img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
IDEES

Maroc, résilience, développement, priorités, humanité... Cinq questions à Jacques Attali

Au micro de Médias24, l’économiste Jacques Attali est revenu sur l’artificialisation de l’humain et sur des thèmes d’actualité comme la gestion de la crise Covid et les relations entre le Maroc et l’Algérie. 

Par
Le 3 juin 2022 à 9h13 | Modifié 3 juin 2022 à 9h13

L’écrivain, économiste et haut fonctionnaire Jacques Attali était présent à la 2e édition de la Semaine de la science, organisée par l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Le colloque central a été placé sous le thème "Transhumanisme : humain augmenté".

Son intervention a notamment porté sur l’éthique de l’artificialisation de l’humain. Dans un échange avec Médias24, il a également partagé sa lecture sur le rôle du Maroc dans la région et sa gestion de la pandémie.

L’un des pays ayant "le mieux géré la pandémie de Covid"

"Le Maroc et la Corée du Sud ont été les pays les plus exemplaires dans leur capacité à répondre à la pandémie, leur prudence et en matière d’innovation", a déclaré Jacques Attali, soulignant que le Royaume a été l’un des meilleurs gestionnaires de la pandémie au monde.

Le Maroc a vocation à être un leader africain ; leader de la francophonie et d’une société d’émergence, selon l’économiste. Dans ce sens, il a recommandé de lutter "contre la corruption, pour le maintien de la règle de droit de la justice sociale et pour une plus grande place accordée aux femmes". "Je trouve que le Maroc va dans la bonne direction", a-t-il souligné.

Selon lui, "beaucoup de choses dépendront à l’avenir de la relation du Maroc avec l’Algérie et de la capacité à créer un environnement de coopération". Et d’ajouter : "Il est tragique que le Maroc et l’Algérie ne s’épaulent pas mutuellement. Si cette situation perdure, le Maroc se développera vers le Sud et non vers l’Est. Ce sera bien plus dommage pour l’Algérie que pour le Maroc."

"L’humanité n’investit pas sur l’essentiel"

Dans un registre plus large, Jacques Attali estime que l’humanité a mis l’accent "sur ce qui permet de croître le plus vite possible, mais sans penser au long terme ni se préoccuper de l’impact que cela aura sur les générations futures".

"Nous consacrerions plus d’argent à l’éducation si l’on prenait en considération cet impact. L’humanité alloue environ 3,5% seulement de son PIB à ce domaine, c’est dérisoire", a-t-il déploré. "A l’échelle mondiale, de moins en moins d’argent est dépensé en faveur de la qualité de la nourriture, et finalement en faveur de l’essentiel", a ajouté l’économiste. "On se nourrit de poison", a-t-il alerté, soulignant que "l’espérance de vie était ainsi en train de diminuer".

"On consacre parallèlement plus d’argent aux distractions, à l’armement et aux énergies fossiles, c’est-à-dire à des choses moins prioritaires par rapport à la santé, l’éducation, l’alimentation saine et la démocratie", a-t-il constaté.

Le naturel presque entièrement mêlé à l’artificiel

Concernant son intervention sur l’éthique de l’artificialisation de l’humain, Jacques Attali a expliqué que "nous [étions] actuellement en train d’artificialiser l’humain dans le but d’atteindre une immortalité individuelle".

"Grâce aux artefacts, l’humain a multiplié ses moyens. En même temps, le naturel est aujourd’hui mêlé à l’artificiel. L’artificialisation de l’humain s’inscrit dans un processus qui a couplé à la fois l’artificialisation de la nature et l’accompagnement progressif de l’Homme par des artefacts, c’est-à-dire des moyens de nous nourrir, de nous vêtir et de nous transporter, mais aussi l’art, la musique, la littérature, la science, etc."

Pour atteindre "cet humain augmenté", des "progrès incroyables" ont été réalisés, a reconnu Jacques Attali, estimant que "la génétique [allait] pouvoir éliminer un grand nombre de maladies, ce qui va augmenter l’espérance de vie".

Et d’ajouter : "Les neurosciences vont permettre de dialoguer avec le cerveau pour améliorer l’apprentissage, la mémoire et la réaction de l’humain au stress. Cela sera utile pour la pratique de plusieurs métiers où le facteur stress est davantage présent."

Enfin, Jacques Attali a expliqué que pour éviter les risques liés à l’artificialisation de l’Homme, "il [fallait] cesser l’artificialisation des sols, réduire les conséquences de l’urbanisation et protéger la durabilité de l’agriculture. C’est grâce à l’éducation que l’on pourra avoir une population qui travaillera davantage dans l’intelligence au lieu de la matière".

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 3 juin 2022 à 9h13

à lire aussi

Can U17. Le Maroc défait par l’Égypte et finit hors du podium (0-2)
Football

Article : Can U17. Le Maroc défait par l’Égypte et finit hors du podium (0-2)

En dépit de leur bonne volonté, les Lionceaux de l’Atlas se sont fait piéger par l’Égypte lors du match pour la 3e place de la Coupe d’Afrique des nations U17, ce lundi 1er juin au Complexe Mohammed VI de Salé (0-2). Une nouvelle déception qui nourrira sans doute les ambitions d’Iliane Hadidi et ses coéquipiers lors du Mondial de la catégorie, en novembre prochain.

Carburants : les prix à la pompe ont globalement suivi les cours internationaux (Conseil de la concurrence)
ECONOMIE

Article : Carburants : les prix à la pompe ont globalement suivi les cours internationaux (Conseil de la concurrence)

Entre le 1er mars et le 16 mai 2026, les prix des carburants au Maroc ont globalement évolué dans le même sens que les cotations internationales, selon une nouvelle analyse du Conseil de la concurrence.

Gaz marocain : pourquoi Sound Energy quitte Tendrara au moment où le projet démarre enfin
Energie

Article : Gaz marocain : pourquoi Sound Energy quitte Tendrara au moment où le projet démarre enfin

Endettée et incapable de financer la phase II, la compagnie britannique cède ses dernières parts à Mana Energy alors que la production commerciale est attendue au T3-2026. Pour le Maroc, ce retrait pourrait accélérer le développement d’un projet stratégique pour la production locale de gaz et l’alimentation électrique via le gazoduc Maghreb-Europe.

WAFIRA II : 3.000 travailleurs marocains attendus en Espagne et en France d’ici 2028
Quoi de neuf

Article : WAFIRA II : 3.000 travailleurs marocains attendus en Espagne et en France d’ici 2028

Financé à 95% par l’Union européenne, ce programme de migration circulaire cible notamment l’agriculture et le transport routier, avec un accompagnement des bénéficiaires avant leur départ et à leur retour, ainsi qu’un volet dédié à l’entrepreneuriat.

Ponts de l'Aïd : l'économie marocaine y laisse quelques milliards, selon nos estimations
ECONOMIE

Article : Ponts de l'Aïd : l'économie marocaine y laisse quelques milliards, selon nos estimations

Les deux journées de congé exceptionnel accordées en 2026 à l’occasion de Aïd al-Fitr et Aïd al-Adha pourraient coûter entre 3,6 et 6 MMDH, soit près de 0,4% du PIB, selon nos calculs. Une perte loin d’être négligeable pour une économie où la production reste encore fortement dépendante du travail.

Maroc-Madagascar : quelle heure, quelles chaînes
Quoi de neuf

Article : Maroc-Madagascar : quelle heure, quelles chaînes

Dans le cadre de ses préparatifs intensifs pour la Coupe du monde de football 2026, la sélection nationale affronte son homologue de Madagascar lors d'une rencontre amicale ce mardi 2 juin 2026 au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité