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Figuig. Une ville-oasis, noyau de ksour et de cultures

Figuig était jadis un centre caravanier au carrefour du commerce transsaharien. Cette « île dans le désert » se caractérisait par un système hydraulique ingénieux, une organisation sociale singulière et un vaste territoire occupé par des plantations de palmiers et pas moins de 26 oasis.

Figuig. Une ville-oasis, noyau de ksour et de cultures

Le 26 mai 2022 à 14h31

Modifié 26 mai 2022 à 19h32

Figuig était jadis un centre caravanier au carrefour du commerce transsaharien. Cette « île dans le désert » se caractérisait par un système hydraulique ingénieux, une organisation sociale singulière et un vaste territoire occupé par des plantations de palmiers et pas moins de 26 oasis.

Il y a un an, la ville de Figuig défrayait la chronique. Trente fermiers marocains étaient sommés par les autorités algériennes de quitter leurs propres terres, des plantations de 15.000 palmiers dattiers qui constituent leur principale, voire unique source de revenus. Leur expulsion, reprise par la presse nationale, a tout naturellement ému les Marocains et créé un véritable élan de solidarité avec les habitants de cette ville située à la frontière du Maroc avec l’Algérie.

La palmeraie et le centre urbain de Figuig vers 1912. In. « Sur les confins du Maroc, d’Oujda à Figuig ». Gravure. M. L. Rousselet. Librairie Hachette.

Cette ‘affaire de Figuig’ a permis d’entrapercevoir une autre dimension de la ville, au-delà de ses célèbres dattes. Ou ce que les spécialistes, historiens et anthropologues dénomment ‘Le Figuig‘, un lieu mythique de l’Oriental, auquel le mode de vie séculaire des habitants et l’environnement géoclimatique caractéristique de la région confèrent une identité singulière. Un centre historique aussi qui a perdu de sa superbe au fil des siècles, mais qui ne cesse de faire preuve de résilience.

Un centre caravanier transsaharien

Située à l’extrême est du Maroc, à plus de 360 km au sud d’Oujda, chef-lieu de la région de l’Oriental, Figuig est une ville-oasis bordée de plusieurs palmeraies dans un rayon de 30 km.

Selon le juriste Mohammed Hajji, qui a publié en 2018 l’ouvrage de référence La protection internationale du droit des individus sur leurs terres traditionnelles : la continuité des droits immémoriaux des gens des qçours de Figuig, « la quasi-totalité des palmeraies de Figuig est formée par des oasis réparties le long de l’oued qui contourne l’oasis-mère ».

Au nombre de 26, ces oasis sont : El Ardja, Menou Azzouz, Bel Habbezat, El Djeninat, Nakhelat El Ferifera, Nakhelat Thoual, Mezzour’a, Oulad Refia, Hadjemar, Djenan Bellal, Tar’la, Djenan Tafilala, Hadjemad, Hameslou, Meghrour, Tafilala, Aïn Sefra, Tasra, Beni Ounif, Djenan ed Dar, Bou Resfan, Tarf, Melias, Nakhelat Ben Brahim, Takroumet et El Khenig.

Pour ce juriste, l’environnement alentour est tout aussi important que la ville-oasis elle-même. « L’espace ‘Le Figuig’ n’est pas seulement celui des gens de l’oasis. Il comprend également la tribu des Bni Guil, qui descend à 200 km au nord de Figuig. Elle a un rayon d’action de 300 km. Il y aussi la tribu de Laâmour, au nord aussi. Il faut considérer Figuig comme un cercle. En bas de ce cercle, il y a les tribus de Oulad Jrir et Doui-Menia. La tribu des Aâmour a elle-aussi des palmiers à Figuig. On ne peut pas parler de Figuig sans parler de ces tribus. » Le territoire du Figuig est donc encore plus vaste que ce que l’on imagine.

