Evénements de Nador: les accusés décrivent une organisation militaire et des bases logistiques
Une reconstitution pleine d'enseignements et mettant en lumière une mafia internationale organisée, avec une importante base logistique en Algérie, à Maghnia, près de la frontière algérienne. Des extraits des dépositions ont été publiés par l'agence espagnole EFE.
Une organisation quasi-militaire, beaucoup de logistique, une hiérarchisation, une préparation minutieuse, un camp de transit établi à Maghnia en Algérie près de la frontière algérienne.
La base algérienne à Maghnia, dirigée par un Malien de 35 ans appelé le Boss, est tellement importante qu'il parait difficile qu'elle soit passée inaperçue aux yeux des autorités algériennes.
L'agence espagnole EFE publie la retranscription des déclarations recueillies par le Maroc dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet de Nador après les événements du vendredi 24 juin au point de passage Barrio Chino, entre Nador et Melillia.
64 prévenus vont comparaître en justice en deux groupes, dans deux procès séparés, les 4 et 13 juillet. Les griefs sont parfois graves, tels que séquestration d'agent de la force publique, violences, organisation criminelle, traite d'êtres humains, détention d'armes....
Les déclarations citées par EFE des réseaux criminels opérant sur une longueur de 5.000 km et coordonnant grâce d'une part à des organisations légales et d'autre part, à des groupes fermés sur Facebook.
Les Soudanais interrogés sont originaires du Soudan, du Darfour ou du Sud-Soudan. Pour quitter leurs zones, ils ont payé 50 à 70 euros chacun, pour se retrouver en territoire libyen. A partir de là, deux routes sont utilisées: soit Libye-Algérie-Maroc; soit Tchad-Niger-Mali-Algérie-Maroc. Pour passer d'Algérie vers le Maroc, il a fallu payer 300 à 500 euros par personne.
Les deux routes aboutissent donc en Algérie où les témoignages décrivent une ferme près de Maghnia, dirigée par un Malien selon toutes les dépositions. Il est décrit comme jeune (35 ans), tatoué et corpulent. Son nom n'est pas indiqué, il est seulement appelé le boss.
Comment le passage de la frontière algéro-marocaine est-il effectué?
Ils ont trouvé dans cette ferme de Maghnia, "des centaines de personnes attendant de passer et eux-mêmes ont attendu des semaines que les membres du réseau les emmènent traverser la frontière avec le Maroc par groupes de 30 à 40, profitant de la relève de la garde. Dans le cas d'un Tchadien de 20 ans et d'un Soudanais de 19 ans, ils disent avoir traversé des tunnels qui relient les deux côtés de la frontière."
Selon les émigrés eux-mêmes , une fois dans les montagnes près de Nador, la province marocaine limitrophe de Melilla, ils s'organisent en camps forestiers en attendant le moment de sauter la clôture, dans une structure hiérarchisée avec un chef maximum et des sous-groupes commandés par une dizaine de patrons. Avant d'atteindre les forêts de Nador, ils traversent des milliers de kilomètres depuis le Soudan , pays en conflit, par deux routes : l'une par la Libye et l'Algérie, et l'autre par le Tchad, le Niger, le Mali et l'Algérie.
Selon la même source, ces migrants ont été ensuite accueillis par deux Soudanais et un Marocain qui les ont emmenés à Oujda puis transféré à Berkane, où ils ont attendu dans "la maison d'un Tchadien". Là, un des Soudanais qui les avaient accueillis les a transportés jusqu'à la forêt près de Nador où il les a remis à un autre boss, dénommé Ahmed. C'est le chef de ce camp dans la montagne, un homme décrit par tous les témoignages comme Soudanais, toujours masqué, entouré d'une dizaine d'aides qui portaient tous des écharpes distinctives.
