Appel à la grève des contrôleurs aériens : les raisons de la colère
Deux jours avant le début de la grève des contrôleurs aériens censée durer quinze jours, les négociations entre leurs représentants syndicaux et l’ONDA n’ont pas abouti. Selon nos informations, le maintien ou l’annulation de cette grève dépendra d'une réunion programmée avec le ministre Younes Sekkouri.
L’appel à une grève des contrôleurs aériens a été lancé le 3 octobre dernier par la CDT. Elle est prévue du samedi 8 octobre à 15 h jusqu’au samedi 22 octobre avec un service minimum dans l’intégralité de l’espace aérien marocain. Les contrôleurs aériens cesseront de fournir les services de la circulation aérienne dans tous les aéroports du Royaume, hormis pour les vols du palais royal, les vols d’Etat, militaires, sanitaires, à caractère humanitaire et, enfin, pour les opérations de recherche et sauvetage.
“L’ONDA refuse d’appliquer les termes de l’accord dûment signé en 2019”
Visiblement déterminé à interrompre leur travail durant quinze jours en cas de non-satisfaction des doléances, Said Tsouli Hazim, représentant syndical des aiguilleurs du ciel, nous confirme que la grève est maintenue faute d’avoir trouvé un accord avec la direction générale de l’ONDA qui est leur employeur.
“Pour l’instant, l’ONDA refuse d’appliquer les termes de l’accord signé en 2019 avec le précédent directeur général, Mohamed Zouhair El Oufir, et dont l'application avait été retardée par l’apparition de la pandémie. Le 3 août dernier, la CDT a donc entrepris de lancer une action sociale qui a finalement été suspendue par un procès-verbal donnant deux mois à l’administration de l’ONDA pour concrétiser ses promesses”, explique Said Tsouli Hazim en ajoutant que, en l'absence d'une réponse le 3 octobre, la CDT a décidé de lancer un appel à la grève.
“Des primes et un statut particulier qui tardent à se concrétiser”
Tout en rappelant que les contrôleurs aériens ont déclenché une grève plusieurs fois depuis les années 1970 (1999, 2002, 2005…), le syndicaliste reconnaît cependant que la durée de quinze jours constitue une première dans l’histoire de la navigation aérienne.
Sur la nature des revendications des aiguilleurs du ciel, notre interlocuteur tient à préciser que ses collègues n’ont pas de nouvelles demandes en dehors de l’application de l’accord de 2019 signé par les deux parties, dont les termes prévoient une prime ATM (Air trafic management) d’un montant de 5.000 dirhams, une prime de licence et, enfin, la création d’un statut particulier pour la profession.
“La CDT ne plaisante pas quand il s’agit de défendre les droits de ses membres”
Faute d’obtenir des assurances, notre interlocuteur indique que la CDT, qui représente environ 300 contrôleurs aériens, est prête à aller jusqu’au bout, quitte à paralyser le trafic aérien international et à impacter négativement les recettes touristiques de la période des vacances scolaires de la Toussaint.
“Sachant que notre syndicat ne prend pas ce genre de décision à la légère, il ne s’agit pas de menaces mais d’une réalité, car ce sont leurs droits qui sont en cause, d’autant plus qu’ils ont été dûment signés dans le cadre d’un accord bilatéral avec leur employeur”, rappelle Said Tsouli Hazim. Il déclare cependant être toujours ouvert au dialogue, malgré une attente de trois ans entre la signature de l’accord et le report de l’action sociale prévue en août dernier.
“Une réunion avec le ministre qui sera déterminante”
Se voulant conciliant, le syndicaliste compte plaider, lors de la réunion de ce jeudi 6 octobre dans l’après-midi avec Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, pour la tenue imminente d’un conseil d’administration de l’ONDA qui devra valider un budget modificatif pour satisfaire les engagements de l’accord de 2019.
“Sachant que nous n’avons pas eu d’écho positif avec la direction de l’ONDA, nous espérons que la réunion avec le ministre sera déterminante pour éviter d’aller jusqu’à la grève”, conclut Said Tsouli Hazim qui promet de sortir un communiqué de presse en fin de journée.
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