“Dayzr”, la série d’animation marocaine diffusée fin décembre sur 2M
La grille de programme de la chaîne 2M connaîtra une petite révolution avec la diffusion de “Dayzr” à la fin de l'année. Ce dessin animé en darija, qui relate l’histoire d’un Maroc futuriste, pourrait servir de levier pour le développement de l’industrie des films d’animation dans le pays.
La chaîne nationale 2M s'est écartée de sa politique d'importation de dessins animés pour miser sur la production d’une série d’animation marocaine intitulée Dayzr. Produite par 2M, cette fiction 3D de 80 minutes, composée de 20 épisodes de 4 minutes, sera diffusée fin décembre en darija.
Comme son nom le suggère, Dayzr est inspiré des dessins animés japonais (Grendizer, Captain Majid…) ayant bercé l’enfance de plusieurs générations de Marocains. Son intrigue est à mi-chemin entre l'œuvre futuriste de Shin'ichirō Watanabe, Cowboy Bebop, et Matrix, la quadrilogie cinématographique culte de Lana Wachowski et Lilly Wachowski.
Si Spike Spiegel, le personnage principal de Cowboy Bebop, avait visité la médina de Marrakech, le protagoniste Dayzr navigue dans un Maroc futuriste ultra-développé, où les humains sont attaqués par des robots. Un clin d'œil à peine voilé à Matrix, entre autres.
"Pour sauver sa patrie, Dayzr devra remonter le temps et retourner au Maroc d’aujourd’hui", dévoile à Médias24 Anas El Filali, CEO du studio d’animation Lorem, producteur exécutif de ce Shonen, terme japonais désignant une œuvre de fiction pour adolescents, dans laquelle un héros doit sauver le monde.
"L'œuvre a été créée de sorte à véhiculer un ensemble de valeurs telles que la solidarité, l'entraide, le courage et l’envie d’évoluer", s’enthousiasme Anas El Filali. "C’est une histoire attachante, amusante et attractive. L’idée est aussi de mettre en valeur la culture marocaine pour qu’elle imprègne l'esprit des jeunes ", a-t-il ajouté.
Développer l'industrie des fictions d'animation
Le budget de production, estimé par 2M à deux millions de dirhams, n'a pas permis au producteur exécutif de couvrir toutes ses charges. "Nous en sommes à 5 MDH en frais de production", nous révèle Anas El Filali.
Ces frais comprennent la technologie, les personnages à réaliser, l’environnement et la modélisation, les textures, les voix pour les personnages (doublage) et l’écriture. Devant l’incapacité de Lorem à couvrir ces charges régulièrement, "par manque de trésorerie" selon son CEO, la diffusion de la série sur les écrans avant le Ramadan 2022 a dû être repoussée.
"Certes, on a perdu de l’argent, mais notre objectif premier est de faire émerger cette industrie 3D au Maroc et de roder notre machine sur de grandes productions, dans l’espoir d’avoir un marché national plus important dans le futur", espère Anas El Filali.
Dayzr se veut avant tout une vitrine d’exposition du savoir-faire marocain dans le domaine de la fiction animée. "Nous n’avons rien à envier aux pays européens en matière de qualité", insiste le CEO de Lorem.
Plusieurs éléments favorisent cette ambition, dont "un savoir-faire éprouvé via les collaborations avec des sociétés de production internationales, dans les standards de qualité européens", avance notre interlocuteur.
"De plus, le storytelling est destiné à un large public, ce qui confère à la série un caractère universel. Enfin, la singularité de l’histoire est également un atout non négligeable."
Et de conclure : "La multiplication de ces œuvres pourrait être utile au Maroc en termes de soft power, afin d'exposer une facette du Maroc autre que celle folklorique."

Une série d'animation marocaine, en Darija et en 3D sur 2M, une première au Maroc
L'industrie naissante de l'animation 3D au Maroc fait face à de nombreux défis
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