Ces migrants étaient organisés en sous-groupes et soumis à une discipline quasi militaire : surveillance des abords du camp, la recherche de nourriture chacun devant payer son repas deux euros obtenus grâce à la mendicité. Tous les documents et portables des nouvelles recrues étaient saisis par le chef. Un sous-groupe a été formé au maniement des "armes telles que des pierres, des bâtons et des couteaux."
Le fameux vendredi 24 juin, avant les événements tragiques, environ 1.200 migrants se sont rassemblés à quelques kilomètres de la clôture. Le groupe se met en marche, les personnes armées et formées aux armes étant placées en tête. Le même rapport consullté par EFE indique que 640 bâtons en bois ont été confisqués ainsi que13 crochets métalliques fixés sur des bâtons en bois, trois couteaux de taille moyenne, un gros marteau, une chaîne accrochée à un cadenas et une barre métallique. Les documents consultés par EFE indique que la police marocaine allait poursuivre son enquête à l'étranger, pour identifier les complicités, y compris en Algérie, avec le concours d'Interpol.
à lire aussi
Article : Mercato : Lille prévient l’Europe, Bouaddi ne partira pas à prix normal
Dans un entretien publié par Eurosport avant le huitième de finale gagné par le Maroc contre le Canada, Olivier Létang décrit le milieu de 18 ans comme un profil “unique”, déjà fort de plus de 100 matchs au haut niveau. Sans fixer de prix, le président du LOSC cite les transferts d’Anderson et de Tonali pour situer la valeur de sa pépite dans les très hautes sphères du marché.
Article : Immobilier. Les coûts de production et la pénurie de main-d’œuvre aggravent la situation du marché
Dans l’ancien, les ventes chutent sans que les prix ne cèdent vraiment. Dans le neuf, les dispositifs publics soutiennent la demande, mais ne compensent pas l’écart entre les prix proposés et les capacités d’achat. Entre les deux segments, c’est toute la chaîne du logement qui se retrouve sous tension, des ménages aux promoteurs. Décryptage.
Article : “Green Basin”, le projet stratégique qui veut faire du port de Jorf Lasfar un hub de batteries et de carburants verts
Jorf Lasfar n’est plus seulement le port des phosphates, du charbon et des grands vracs industriels. Alors que l’ANP prépare son extension, avec plus de 3.500 mètres de nouveaux quais annoncés, le site prend une autre dimension : autour de l’acide phosphorique, plusieurs projets liés aux batteries, aux électrolytes, au graphite et aux dérivés de l’hydrogène vert s’installent déjà dans son arrière-pays. Avec “Green Basin”, cette nouvelle vocation industrielle commence à trouver son débouché portuaire. Détails.
Article : Migration : la route des Canaries recule fortement, sur fond de coopération maroco-espagnole
Les arrivées irrégulières en Espagne ont baissé de 32,5% au premier semestre 2026, selon le ministère espagnol de l’Intérieur, avec une chute de 67,2% aux Canaries, tandis que certains itinéraires, notamment terrestres vers les présides occupés de Sebta et Mélilia, enregistrent des hausses localisées.
Article : Reportage. Jazzablanca : les Scorpions enflamment une soirée portée par la qualification du Maroc
Entre la retransmission de Maroc-Canada à La Place des Lions, les concerts de José James, China Moses, Brian Jackson, Hypnotic Brass Ensemble et Mehdi Nassouli, puis l’arrivée de Scorpions sur une scène Casa Anfa à guichets fermés, Jazzablanca a vécu samedi 4 juillet une soirée à part, où la ferveur du stade a fini par se confondre avec celle du rock. Récit d’une nuit où Casablanca a vibré deux fois.
Article : PHIASUD : après vingt ans de bras de fer avec les Slimani, l'Omnium marocain de pêche quitte la gouvernance
Quelques mois après la sortie de la famille Slimani, PHIASUD change de gouvernance. L'Omnium marocain de pêche abandonne ses fonctions de direction au profit d'une nouvelle équipe. Un mouvement qui dépasse la seule PHIASUD et touche également d'autres sociétés du groupe.