D’ailleurs, si Mohammed Hajji préfère désigner la ville par ‘Le Figuig’ plutôt que Figuig tout court, étendant par la même occasion son influence au-delà de l’oasis elle-même, c’est qu’historiquement, Figuig a longtemps été un centre caravanier au carrefour des réseaux du commerce transsaharien, sur les deux axes nord-sud et est-ouest. C’est ce qui explique la richesse de son peuplement au fil des siècles, avec une population aux origines diverses, aussi bien berbères et nomades, que juives et chrétiennes, andalouses et africaines. Mais, avec le temps, le rayonnement régional de Figuig va considérablement baisser à la suite d’une succession d’événements (protectorat français, crise économique, fermeture des frontières avec l’Algérie…) qui, à chaque vague, vont accentuer son repli.

Incapable de drainer autant d’échanges et de richesses que par le passé, Figuig passera alors d’une vingtaine de ksour [pluriel de ksar] au milieu du XIXe et une douzaine au début du XXe, selon différentes sources historiques, à seulement sept ksour encore habités de nos jours.

Ce joyau serti de ksour

Dans le noyau de ksour qui composent aujourd’hui Figuig, on retrouve Laâbidate, Loudaghir, Ouled Slimane et Lamaïz au nord-ouest, Hammam Foukani et Hammam Tahtani au nord-est, et, dans toute la zone sud, Zenaga, la plus grande agglomération de communautés. En plus de la trame traditionnelle de ksour, Figuig a connu tout au long du XXe siècle un développement urbain qui a modifié le paysage typique d’une oasis ; qu’il s’agisse du centre administratif construit lors du protectorat français, des nouveaux modes d’habitat introduits par la diaspora figuiguie ou des équipements urbains (voies de transport modernes, écoles, structures de santé, infrastructures de base, etc.) mis en place pour accompagner l’évolution moderne de la ville.

A Figuig au début du XXe siècle, un cavalier devant Jbel Arja. Gravure d’époque.

Sous les murs de Ouled Slimane au début du XXe siècle. Gravure.

Malgré ces transformations, le cœur de la ville conserve tout le charme et l’esthétique d’une oasis désertique grâce aux caractéristiques architecturales de ses ksour. Reliés par un dédale de voies et chemins qui traversent la palmeraie, ceux-ci sont totalement indépendants les uns des autres. Chaque ksar abrite un espace bâti composé d’habitations mitoyennes construites en terre. Les jardins des ksour ne sont pas exclusivement plantés de palmiers-dattiers. Sur le modèle du jardin étagé, on y trouve également des cultures de subsistance et des arbres fruitiers.

Une vie mouvementée

Les différentes familles du ksar exploitent chacune sa parcelle de jardin qu’elles protègent au moyen d’un mur de pisé. Mais bien que délimitées, ces parcelles sont toutes reliées au même réseau d’irrigation. Coutumier, dense et assez sophistiqué, ce système d’exploitation des ressources hydriques est une des grandes curiosités urbanistiques et sociales de Figuig. L’eau y est acheminée depuis des puits et des foggara, appelés aussi khettara, des galeries souterraines permettant de capter et de stocker en lieu sûr l’eau des sources. Cette ressource est gérée par un aiguadier qui se charge de distribuer à chaque exploitant de parcelle la part d’eau qui lui revient, à travers tout un réseau de bassins, canaux et répartiteurs.

La maîtrise des ressources en eau est vitale. C’est un facteur qui, dans l’histoire, s’est révélé parfois stratégique pour précipiter la chute d’un ksar. Ce fut le cas de celui des Ouled Jaber, situé sur la source Thaddert que le ksar Zenaga s’est appropriée par la force en 1783.

