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Au Loukkos, baisse de 86% des retenues des barrages : voici le plan mis en place

La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima fait face, pour la quatrième année consécutive, à un déficit des retenues d’eau. Le point sur la situation du bassin hydraulique du Loukkos, qui alimente la région.

Au Loukkos, baisse de 86% des retenues des barrages : voici le plan mis en place

Le 29 septembre 2022 à 17h26

Modifié 29 septembre 2022 à 17h51

La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima fait face, pour la quatrième année consécutive, à un déficit des retenues d’eau. Le point sur la situation du bassin hydraulique du Loukkos, qui alimente la région.

  • Les précipitations sont en baisse de 41% à fin septembre 2022.
  • L'approvisionnement en eau potable et d'irrigation est assuré pour une année à Tanger.
  • La situation est confortable à Tétouane.

Lors d'une rencontre organisée, le mardi 27 septembre, par le conseil de la région de Tanger-Tetouan-Al Hoceima (TTH) autour de la problématique de l'eau, l'Agence du bassin hydraulique du Loukkos (ABHL) a présenté la situation hydrique de la région qu'elle dessert.

Baisse des précipitations et des retenues des barrages

"La région de TTH dispose de ressources hydriques importantes, estimées à 3,63 milliards de m3 (MMm3) par an. Elles proviennent essentiellement des eaux de surface (94%). 6% proviennent des nappes phréatiques", a déclaré le directeur de l'ABHL à cette occasion.

"Les réserves de la région souffrent toutefois d’irrégularité", déplore-t-il. "Il s'agit tout d'abord d'irrégularité dans le temps : certaines années, on peut enregistrer des retenues de moins de 340 millions de m3 (Mm3) , contre plus de 9 MMm3 durant d'autres années."

"La région souffre également d'irrégularité dans l’espace : 80% des ressources en eau de la région vont au bassin du Loukkos et à la région de la Méditerranée occidentale."

"La région compte 16 grands barrages, avec une capacité de stockage totale de plus de 2 MMm3. Elle a besoin de 357 Mm3 d’eau d’irrigation et de 175 millions m3 d’eau potable par an. Ces besoins sont en augmentation, en raison de la croissance démographique et économique", a-t-il souligné, notant que "56% des eaux d'irrigation proviennent des barrages. Pour l'eau potable, 74% des besoins sont mobilisés à partir des barrages, et 26% à partir des nappes".

"Pour ce qui est de la situation hydrologique, la région du Nord fait face, pour la quatrième année consécutive, à un déficit des retenues d’eau, en raison de la baisse de la pluviométrie et de la surexploitation des nappes phréatiques, exacerbée par la vague de sécheresse."

"Les précipitations ont diminué de 41% entre septembre 2021 et septembre 2022, par rapport à la moyenne annuelle, et de 32% par rapport à l’année précédente, ce qui a provoqué une baisse d’environ 86% des retenues des barrages, qui se sont établies à 166 Mm3."

L'approvisionnement en eau potable et d'irrigation assuré pour une année à Tanger, et pour trois ans à Tétouan

Dans le détail, "l'écosystème hydrique de Tanger dispose actuellement de réserves atteignant 90 Mm3, dont 40 Mm3 au niveau des barrages d'Ibn Batouta et du 9-Avril, et 50 Mm3 au niveau du barrage Dar Khrofa. L'évaporation moyenne dans cet écosystème est estimée à 12 Mm3. Il reste ainsi 78 Mm3, qui permettront d'approvisionner la ville de Tanger en eau potable et en eau d'irrigation durant une année".

"Pour ce qui est de l'écosystème hydrique du Loukkos, les réserves au niveau du barrage Oued El Makhazine s'établissent actuellement à 320 Mm3. L'évaporation annuelle est en moyenne de 20 Mm3, alors que la demande à partir de cette structure s'élève à 220 Mm3 par an pour l'irrigation et 17 Mm3 pour l'eau potable."

"Les réserves au niveau du barrage Dar Khrofa s'élèvent quant à elles à 124 Mm3. L'évaporation annuelle est d'environ 12 Mm3. Les besoins à partir de ce barrage sont estimés à 22 Mm3 pour l'irrigation, et 50 Mm3 sont transférés à la ville de Tanger pour l'approvisionner en eau potable. Sur le Loukkos, l'approvisionnement en eau potable et en eau d'irrigation est donc assuré pour une année, voire une année et demie", assure le directeur de l'ABHL.

"A Tétouan, la situation est confortable. Les retenues au niveau des barrages Nakhla, Moulay Hassan Ben Al Mahdi, Smir et Acharif El Idrissi s'élèvent à 148 Mm3, tandis que les besoins ne dépassent pas 37 Mm3. Elles permettront ainsi d'assurer trois ans de besoin."

"A Chefchaouen, les besoins, estimés à 5 Mm3 par an, seront assurés par la source de Ras El Ma et le barrage de Chefchaouen de manière normale."

"Enfin, l'écosystème hydrique d'Al Hoceima repose sur les eaux de surface, les réserves des barrages El Khattabi et El Jomoaa, la nappe Ghis-Nekor et le dessalement de l'eau de mer. Les réserves des deux barrages qui approvisionnent la ville sont estimées à 4 Mm3. Le dessalement permet de produire jusqu'à 6 Mm3 par an. La nappe, quant à elle, permet d'avoir entre 3 Mm3 et 7 Mm3. Ces réserves permettent ainsi de couvrir les besoins de la ville de manière normale durant une année."

État d'avancement des barrages

Le directeur de l'ABHL a également fait le point sur les chantiers achevés et ceux en cours de réalisation. "Nous disposons d'un programme pour la réalisation de 123 trous d'exploration au niveau de 23 communes dans la région pour 5, 5 millions de DH (MDH). 44 trous sont déjà achevés à 100%, permettant de dégager un débit de 56 litres par seconde. 83 autres sont en cours, et prévus d'être achevés vers fin décembre 2022."

"Nous avons également une coopération avec la wilaya et le conseil de la région, pour 12 MDH, qui a pour objectif la réalisation de 90 trous d'exploration au niveau de 45 communes. L'ouverture des plis du marché relatif à ce programme est prévue le 7 octobre 2022. Les travaux devront durer 12 mois après attribution."

"En ce qui concerne les petits barrages et les barrages collinaires, nous avons un programme qui s'étale de 2022 jusqu'en 2024, d'un coût global de 317 MDH. 80% sont financés par le ministère de l'Equipement et de l'eau, contre 20% (63 MDH) par la région."

"Trois barrages collinaires sont actuellement en cours de réalisation, dont deux à Ouazzane et un à Al Hoceima. L'achèvement de ces travaux est prévu en octobre 2022, donc dans quelques semaines. Par ailleurs, des marchés sont lancés pour la réalisation d'autres barrages. L'ouverture des plis est prévue en janvier 2023, et le lancement des travaux en mars 2023", conclut-il.

Ci-dessous, le dashboard de Médias24, relatif aux barrages, mis à jour quotidiennement. Ce jeudi 29 septembre 2022, la retenue globale atteignait seulement 24,5% de la capacité, l'un des plus bas niveaux historiques.

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