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Aviculture : les raisons de la hausse des prix des aliments composés

Les prix des aliments composés pour volailles continuent d'augmenter. Cette hausse s'explique par la flambée des matières premières et le cours du dollar. Le prix du poulet a, quant à lui, diminué, en raison d'une baisse de la consommation.

Aviculture : les raisons de la hausse des prix des aliments composés

Le 12 septembre 2022 à 16h51

Modifié 13 septembre 2022 à 13h30

Les prix des aliments composés pour volailles continuent d'augmenter. Cette hausse s'explique par la flambée des matières premières et le cours du dollar. Le prix du poulet a, quant à lui, diminué, en raison d'une baisse de la consommation.

La hausse continue des prix des aliments composés pour volailles est dénoncée par certains producteurs. Ces derniers estiment que la baisse des prix des matières premières, entrant dans la constitution de ces aliments, à l’international, devrait entraîner une réduction des prix des aliments au niveau national.

Jointes par nos soins, des sources au sein de deux associations relevant de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) nous expliquent qu’outre les matières premières, les prix des aliments dépendent de plusieurs autres facteurs. Et le prix de la volaille est davantage affecté par la demande des consommateurs que par les coûts des aliments composés.

Les prix des aliments composés ne dépendent pas que des matières premières

En effet, une baisse des cours de certaines céréales, notamment le maïs, a été constatée il y a quelques jours au niveau de la Bourse de Chicago. Mais elle n’est pas suffisante pour impacter les prix des aliments de volailles, nous explique Dafir Guennoun, ancien président de l’Association des fabricants d’aliments composés (AFAC), contacté par Médias24.

« Différents éléments sont pris en considération dans la fixation des prix des aliments composés. Il s’agit notamment des prix des matières premières, mais aussi du cours du dollar. »

« Pour qu’elle se répercute sur les prix des aliments pour volailles, la baisse des prix des matières premières doit être conjoncturelle, et non technique », nous confie notre interlocuteur.

Et d’ajouter : « Tout d’abord, les prix des matières premières sont affichés à la Bourse de Chicago. Ils sont donc transparents. Par ailleurs, pour qu’on puisse la répercuter sur les prix des aliments composés, leur baisse doit s’opérer sur une longue durée, et non sur trois ou quatre jours, comme cela a été le cas récemment. »

« Lorsque les prix baissent sur une courte durée, rien ne nous garantit que les provendiers effectueront des achats au moment de la baisse. Il se peut qu’ils aient déjà du stock en plus du stock en mer. »

« Au Maroc, la majorité des usines d’aliments disposent d’un stock de 30 jours, en plus des commandes déjà faites, qui sont en mer. Les bateaux mettent environ 18 jours pour arriver avec la marchandise », poursuit-il.

« La baisse doit durer au moins 60 jours », souligne Dafir Guennoun, notant qu’une baisse qui dure trois ou quatre jours « est une baisse technique et non conjoncturelle, après laquelle les prix repartent à la hausse ».

A titre d’exemple, « le maïs, qui représente 60% de la formulation des aliments composés, se vend actuellement à 5,5 DH TTC/ kg, arrivée à l’usine. Il y a quelques années, notamment avant la crise du Covid, il était à 2,05 DH TTC/ kg. Il a donc plus que doublé. Il en est de même pour le soja et le tournesol ».

Le cours du dollar, autre élément impactant les prix des aliments composés

Pour ce qui est du dollar, « son cours a énormément augmenté ces dernières années. Actuellement, il est à 10,75 DH, contre moins de 9 DH avant la crise du Covid ».

« Lorsque le dollar augmente, nous payons très cher les matières premières. Donc la baisse des prix de ces dernières n’est pas la seule à impacter les prix des aliments. »

« Pour que ceux-ci soient revus à la baisse, il faut une combinaison des deux paramètres : un retour du dollar au cours d’avant la crise du Covid, ainsi qu’une baisse des coûts des matières premières à l’international sur une durée d’au moins 60 jours », résume le président de l’AFAC.

Une hausse qui ne couvre pas les prix à l’international

D’après Dafir Guennoun, « il existe différents aliments. Ils dépendent de chaque espèce ainsi que de l’âge de chacune d’entre elles ».

« Par exemple, pour le poulet, il y a trois ou quatre aliments selon son âge et ses besoins. Il y a des aliments pour la première semaine, d’autres pour les deux semaines qui suivent, puis un aliment pour la croissance, et un autre pour la finition. »

« Plus un poulet grandit, plus ses besoins changent. Quand il est petit, le poussin a besoin de plus de protéines que d’énergie. Quand il grandit, il a besoin davantage d’énergie et moins de protéines. Cela est valable pour toutes les espèces. »

« Si l’on prend l’exemple de la référence d’aliments la plus vendue pour le poulet, elle est actuellement à 5,25 DH TTC/kg. »

A en croire notre interlocuteur, malgré leur hausse, les prix actuels ne couvrent pas encore la hausse du cours du dollar et celle des matières premières à l’international. « Pour ce faire, il faudrait ajouter 0,35 DH/kg », mais compte tenu de la situation actuelle du produit fini – la volaille – que les producteurs vendent à perte, il est difficile d’ajouter les 35 centimes. Le marché risque d’être chamboulé.

« Les aliments devraient aujourd’hui être vendus plus cher encore. Mais si ce surcoût est ajouté, le prix de revient du poulet va augmenter davantage, ce qui conduira les éleveurs à mettre en place moins de cheptel pour pouvoir s’en sortir. La hausse du prix de revient implique une baisse du volume dans ce secteur. Et dans un pays où le pouvoir d’achat est très restreint, plus le prix augmente, plus les achats baissent », conclut Dafir Guennoun.

Le prix du poulet en baisse

Une autre source de la FISA nous a, pour sa part, expliqué que les prix des aliments composés ne représentent pas l’essentiel du prix de la volaille. Ce dernier est orienté par la demande. 

« Après la flambée qu’à connue le poulet en été, les prix commencent à baisser. Dimanche 11 septembre, le prix du kilogramme de poulet, sortie ferme, était de 15,5 DH », nous apprend notre interlocuteur. « Ce lundi 12 septembre, il a été vendu entre 15 et 15,5 DH/ kg au marché de gros de Casablanca ».

« Ce soir, nous prévoyons une autre baisse, sortie ferme, alors que le coût de revient se situe autour de 16 DH/kg. »

« Ainsi, malgré la hausse des prix des aliments, le prix du poulet continuera à baisser, suite à la baisse de la consommation, qui a conduit à l’effondrement de la production », conclut notre interlocuteur.

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