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Le pitch, dernière ligne droite du programme WIA 54

De la jeune femme qui s’apprête à se lancer sur le grand marché égyptien à celle dont la solution est en phase test, le palmarès du programme WIA 54 ne peut être que motivant pour leurs pairs. Découvrez les six startups qui ont pitché leurs solutions à la fin du programme.

Le pitch, dernière ligne droite du programme WIA 54
M.E.O
Le 12 juin 2022 à 10h24 | Modifié 13 juin 2022 à 7h53

Lancé par Women In Africa (WIA), plateforme internationale consacrée à l’identification, au soutien et au développement économique des femmes entrepreneures africaines, le programme WIA 54 vise à identifier des startups early-stage prometteuses.

Cette année, 8 finalistes marocaines ont bénéficié d’un programme de formation, d’un programme de mentorat et d'une mise en réseau. La fin du programme est marquée par une séance de pitch face à une cinquantaine de personnes : investisseurs (Outlierz Ventures, Maroc Numeric Fund et L'UM6P Ventures), banquiers, entrepreneurs, directeurs généraux de grandes entreprises et de cabinets de conseils et journalistes, chacune a présenté avec un enthousiasme partagé les métriques de traction qui valident l’adéquation du produit au marché, les besoins des clients cibles ou les canaux de distribution.

Sur la scène de la salle de conférence de la CGEM à Casablanca, six jeunes entrepreneures lauréates du programme WIA 54 , ont présenté leurs projets après 6 mois de formation, de réseautage et de mentorat par des fins connaisseurs du domaine des affaires. Une séance de pitch qui marque ainsi la fin du programme pour l'année 2022.

Elles ont eu chacune cinq minutes pour présenter les points clés de leurs solutions : la problématique du marché, la solution, le marché, la monétisation, les premiers résultats commerciaux et l’ambition.

Le pitch est le point de départ des levées de fonds

Les deux entreprises innovantes qui se trouvent d’ores et déjà à un stade avancé sont Iziproteine, Zora, fondées respectivement par Hasna Afounnas et Fatima-Zohra Hakam .

Iziprotéine est un projet de valorisation des déchets organiques par l’utilisation de la technologie de bio conversion en utilisant les insectes. Son unité de production à Agadir produit des fertilisants biologiques, des produits d’alimentations de volailles et poissons. L’entreprise est en cours de production d’un nouveau produit :  les fertilisants liquides. « Notre unité produit 250 tonnes d’engrais chaque année », souligne la fondatrice qui vient de signer un partenariat avec l’Office régional de mise en valeur agricole du Souss-Massa. « L’Office a mis à notre disposition une unité pour valoriser 2 à 5 tonnes de déchets par jour contre 500 kg valorisés aujourd’hui. Notre objectif en 2026 est d’atteindre une capacité de valorisation de 20 à 30 tonnes de déchets par jour », explique-t-elle.

Quant à Zora, c’est une marque de Chocolat de luxe mise en vente sur le marché américain depuis février 2022, en ligne et en boutique. « À partir du mois prochain, nos tablettes seront disponibles dans 58 boutiques aux USA », annonce la jeune entrepreneure, qui a engrangé à ce jour un chiffre d’affaires de 18.000 dollars.  Fin 2022, Zora compte tester le produit sur le marché marocain dans les épiceries fines à Casablanca. En 2023, une levée de fonds est envisagée de près de 360 000 dollars pour « accroître la capacité de production et développer la marque ». En 2024, un partenariat est prévu avec un industriel africain pour la fabrication sur le continent des tablettes Zora (de la fève à la tablette) et lancer la commercialisation dans la région MENA.

Les deux entrepreneures ont financé l’amorçage de leur projet différemment. La première par un bon de commande avec Crocopark et la seconde à travers une campagne de crowdfunding aux Etats-Unis.

La troisième startup qui a pitché est M4Nature portée par Mariam Minhaj. C'est une entreprise qui exploite les substances naturelles et bioactifs du terroir marocain en produisant des produits de bien-être à utilisation cosmétique et alimentaire. L’unité de production est à Marrakech et « les technologies utilisées sont brevetées », note la fondatrice, docteur en Chimie et Biologie des Substances Naturelles.

Dans l’univers du numérique : MyTindy, Jobwinwin et Bebdary

Aida Kandil a été remarquée sur la scène entrepreneuriale marocaine depuis la création de MyTindy en 2019, une marketplace pour la vente en ligne des produits issus de l'artisanat marocain au Maroc et à l'international. Aida Kandil a reçu le premier prix au programme d’accélération Emerging Mediteranean dédié à la Tech for Good. Elle a intégré le programme d’accélération « Google for Startups Accelerator MENA », nommée pionnière de l’entrepreneuriat Francophone par l’Organisation Internationale de la Francophonie et a levé des fonds auprès d’investisseurs providentiels (business angels) de l’émission « Qui veut investir dans mon projet ? ».

Aujourd’hui, avec 70% des commandes provenant de l’étranger, MyTindy compte plus de 250 marques et artisans et plus de 8.000 références. « On s’apprête à se lancer en Egypte. Son marché présente les mêmes problématiques que le marché marocain », affirme-t-telle. Pas seulement, la startup travaille en collaboration avec Google pour permettre aux artisans illettrés de mettre en ligne leurs produits en toute facilité.

Du côté RH, Yasmine Jtioui, fondatrice de Jobwinwin a mis au point une application qui fonctionne comme une application de rencontre : le « swipe» pour défiler les offres, le « like» mutuel signifie que le recruteur et le candidat sont mutuellement intéressés et le « meet» permet d'organiser une rencontre. La solution a d’ores et déjà séduit des entreprises comme Inetum, SITEL Group, Majorel ou Unimer. Pour la politique du prix : « 3.000 DH pour une annonce valable 1 mois et 80.000 DH par an pour un pack d'annonces illimitées », détaille la fondatrice.

Souhair Bouallala, a développé Bebdary, une plateforme web et mobile de mise en relation des spécialistes de bien-être comme les coachs sportifs et les professionnels des services de beauté avec les clients. Après avoir collecté les retours du marché et testé techniquement la solution, l’application sera « lancée dans un mois ». Selon la fondatrice, le point fort de la jeune pousse est situé dans la politique des prix : « La commission qui sera payée par le prestataire est de 17% contre 30 à 35% pour ce type d'activité et 10 à 20 DH côté client », précise-t-elle. Elle explique qu'un investissement de 1,2 million de DH permettra d'atteindre le point mort la 3ème année avec un objectif EBITDA de 4,6 millions de DH la même année.

Pour se développer et rayonner, les startups ont besoin de lever des fonds et vite. Si l’objectif ultime des pitchs est la levée de fonds, Kenza Lahlou, Managing Partner au fonds de capital-risque Outlierz Ventures souligne, lors de la table ronde sur l’accès au financement des femmes entrepreneures, que seulement « 2% des levées de fonds en capital-risque se dirigent vers les startups dirigées par les femmes » et « 3% en Afrique ».  Toutefois, investisseurs et ONG sont d’accord : l’évaluation de tout projet porte sur sa performance, sa traction et ses réalisations plutôt que sur le sexe de la personne qui le porte.

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M.E.O
Le 12 juin 2022 à 10h24

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