Sonasid : les résultats supérieurs aux attentes à fin juin, les volumes devraient baisser cette année

| Le 19/9/2022 à 15:56
Le groupe a bénéficié d’un bon effet prix au premier semestre, qui a poussé à la hausse les revenus et les bénéfices. En revanche, les volumes de ventes devraient baisser cette année en raison de la mauvaise conjoncture immobilière.

Le groupe a affiché des indicateurs en bonne forme au premier semestre 2022, tant sur le chiffre d’affaires que sur la rentabilité. Sonasid a vu ses revenus consolidés progresser de 20% à 2 452 MDH. Une hausse que le groupe a expliquée par un effet prix favorable induit par l’augmentation des prix des matières premières et des produits finis. Cette hausse a notamment été conduite par les craintes induites par la guerre en Ukraine, plus précisément par la peur du manque et de l’allongement des délais d’approvisionnement.

Des performances en ligne, voire supérieures, à ce qui avait été anticipé par certains analystes. Néanmoins, le groupe devrait recenser des indicateurs de performance en ralentissement durant la seconde moitié de l’année et ce, pour diverses raisons.

Bonne performance au S1 et baisse des volumes attendus sur le reste de l’année

Selon une source de la place jointe par Médias24, les performances du groupe sont très bonnes et étaient attendues. “La bonne performance de Sonasid provient uniquement d’un bon effet prix sur la période. Les marges ont augmenté à fin juin, ce qui était également attendu”, souligne-t-elle.

En ce sens, début juillet, le directeur général du groupe expliquait à Medias24 et LeBoursier que “la sidérurgie de manière générale a connu une progression assez importante après la période post-Covid. Cela a débuté par le minerai de fer qui a commencé à s’apprécier de façon significative. Il traitait normalement à 70 ou 80 dollars la tonne et a dépassé les 200 dollars au cours de l’année 2021. L’acier a suivi et le coût de la ferraille aussi. Cela nous a fait bénéficier de fondamentaux très intéressants durant le premier semestre de 2022”.

Mais contrairement à l’année 2021, qui a bénéficié d’une amélioration du prix et des volumes, l’année 2022 ne devrait pas connaître d’effet volume favorable cette année. “On voit que depuis le début de l’année, les ventes de ciment sont en retrait de près de 8%. Les ventes de Sonasid sont corrélées car il s’agit du même marché. Même s’il n’y a pas d’indications claires de Sonasid concernant les volumes de vente actuellement, une baisse des volumes cette année ne serait pas une surprise du tout.”

Concernant l’effet prix sur la seconde moitié de l’année, il est encore difficile d’établir clairement si le groupe va en bénéficier aussi favorablement qu’au premier semestre de 2022.

Un effet prix toujours positif au second semestre

Durant le second semestre, la progression des revenus du groupe devrait afficher des performances moins fortes. Cela s’explique, selon notre source, par un effet prix qui tend à se normaliser. “Les cours de l’acier ont commencé à amorcer une courbe descendante, ce qui fait que le prix de vente moyen durant le second semestre devrait être plus faible que celui du premier semestre. Nous avons opté pour des projections conservatrices et anticipons une baisse du chiffre d’affaires et des bénéfices cette année. Néanmoins, la baisse des prix pourrait ne pas être répercutée totalement ; il est donc possible que nous revoyions nos perspectives à la hausse”, explique notre interlocuteur.

Dans sa dernière note concernant la valeur, CFG Bank a expliqué qu’“étant donné que l’offre et les chaînes d’approvisionnement demeurent toujours perturbées, le consensus actuel est que les prix devraient continuer à légèrement baisser en 2022 et 2023 avant d’emprunter à nouveau une trajectoire haussière à partir de 2024. Cependant, les prix devraient rester supérieurs à leurs niveaux d’avant-crise”. La société de recherche anticipe d’ailleurs un chiffre d’affaires en baisse de 4% cette année à 4 306 MDH, et des profits en baisse de 18,5% à 88 MDH.

Sur cet aspect opérationnel, Ismaïl Akalay, directeur général de Sonasid, avait une opinion différente. Voici ce qu’il nous expliquait peu avant mi-juillet : “Depuis une dizaine de jours, on assiste quotidiennement à une reprise du prix de la ferraille et de la billette. Cela augure un bon départ sur le troisième trimestre 2022, mais encore faut-il que les chantiers qui se sont arrêtés au Maroc reprennent.”

L’attentisme des opérateurs provenait surtout d’une anticipation de la baisse des prix. “Concernant cette baisse, je ne suis pas convaincu. Je table au contraire sur une hausse car la ferraille se fait rare. Cela devrait donc entraîner une augmentation – on le voit d’ailleurs déjà”, expliquait le directeur général du groupe. Il est donc possible que l’effet prix durant le second semestre de cette année soit tout aussi intéressant que celui observé au cours du premier semestre.

Outre les effets du prix de la ferraille, le groupe devrait également capitaliser dès le second semestre sur le lancement de projets structurants à forte valeur ajoutée.

Des projets de diversification vecteurs de croissance

Dès le second semestre 2022, le groupe a annoncé le lancement de son nouveau produit, la fibre d’acier. Un produit à forte valeur ajoutée dont la majeure partie (80%) sera destinée à l’exportation vers le marché américain, friand de ce produit. Le reste sera dirigé vers le Maroc et d’autres pays africains.

D’après Sonasid, si les délais sont respectés, 5 à 10 KT de ce produit seront exportés dès le dernier trimestre 2022. “Le marché est récepteur. Si nous parvenons à produire cette quantité, nous l’écoulerons. Nos clients américains attendent qu’on leur livre le plus rapidement possible”, nous confiait Ismaïl Akalay. Dans sa note, CFG souligne à ce sujet qu’après des discussions avec le management du groupe, “cette activité devrait être en mesure de générer 172 MDH de chiffre d’affaires en 2025”.

L’un des autres atouts dont bénéficiera prochainement le sidérurgiste est la certification de son acier vert par les autorités européennes, qui lui permettra de mieux desservir le marché européen en ne subissant pas la taxe carbone qui entrera en vigueur en janvier 2023. En effet, l’énergie utilisée par Sonasid est renouvelable à 85% et est en passe de s’améliorer grâce à l’ouverture d’une station photovoltaïque à Nador. Cela lui permettra d’être plus compétitif que d’autres sidérurgistes exportateurs, qui subiront la taxe s’ils ne sont pas certifiés “acier vert”, et même certains sidérurgistes européens qui souffrent de la hausse de l’énergie.

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