Maître de conférence à l’Université Paris-Cité, Laurence Gillot, qui travaille depuis 2010 sur la valorisation du patrimoine de Figuig, relate cet épisode : « Qsar Ouled Jaber était construit sur une source d’eau convoitée par les communautés de Loudaghir, au nord, et Zenaga, au sud. Les deux communautés vont se liguer contre les Jabiris pour s’approprier leur source d’eau. C’est un géographe français (Émile-Félix Gauthier, La source de Tzaddert à Figuig, ndlr) qui rapporte ces traditions orales dans un texte de 1914. Les deux qsours évincent donc les Jabiris, mais près de cinquante ans plus tard, ils ne parviennent toujours pas à un accord sur le partage de cette source. Les Loudaghir et les Zenaga entament alors une guerre qui se serait achevée par une explosion. Nous avons trouvé certaines de ces traces de destruction. C’est là que les deux communautés détruisent une partie du ksar des Ouled Jaber. Zenaga finit par obtenir la mainmise sur la source d’eau et le ksar est abandonné. Voilà l’éternelle histoire de Figuig : une rivalité des ksour pour l’appropriation des sources d’eau. »

Désunis sur la question de l’eau, les ksour retrouvent toutefois leurs réflexes millénaires d’unité et de solidarité face aux menaces extérieures. Cette unité repose sur une organisation politique et sociale traditionnelle qui perdure de nos jours.

Un schéma social préservé

Bien qu’indépendants les uns des autres, les ksour adoptent la même organisation sociale. De l’intérieur, chaque ksar est structuré autour de lignages, divisés en fractions, elles-mêmes subdivisées en familles.

Toutes ces communautés vivent sous l’autorité de la Jemâa, une assemblée composée des représentants des lignages et des familles, élus par les fractions. La fonction principale de la Jemâa est de prendre et d’appliquer les décisions qui régissent la vie des habitants du ksar, et de gérer le cas échéant les conflits entre lignages et familles. « Les Jemâa des qsours [ou ksour] sont encore tout à fait opérantes, même souveraines pour certaines choses, comme la gestion et la répartition des parts d’eau », indique Laurence Gillot qui a co-écrit plusieurs publications sur Figuig. Parmi elles, Ruines et humanités numériques : Reconstitution de l’histoire d’une ville-oasis. Le cas de Figuig (Maroc), 2020 ; Le patrimoine marocain : Figuig, une oasis au cœur des cultures ; Le qsar [ou ksar]  des Ouled Jaber à Figuig (région de l’Oriental) : bilan et perspective des fouilles réalisées autour de la mosquée, (2010-2016).

Dans les ksour, la forte cohésion sociale entre les communautés se ressent également dans la vie quotidienne. Pour la gestion des biens communs, par exemple, les habitants cotisaient et rassemblaient la twiza, qui servait au financement des travaux collectifs. Pour leur instruction, ils avaient recours à la zaouïa, qui faisait office à la fois de lieu d’enseignement et de refuge. Elle pouvait même intervenir pour régler les conflits entre habitants et jouait un rôle prééminent dans le soutien aux plus démunis. Autre particularité de cette institution essentielle pour l’équilibre social d’un ksar : les femmes y étaient représentées, contrairement à la Jemâa exclusivement masculine.

Une diaspora très engagée

Cette vie sociale traditionnelle, établie sur d’anciennes règles et institutions, ne s’est pas estompée avec le temps. L’ingéniosité de ses habitants est telle que la ville-oasis a réussi à trouver un juste équilibre entre traditions et nouvelles pratiques.

Laurence Gillot décrit cette dimension hybride particulière de la vie sociale et politique de la ville. « À côté de l’organisation traditionnelle, on a l’organisation administrative héritée du protectorat français et consolidée après l’indépendance. Il y a le conseil municipal, le pachalik bien évidemment. Avec la décentralisation, il y a aussi un service de coopération décentralisé. Il y a, en fait, différents échelons administratifs qui montrent qu’on a, à l’heure actuelle, un espace, une société et un fonctionnement politique à deux niveaux : un substrat traditionnel, qui fonctionne toujours, et un substrat moderne. » C’est le cas par exemple des Jemâa qui, selon la maître de conférence à l’Université Paris-Cité, « sont représentées au sein du conseil municipal. Les associations (d’émigrés), qui font partie évidemment de ce renouveau de Figuig en termes de gouvernance, se juxtaposent aux Jemâa ».

Composées de la diaspora figuiguie, ces associations investissent dans le développement de la ville et soutiennent, au même titre que la municipalité, la dynamique de revalorisation du patrimoine de Figuig.

