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Aucune instruction n’interdit à une femme de séjourner dans un hôtel de sa ville (Laftit)

Le ministre de l’Intérieur a déclaré que son département n’avait jamais donné d’instructions interdisant aux femmes de séjourner dans un hôtel de leur ville de résidence. 

Aucune instruction n’interdit à une femme de séjourner dans un hôtel de sa ville (Laftit)

Le 23 septembre 2022 à 14h03

Modifié 23 septembre 2022 à 15h33

Le ministre de l’Intérieur a déclaré que son département n’avait jamais donné d’instructions interdisant aux femmes de séjourner dans un hôtel de leur ville de résidence. 

“Le ministère de l’Intérieur n’a jamais donné d’instructions obligeant les hôteliers et établissements touristiques à interdire aux femmes de passer la nuit dans les hôtels situés dans les villes de leur résidence.” C’est ce qu’a affirmé le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, en réponse à une question écrite du député USFP Moulay Mehdi El Fathemy.

Dans cette réponse, datée du 7 septembre, et consultée par Médias24, le ministre de l’Intérieur précise que “les enquêtes menées dans ce sens n’ont révélé aucun dépassement dans ce cadre et aucune plainte n’a été enregistrée à ce sujet”.

Ce n’est pas la première fois que le ministère de l’Intérieur est interrogé au sujet de cette interdiction sans base légale et discriminatoire. En 2014, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Mohamed Hassad, avait démenti l’existence d’une circulaire qui interdirait aux femmes de passer la nuit dans les hôtels de leur ville de résidence.

Discrimination basée sur la situation familiale : jusqu’à deux ans de prison et 50.000 DH d’amende

Des témoignages confirment l’existence de cette interdiction dans la pratique. “C’est la police qui, en récupérant les fiches, ordonne oralement de refuser les Casablancaises qui ne sont pas accompagnées de leur mari”, avait déclaré en 2014, à Médias24, le directeur d’un hôtel de luxe de Casablanca. Des ordres considérés comme des mesures de lutte contre la débauche.

Inutile de rappeler que le célibat n’est pas un motif de refus de vente ou de prestation de services. Le refus de fournir un bien ou un service dans le cadre d’une discrimination basée sur le sexe ou la situation familiale est même pénalement répréhensible, selon l’article 431-1 du Code pénal.

Cet acte est punissable de l’emprisonnement d’un mois à deux ans et d’une amende de 1.200 à 50.000 DH.

A noter qu’il est également possible d’alerter l’administration chargée du contrôle de la vente des services et des produits, qui relève du ministère du Commerce, afin de soumettre l’établissement discriminant à un contrôle et de le sanctionner, conformément à l’article 57 de la loi 31-08 relative à la protection du consommateur.

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