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Le nord du Maroc se dote d'une plateforme d'alerte précoce aux crues

L’Agence du bassin hydraulique du Loukkos compte se doter d'une plateforme d’alerte précoce aux crues afin de se prémunir contre les risques d’inondation dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Le coût de l'étude d'élaboration de cette plateforme est estimé à près de 6 MDH.

Le nord du Maroc se dote d'une plateforme d'alerte précoce aux crues

Le 19 septembre 2022 à 16h51

Modifié 19 septembre 2022 à 18h13

L’Agence du bassin hydraulique du Loukkos compte se doter d'une plateforme d’alerte précoce aux crues afin de se prémunir contre les risques d’inondation dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Le coût de l'étude d'élaboration de cette plateforme est estimé à près de 6 MDH.

  • Le coût estimé de cette étude s'élève à près de 5,94 MDH.
  • Le délai d'exécution est fixé à 24 mois après l'attribution.
  • L'objectif de l'ABHL est de moderniser son système d'alerte précoce aux crues.

L’Agence du bassin hydraulique du Loukkos (ABHL) a lancé, ce lundi 19 septembre, un marché pour réaliser une étude d’élaboration d’une plateforme d’alerte précoce aux crues et d’amélioration de la gestion du domaine public hydraulique par utilisation de la télédétection spatiale, dans sa zone d’action.

Une étude estimée à près de 6 MDH

Cette étude devra être prête 24 mois après l’attribution de l’appel d’offres. Son coût plafonne à près de 5,94 MDH (5.938.560 DH), selon les estimations de l’ABHL. L’ouverture des plis est prévue le 10 octobre prochain.

Avec cette plateforme, l’ABHL a pour objectif de moderniser et de développer son système d’alerte précoce des inondations.

Jointe par Médias24, une source de l’agence nous a confié disposer actuellement de “stations hydrologiques, qui mesurent la pluie et le niveau d’eau dans sa région d’action, et d’un système de télémesure qui l’informent de potentiels risques d’inondations”.

“La protection contre les inondations fait partie des rôles de l’ABHL. Celle-ci se fait de deux manières : à travers des projets structuraux, comme les aménagements réalisés sur le terrain (aménagement d’un cours d’eau pour éviter son débordement, construction de barrages), et de manière non structurelle, par l’annonce des crues qui parvient aux autorités compétentes, lorsque nous en avons l’information, afin qu’elles prennent les mesures de protection nécessaires (fermeture d’une route susceptible d’être inondée, déplacement des habitants d’un quartier risquant d’être touché)”, explique notre interlocuteur.

“Ce marché a pour objectif d’élaborer une plateforme d’annonce des crues, afin d’éviter tout risque d’inondation dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Il s’agit d’un programme informatique élaboré à travers plusieurs études hydrologiques et hydrauliques, qui nous permettra d’obtenir rapidement l’information, avant la survenue des inondations, à travers une liaison avec les prévisions météorologiques.”

“Nous disposons d’une convention avec la Direction générale de la météorologie qui nous fournit les prévisions sur les prochaines heures, ainsi que les quantités de pluie attendues dans chaque zone”, poursuit notre source. “Ces informations seront intégrées à la plateforme, qui nous fournira automatiquement l’impact sur toute la région de manière détaillée. Autrement dit, s’il y a une crue qui survient, où et quand, ce qui nous permettra d’informer la population à l’avance.”

Et d’ajouter : “Cette étude est réalisée en collaboration avec le ministère de l’Intérieur et le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles, qui se chargera, avec l’ABHL, du financement de la mise en place de cette plateforme.”

90 points noirs dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima

Selon notre source au sein de l’ABHL, “la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima compte 90 points noirs d’inondation à différents degrés d’urgence. Il s’agit des points inondables officiellement recensés jusqu’à présent. Ce chiffre pourrait augmenter à l’aide du système de veille dont disposera cette plateforme”.

Le nord du Maroc a subi plusieurs dégâts par le passé, en raison des caractéristiques géographiques associées à l’inondation tout au long du cours de l’oued Loukkos. La dernière en date remonte à février 2021. L’infiltration des eaux pluviales dans une usine construite sur le lit de l’oued Souani à Tanger avait causé la mort d’une trentaine de personnes.

Des inondations sont également survenues à Tanger en 2008. Causées par les crues de l’oued Mghogha, elles avaient provoqué la mort de cinq personnes, ainsi que d’importants dégâts matériels.

Cinq missions principales

Selon les documents de cet appel d’offres, consulté par Médias24, l’étude en question concerne tous les bassins de la zone d’action de l’ABHL, évaluée à près de 13.000 km².

Dans le détail, cette étude comporte cinq missions :

1- Dans la première, le titulaire devra collecter les données topographiques et les études hydrologiques et hydrauliques disponibles, notamment les études de protection contre les inondations, ainsi que celles relatives à la délimitation des zones inondables. Il devra ainsi réaliser un diagnostic de l’existant, en particulier des documents sur les évènements de crues historiques, et définir le réseau de surveillance et de prévention des crues.

Une attention particulière devra être accordée aux données averses-crues enregistrées au niveau des bassins étudiés, à l’historique des crues antérieures observées, aux aménagements réalisés ou projetés le long des oueds et au niveau des localités limitrophes, et aux dégâts engendrés par les crues observées.

L’analyse des données devra être complétée par des visites et missions de terrain poussées, des rencontres avec les riverains et des réunions avec les administrations représentées au niveau du comité régional de suivi, les établissements publics locaux et les collectivités territoriales pour concertation.

