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Les enseignants-chercheurs dans l’attente de l’adoption de leur nouveau statut par le gouvernement

Ce projet de nouveau statut améliore la rémunération des enseignants-chercheurs et apporte plus de flexibilité à leur recrutement. Le chef du gouvernement devra trancher pour permettre à Abdellatif Miraoui d’avancer sur son programme de réforme.

Les enseignants-chercheurs dans l’attente de l’adoption de leur nouveau statut par le gouvernement

Le 29 août 2022 à 17h21

Modifié 29 août 2022 à 17h55

Ce projet de nouveau statut améliore la rémunération des enseignants-chercheurs et apporte plus de flexibilité à leur recrutement. Le chef du gouvernement devra trancher pour permettre à Abdellatif Miraoui d’avancer sur son programme de réforme.

Le dossier le plus chaud de la rentrée universitaire est sans doute l’adoption d’un nouveau statut particulier pour le corps des enseignants-chercheurs. Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP), qui s’était mis d’accord sur les termes de ce nouveau statut avec l’ancien gouvernement, du temps du ministre Saïd Amzazi, fait pression sur le gouvernement actuel pour l’adopter.

Jeudi 25 août, à l’issue du conseil de gouvernement, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Abdellatif Miraoui, a annoncé un accord avec le SNESUP sur une forme consensuelle pour le statut des enseignants-chercheurs.

Abdellatif Miraoui espère que le texte final sera prêt d’ici deux à trois semaines. Le but est de rendre la profession plus valorisante et attrayante. Surtout, ce nouveau statut lui permettra de gagner l’adhésion du corps des enseignants-chercheurs pour son projet de réforme de l’enseignement supérieur.

Contacté par Médias24, le secrétaire général du SNESUP, Jamal Eddine Sebbani, déclare que le nouveau statut n’attend que l’aval du chef du gouvernement. Ce dernier présidera une réunion incessamment en présence des ministres du Budget et de l’Enseignement supérieur pour finaliser le décret.

Le Syndicat national de l’enseignement supérieur s’impatiente

Pour les enseignants-chercheurs, qui réclamaient cette réforme depuis longtemps, l’attente devient frustrante, explique le secrétaire général du SNESUP. Bien avant l’arrivée du nouveau gouvernement, un accord avait été trouvé en mai 2021 avec Saïd Amzazi, l’ancien ministre chargé de ce département. Un texte de projet de décret a été produit par une commission mixte réunissant le ministère et le syndicat. Médias24 a pu s’en procurer une copie.

Selon Jamal Eddine Sebbani, Abdellatif Miraoui a rencontré le syndicat en octobre 2021, puis en février 2022, sans remettre en question le projet de réforme du statut. Le Syndicat national de l’enseignement supérieur défend cette copie qui, selon lui, est le fruit d’un long travail de concertation avec le gouvernement initié en 2012 et dont le nouveau ministre doit assurer la continuité.

Ce projet de décret comprend deux grades d’enseignants-chercheurs : les professeurs de l’enseignement supérieur et les maîtres de conférence. Il n’en existe que trois dans le système actuel : les professeurs de l’enseignement supérieur, les professeurs habilités et les professeurs assistants.

Le syndicat défend une augmentation nette de 8.000 DH du salaire de professeur de l’enseignement supérieur, 4.000 DH pour un professeur de l’enseignement supérieur assistant et 3.500 DH pour un professeur habilité.

Les conditions de recrutement des enseignants-chercheurs

Par ailleurs, selon son secrétaire général, le syndicat critique les conditions de recrutement des enseignants-chercheurs. Ceux-ci ne permettent pas le recrutement de plusieurs types de profils qui peuvent apporter de la qualité et de la compétence, comme par exemple les étrangers (dont les MRE) ou les professeurs âgés de plus de 45 ans.

Cette « porte unique » de recrutement privilégie le recrutement de jeunes enseignants, qui ne sont pas forcément expérimentés. Alors que les universités mondiales se font concurrence dans le recrutement des profils les plus compétents, qui sont, dans plusieurs cas, relativement âgés, la loi ne le permet pas aux universités marocaines.

« Supposons qu’un Marocain dispose d’une expérience de 15 ou 20 ans dans un grand laboratoire étranger et que l’on voudrait attirer dans une université marocaine, on ne le peut pas ; pas seulement à cause de l’âge, mais aussi parce qu’il devra recommencer sa carrière à partir de zéro », regrette Jamal Eddine Sebbani.

Le nouveau statut devra permettre aux universités marocaines de recruter des professeurs internationaux, notamment des Marocains résidant à l’étranger. C’est ce qu’a confirmé Abdellatif Miraoui lors de son point de presse à l’issue du conseil de gouvernement.

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