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Confrontée à une perte de compétitivité, la région Casablanca-Settat cherche à se réinventer

Le processus d’élaboration du PDR de Casablanca-Settat clôture les phases d’évaluation de l’ancien PDR, de l’actualisation du diagnostic territorial et de la consultation publique.

Confrontée à une perte de compétitivité, la région Casablanca-Settat cherche à se réinventer

Le 6 juillet 2022 à 19h42

Modifié 6 juillet 2022 à 20h47

Le processus d’élaboration du PDR de Casablanca-Settat clôture les phases d’évaluation de l’ancien PDR, de l’actualisation du diagnostic territorial et de la consultation publique.

Les conclusions de la première étape de l’élaboration du programme de développement régional (PDR) 2022-2027 de la région Casablanca-Settat, qui concerne l’évaluation du PDR 2016-2021 et la mise à jour du diagnostic territorial, ont été présentées lors d’une réunion consultative organisée par le Conseil régional, ce mercredi 6 juillet, à Casablanca.

En ouverture de la rencontre, le président de la région, Abdellatif Maazouz, a mis le doigt sur quelques problématiques. La plus importante est une relative perte de vitesse enregistrée ces dernières années sur le plan de la croissance économique et de l’emploi.

Selon les chiffres communiqués, émanant principalement du Haut-commissariat au plan (HCP), le taux de croissance régional est plus faible que celui enregistré sur le plan national, alors que le taux de chômage régional est plus élevé que le taux national.

Des résultats dus notamment à une perte de compétitivité causée par le renchérissement du coût de la vie, générant des coûts salariaux plus élevés. La cherté et la rareté du foncier entraînent également des charges plus importantes pour l’investissement des entreprises. C’est la raison pour laquelle Abdellatif Maazouz appelle à renforcer le positionnement dans des métiers à plus forte valeur ajoutée, capables de garantir à la région une croissance soutenue.

L’autre défi principal est de développer une économie verte, car la région est aussi celle qui pollue le plus. Elle draine près de 50% des gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère marocaine, selon les chiffres communiqués par Abdellatif Maazouz. Elle continue pourtant d’être attractive pour les investissements : 40% des projets adoptés dans la cadre de la banque de projets industriels ont bénéficié à Casablanca-Settat, a relevé son président.

Le diagnostic fait ressortir de grandes disparités dans la région

La mise à jour du diagnostic territorial a fait ressortir de grands défis liés à la gestion de la rareté de l’eau. La région dispose de 277 m3 d’eau par habitant, soit deux fois moins que le seuil de Falkenmark, qui situe la rareté absolue en eau à moins de 500 m3 par habitant. La situation est d’autant plus problématique qu’elle pourrait s’aggraver ces prochaines années à cause du changement climatique.

Les résultats du diagnostic concluent également à l’existence de grandes disparités intrarégionales, particulièrement entre la préfecture de Casablanca et les autres provinces, notamment Settat et Sidi Bennour qui souffrent d’un grand manque de services sociaux.

Par ailleurs, malgré les efforts consentis pour améliorer le transport public dans la capitale économique, sa part parmi les autres modes de transport est à peine de 13%, loin derrière d’autres métropoles internationales, comme Berlin, où ce taux atteint 62%. Casablanca continue de souffrir des embouteillages, surtout dans le centre-ville et au nord de l’autoroute urbaine.

Le cœur battant de l’économie nationale

La région de Casablanca-Settat s’impose toujours comme le premier pôle économique et industriel du Maroc. Elle héberge 31% des entreprises marocaines et 62% des investissements industriels. C’est aussi un temple de la consommation : à elle seule, elle représente 25% de la consommation nationale, pour une population de 7,2 millions d’habitants (20% de la population globale marocaine).

La région bénéficie aussi d’une infrastructure développée, en grande partie grâce à son aéroport, le quatrième plus important en Afrique, et à son port qui compte parmi les trois plus grands du pays. Elle héberge par ailleurs le plus important centre financier africain, selon l’indice du Global Financial Centres Index (GFCI), une référence dans le classement des centres financiers internationaux. Ces atouts font d’elle une candidate naturelle pour jouer un rôle d’envergure mondiale.