Toujours dans le cadre de sa première mission, le titulaire devra aussi réaliser un diagnostic des zones vulnérables et définir le réseau optimal de surveillance et de prévision des crues. L’objectif étant d’arrêter un état des lieux actualisé des zones vulnérables aux risques d’inondations, et de proposer un projet d’amélioration du réseau de surveillance et d’annonce des crues.

Le titulaire devra ainsi faire ressortir les sites inondables présentant une vulnérabilité et des enjeux importants liés aux inondations ; définir les tronçons des cours d’eau prioritaires qui formeront le réseau de surveillance et de prévision des crues ; analyser le fonctionnement hydrologique des bassins versants et la définition de la typologie des crues des sites prioritaires ; analyser le rôle des petits et des grands barrages dans le laminage des crues pour les sites inondables ; élaborer des grilles d’alerte sur les sites retenus et au droit des stations hydrologiques. Ces dernières doivent définir les seuils d’alerte selon trois niveaux : “vigilance”, “pré-alerte”, “alerte”.

Il devra par la suite définir un programme d’action pour l’extension du réseau de mesure actuel en y intégrant de nouveaux points de télémesure selon les besoins en termes de modélisation hydrologique, les enjeux des sites ainsi que les contraintes qu’ils présentent. Une attention particulière sera accordée au dépouillement des données correspondant aux événements extrêmes enregistrés.

2- Pour sa seconde mission, le titulaire devra acquérir des levés laser aéroporté (“Lidar”). Il s’agit d’appareils qui permettraient d’enregistrer un profil altimétrique par avion et détermineraient l’altitude d’un point en combinant les mesures de deux instruments : un altimètre barométrique et un distance-mètre radar. Le titulaire sera ensuite tenu de réaliser des travaux topographiques complémentaires au sol.

3- Au cours de la troisième mission, le titulaire procédera à l’élaboration des modèles hydrologiques qui permettront de simuler le fonctionnement des bassins versants.

Sur la base des résultats de la phase précédente, notamment l’analyse des données climatologiques disponibles (pluviométrie, hydrométrie, etc.), il devra proposer pour chaque bassin ou sous-bassin dans la zone d’action de l’ABHL, le type de modèle hydrologique approprié qui représente bien son comportement hydrologique.

Dans une deuxième étape, le prestataire réalisera les études hydrologiques au niveau des bassins versants pour déterminer les crues pour les différentes périodes de retour 10, 20, 50 et 100 ans. Il définira aussi les hydrogrammes de crues y afférents. Par ailleurs, l’étude hydrologique se basera sur la reconnaissance parfaite de l’état des bassins versants et les transformations qu’il a subies, suite aux différents aménagements réalisés.

A la fin de cette étape, le prestataire procédera à l’élaboration des modèles hydrologiques demandés. Ces derniers doivent permettre l’intégration des prévisions météorologiques spatialisées des pluies sur un horizon de 24 h, 48 h ou 72 h pour des objectifs de prévision. Plusieurs scénarios de prévisions de pluie pourront être utilisés afin de valider la robustesse de la solution retenue.

4- Pour sa quatrième mission, le titulaire procédera à l’élaboration des modèles hydrauliques 1D et 2D. Ils permettront de simuler le fonctionnement des bassins versants pour les différentes périodes de retour 10, 20, 50 et 100 ans. Il sera nécessaire d’exploiter les résultats des enquêtes de terrain (traces et hydrogrammes de crues déjà enregistrées).

Le prestataire est tenu d’effectuer le calcul de l’onde des crues pour différentes périodes de retour, ayant pour objet la détermination en tout point du tronçon des oueds concernant les éléments suivants :

– le débit maximum atteint ;

– le temps d’arrivée de l’onde des crues ;

– le temps d’obtention du plan maximal ;

– la côte maximale atteinte ;

– les seuils de risque d’inondation (seuils d’alerte et pré-alerte) ;

– la définition des points de débordement ;

– la délimitation des zones submergées et les enjeux économiques et humains de ces submersions.

“L’occupation de ces zones doit être connue, car on ne peut pas traiter de la même manière des parcelles habitées et des zones de pâturages ou de cultures. La submersion éventuelle de voies de circulations doit également être prise en compte”, précise le marché.

Ces canevas constituent la base des seuils d’alerte par cours d’eau et doivent être intégrés dans la plateforme de prévision des crues. Ils doivent permettre également l’élaboration d’une grille de vigilance par centre étudié.

Les résultats des différentes simulations seront reportés sur les plans côtés ainsi que sur un fond topographique pour la visualisation des courbes des plus hautes eaux atteintes, après passage de chaque crue. Ce travail permettra aux services de l’ABHL d’améliorer la gestion du domaine public hydraulique et la gestion des crues.

5- Enfin, les principaux objectifs de la cinquième mission sont les suivantes :

l’élaboration d’une plateforme d’alerte précoce aux crues. Cette plateforme permettra d’améliorer la gestion des crues dans les bassins concernés afin de protéger la population riveraine et d’améliorer la gestion des barrages ;

– la mise en place d’un système d’aide à la délimitation du domaine public hydraulique (DPH). Ce système permettra d’améliorer la gestion du DPH dans les bassins concernés.

Cette phase a pour objet la fourniture, l’installation et la mise en service de la plateforme opérationnelle de prévision des crues. Elle doit contenir tous les modules nécessaires (le module d’acquisition des données, le module de préparation des données, le module traitement, le module de visualisation des résultats…).

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