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Evénements de Nador: les accusés décrivent une organisation militaire et des bases logistiques

Une reconstitution pleine d'enseignements et mettant en lumière une mafia internationale organisée, avec une importante base logistique en Algérie, à Maghnia, près de la frontière algérienne. Des extraits des dépositions ont été publiés par l'agence espagnole EFE.

Evénements de Nador: les accusés décrivent une organisation militaire et des bases logistiques

Le 3 juillet 2022 à 10h37

Modifié 4 juillet 2022 à 7h45

Une reconstitution pleine d'enseignements et mettant en lumière une mafia internationale organisée, avec une importante base logistique en Algérie, à Maghnia, près de la frontière algérienne. Des extraits des dépositions ont été publiés par l'agence espagnole EFE.

Une organisation quasi-militaire, beaucoup de logistique, une hiérarchisation, une préparation minutieuse, un camp de transit établi à Maghnia en Algérie près de la frontière algérienne.

La base algérienne à Maghnia, dirigée par un Malien de 35 ans appelé le Boss, est tellement importante qu’il parait difficile qu’elle soit passée inaperçue aux yeux des autorités algériennes.

L’agence espagnole EFE publie la retranscription des déclarations recueillies par le Maroc dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet de Nador après les événements du vendredi 24 juin au point de passage Barrio Chino, entre Nador et Melillia.

64 prévenus vont comparaître en justice en deux groupes, dans deux procès séparés, les 4 et 13 juillet. Les griefs sont parfois graves, tels que séquestration d’agent de la force publique, violences, organisation criminelle, traite d’êtres humains, détention d’armes….

Les déclarations citées par EFE des réseaux criminels opérant sur une longueur de 5.000 km et coordonnant grâce d’une part à des organisations légales et d’autre part, à des groupes fermés sur Facebook.

Les Soudanais interrogés sont originaires du Soudan, du Darfour ou du Sud-Soudan. Pour quitter leurs zones, ils ont payé 50 à 70 euros chacun, pour se retrouver en territoire libyen. A partir de là, deux routes sont utilisées: soit Libye-Algérie-Maroc; soit Tchad-Niger-Mali-Algérie-Maroc. Pour passer d’Algérie vers le Maroc, il a fallu payer 300 à 500 euros par personne.

Les deux routes aboutissent donc en Algérie où les témoignages décrivent une ferme près de Maghnia, dirigée par un Malien selon toutes les dépositions. Il est décrit comme jeune (35 ans), tatoué et corpulent. Son nom n’est pas indiqué, il est seulement appelé le boss.

Comment le passage de la frontière algéro-marocaine est-il effectué?

Ils ont trouvé dans cette ferme de Maghnia, « des centaines de personnes attendant de passer et eux-mêmes ont attendu des semaines que les membres du réseau les emmènent traverser la frontière avec le Maroc par groupes de 30 à 40, profitant de la relève de la garde. Dans le cas d’un Tchadien de 20 ans et d’un Soudanais de 19 ans, ils disent avoir traversé des tunnels qui relient les deux côtés de la frontière. »

Selon les émigrés eux-mêmes , une fois dans les montagnes près de Nador, la province marocaine limitrophe de Melilla, ils s’organisent en camps forestiers en attendant le moment de sauter la clôture, dans une structure hiérarchisée avec un chef maximum et des sous-groupes commandés par une dizaine de patrons. Avant d’atteindre les forêts de Nador, ils traversent des milliers de kilomètres depuis le Soudan , pays en conflit, par deux routes : l’une par la Libye et l’Algérie, et l’autre par le Tchad, le Niger, le Mali et l’Algérie.

Selon la même source, ces migrants ont été ensuite accueillis par deux Soudanais et un Marocain qui les ont emmenés à Oujda puis transféré à Berkane, où ils ont attendu dans « la maison d’un Tchadien ». Là, un des Soudanais qui les avaient accueillis les a transportés jusqu’à la forêt près de Nador où il les a remis à un autre boss, dénommé Ahmed. C’est le chef de ce camp dans la montagne, un homme décrit par tous les témoignages comme Soudanais, toujours masqué, entouré d’une dizaine d’aides qui portaient tous des écharpes distinctives.

Ces migrants étaient organisés en sous-groupes et soumis à une discipline quasi militaire : surveillance des abords du camp, la recherche de nourriture chacun devant payer son repas deux euros obtenus grâce à la mendicité. Tous les documents et portables des nouvelles recrues étaient saisis par le chef. Un sous-groupe a été formé au maniement des « armes telles que des pierres, des bâtons et des couteaux. »

Le fameux vendredi 24 juin, avant les événements tragiques, environ 1.200 migrants se sont rassemblés à quelques kilomètres de la clôture. Le groupe se met en marche, les personnes armées et formées aux armes étant placées en tête. Le même rapport consullté par EFE indique que 640 bâtons en bois ont été confisqués ainsi que13 crochets métalliques fixés sur des bâtons en bois, trois couteaux de taille moyenne, un gros marteau, une chaîne accrochée à un cadenas et une barre métallique. Les documents consultés par EFE indique que la police marocaine allait poursuivre son enquête à l’étranger, pour identifier les complicités, y compris en Algérie, avec le concours d’Interpol.

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