des entreprises marocaines qui ont offert leur expertise à la Côte d’Ivoire. On est en train de réaliser ensemble la baie de Cocody qui va être l’un des grands joyaux de la capitale ivoirienne.

- Que proposez-vous aux investisseurs marocains en Côte d’ivoire ? Y a-t-il des aides, des subventions ou autres facilités ?

- Le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire prend en charge l’investisseur privé. Lorsque le projet de l’investisseur est éligible au Code des investissements, il en fait la demande. Il devient donc un investisseur qui a reçu l’agrément et qui bénéficie d’exonérations fiscales.

Ce sont des exonérations qui sont très incitatives parce qu’elles se divisent en deux parties. La première dans la phase d’installation, où l’investisseur bénéficie de l’exonération des droits de douane : il ne paiera pas tous ses intrants, son matériel et son équipement qui arrivent pour monter son entreprise dans sa phase d’investissement. Là, on est dans une phase d'exonération assez importante, avec une suspension de la TVA qui va être imposée beaucoup plus tard.

Lorsqu’ensuite l’investissement est réalisé et que la structure est faite, l’investisseur rentre en opération ; et là, vous avez un deuxième lot d’exonérations qui entre aussi en vigueur. Ce sont des exonérations de la patente sur une certaine durée dépendant de la localisation de l’entreprise.

Ce sont des avantages qui font la différence pour un investisseur. Quand on calcule l’ensemble de ces avantages sur le montant de l’investissement, c’est quand même une réduction de 40%. Donc c’est toujours très attractif et bon à prendre pour l’investisseur.

- Dans le cadre de cette visite au Maroc, vous êtes-vous entretenue avec des investisseurs marocains ? Comment cela se présente jusque-là ?

- Cette plateforme Choiseul avec plus de 700 décideurs, des investisseurs, des institutionnels, donne d’abord l’occasion de se connaître, d’échanger mais aussi d’exposer des projets. Dans ce cadre, j’ai eu à échanger avec des investisseurs marocains déjà établis en Côte d’Ivoire qui veulent développer d’autres activités, ce qui est très bon signe.

D’autres investisseurs marocains qui, eux, connaissent l’Afrique subsaharienne et seraient très intéressés par le marché ivoirien, ou qui connaissent déjà le marché ivoirien ayant déjà des partenaires marocains sur place. C’était assez dynamique et nous espérons les voir très bientôt en Côte d’Ivoire.

Nous espérons aussi, avec l’AMDIE qui est notre structure sœur au Maroc, organiser des rencontres économiques entre les investisseurs ivoiriens et les investisseurs marocains pour aboutir à une situation de win-win, et que les investisseurs ivoiriens se lancent et connaissent le marché marocain. Et cela pourra se faire.

- Qu’en est-il des investissements ivoiriens au Maroc ? Font-ils l’objet d’une promotion suffisante ?

- Oui, il y a une promotion. Elle est en train de s’établir et va s’intensifier du côté de la Côte d’Ivoire pour devenir, dans un futur proche, exportatrice d’investissements directs étrangers. Pour l’instant, nous ne sommes pas véritablement exportateurs d’IDE. Nous avons des lignes de commerce, mais nous n’avons pas encore cette faculté d’exporter des IDE.

Mais nous sommes confiants que, dans un temps qui sera assez court, nous aurons des industries ivoiriennes qui pourront s’implanter à l’extérieur. D’abord en Afrique, parce que nous sommes tous sur le même continent et partageons la même problématique et que nous sommes toujours dans la vision de la relation Sud-Sud, et ensuite aller un peu plus loin dans le monde.

- Selon vous, sur quoi faut-il axer pour promouvoir l’investissement en Afrique en général ? (digitalisation, accès au financement, facilités, etc.)

- Il faut d’abord axer sur les opportunités que les investisseurs peuvent saisir. Il y a toujours les opportunités et les besoins. L’investisseur à lui aussi son profil, il faut qu’il y ait un match entre ce que l’opportunité présente et l’expertise de l’investisseur. Dès que vous avez le match et que le besoin est là, évidemment nous sommes en affaires, on ne se fait pas prier, les choses se font naturellement. Il faut, dans un premier temps, connaître les opportunités.

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