Notons toutefois que plusieurs statistiques utilisées dans le cadre de la mise à jour du diagnostic datent d’avant 2019, voire 2014 pour les chiffres qui concernent l’aspect démographique. Parallèlement aux données du tout nouveau schéma régional d’aménagement du territoire (SRAT), le diagnostic s’est principalement basé sur les chiffres des ministères et institutions publiques nationales telles que le HCP.

Le processus de consultation dans les provinces s’achève par l’étape de Casablanca

Cette rencontre a été l’occasion d’organiser les ateliers de consultation avec les principaux acteurs institutionnels de la préfecture de Casablanca, comme cela a été fait pour les autres provinces de la région.

Ces ateliers permettent de débattre des différentes problématiques et de recueillir les idées de projets à inclure dans ce PDR en préparation. Le Conseil régional, en collaboration avec le cabinet Boston Consulting Group, à qui l’élaboration du PDR a été confiée, devra ensuite sélectionner les projets qui figureront dans le nouveau PDR.

Abdellatif Maazouz a expliqué que seront privilégiés les projets les plus réalisables en termes de temps, de procédures réglementaires, de moyens humains et financiers. Il a insisté sur le fait de laisser le facteur financier « pour la fin », arguant que « ce n’est pas l’argent qui manque ».

D’après lui, la région parvient à mobiliser le financement lorsqu’il le faut, à travers les partenaires publics ou les bailleurs de fonds internationaux. C’est en revanche l’exécution qui, souvent, fait défaut, par manque de ressources humaines ou par complexité des procédures réglementaires.

Dans ce sens, il a déclaré avoir pu mobiliser près d’un milliard de dirhams « en argent dormant » dans la région, initialement destiné à des projets en suspens pour une raison ou pour une autre. Il a également expliqué que la région ne disposait pas encore des compétences en maîtrise d’ouvrage, contrairement à d’autres institutions publiques dans leur domaine d’expertise, ce qui peut freiner le rythme d’exécution des projets.

52 projets du PDR 2016-2021 achevés à fin 2021

Même si le nouveau PDR n’est pas encore prêt, le Conseil régional n’a pas chômé entre temps, car l’ancien PDR 2016-2021, qui avait péché par excès d’ambition, comportait encore de nombreux projets non achevés.

La session du Conseil de ce lundi 4 juillet a adopté 36 conventions pour un investissement total de 1,66 milliard de dirhams, auquel la région contribue à près de 689 millions de dirhams. Le total des investissements adoptés par le Conseil depuis le début 2021 excède les 2,5 milliards de dirhams, selon Abdellatif Maazouz.

D’autre part, à fin 2021, sur les 188 projets que comptait le PDR 2016-2021, seulement 52 ont été achevés. 71 autres sont en cours de réalisation, avec un taux d’avancement de 40% en moyenne. Enfin, les 65 projets restants n’avaient pas encore démarré à fin 2021.

Les projets du PDR 2016-2021 qui avaient fait l’objet de conventions ont prévu un investissement total estimé à 52 milliards de dirhams. Le Conseil régional y participe à hauteur de 8 milliards de dirhams. Plus de la moitié de ce montant (29 MMDH) avait été consacré au transport et à la mobilité régionale.

Le SRAT adopté, il attend d’être visé

Cette réunion intervient après l’adoption, ce lundi, du Schéma régional d’aménagement du territoire. Il apporte une vision à long terme pour la région, sur un horizon de 25 ans. Ce SRAT devra être visé par le ministère de l’Intérieur avant d’entrer officiellement en vigueur.

Abdellatif Maazouz en a profité pour rappeler les principales orientations du SRAT, qui a découpé la région en cinq zones de projets, avec des vocations différentes selon les ressources et les opportunités de développement de chaque zone.

LIRE AUSSI : Casablanca-Settat : les principales bases du futur plan de développement régional

Le SRAT constitue un document essentiel dans la planification du développement territorial et apporte une base de travail pour l’élaboration du PDR. En plus de la vision de l’aménagement territorial, il comporte des projets structurants dont le Conseil régional peut s’inspirer dans l’élaboration du PDR, selon les priorités.

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