Un projet et des ambitions

La ville-oasis de Figuig n’a pas encore révélé tous ses secrets. Laurence Gillot ne le sait que trop bien. Dégagée de ses charges d’enseignement ces deux dernières années, l’enseignante-chercheure se consacre tout particulièrement à l’étude de l’histoire de l’archéologie au Maroc. « Je viens de rentrer d’une mission à Rabat (avril 2022, ndlr) qui m’a permis de travailler sur ce projet, et en même temps de relancer le dossier Figuig », nous confie-t-elle. Le dossier en question est l’inscription de la ville de Figuig sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Un souhait exprimé par la municipalité au milieu des années 2000, qui donnera lieu à une mission scientifique d’études et de relevés architecturaux, archéologiques, environnementaux et paysagers.

Lancé en 2006, le projet « Archéologie, architecture et patrimoine de l’oasis de Figuig » a été mené conjointement par plusieurs intervenants, dont l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine, l’Université Paris-Cité (ex-Paris Diderot 7) et l’École nationale d’architecture Paris Val de Seine. Il s’agissait au départ de contribuer à l’élaboration d’une politique de sauvegarde et de valorisation des patrimoines de l’oasis. Outre quelques réalisations en matière de restauration, le programme s’est appuyé sur deux fouilles archéologiques qui ont mis en évidence la richesse historique de la ville. Et ce, dès la première opération de sauvegarde entreprise en 2006 dans le mellah du ksar Loudaghir.

Cette fouille a permis de découvrir, sous le plancher de la salle de prière de la synagogue, « une guenizah (pièce servant d’entrepôt pour les écrits et objets liturgiques devenus hors d’usage) contenant de nombreux fragments de livres et de documents », indique Laurence Gillot. Étudiés, inventoriés et conservés, les 130 fragments découverts dans la guenizah ont été confiés aux Archives du Maroc.

Un paysage naturel et culturel

En intégrant le programme en 2010, Laurence Gillot se voit proposer le second programme de fouilles, celui du ksar Ouled Jaber.

« Ce qui est intéressant, c’est que c’est un chantier qui nous permet d’étudier l’histoire du qsar et son peuplement. On a continué à travailler sur ces questions-là jusqu’à il y a deux ans, avec la Covid, où là les conventions sont arrivées à terme. » C’est précisément en octobre 2010 que le projet d’inscription au patrimoine mondial est présenté par l’équipe de recherche à la municipalité. Il repose sur les résultats des fouilles archéologiques et sur tout le travail entrepris en matière de connaissance de l’histoire de l’oasis, d’inventaire et de valorisation du patrimoine. « Figuig, paysage naturel, regroupant un ensemble de qsours existants et une palmeraie, est un environnement dans lequel s’insèrent une architecture et surtout une société. Cet argument parle à certains Figuiguiens. Les associations d’émigrés et la municipalité sont convaincues que cela peut être porteur d’unité », confie-t-elle.

L’équipe de recherche pluridisciplinaire qui investit le sujet, dont fait partie la maître de conférence, a déjà trouvé les arguments qui permettraient à Figuig, en tant que paysage culturel, de prétendre à l’inscription au patrimoine mondial. « On a pu identifier et documenter les différentes richesses patrimoniales », assure Laurence Gillot, indiquant toutefois que « ce qui pose encore problème, c’est la question plus juridique des mesures de protection prises, tant localement qu’au niveau de la région et du ministère de la Culture ».

Préservation du patrimoine ou développement socio-économique

Pour convaincre le comité du patrimoine mondial du bien-fondé du dossier et obtenir le fameux statut, le Maroc, représenté par son ministère de la Culture, doit déposer un dossier à la fois scientifique et réglementaire.

« Et là, il y a encore beaucoup de choses à faire », assure la maître de conférence. Elle fait notamment référence au développement socio-économique et touristique qu’a connu l’oasis ces dernières années. « L’avenir du dossier d’inscription est conditionné par la réussite, ou pas, de l’équilibre entre développement et protection du patrimoine. Ce qui est compliqué à l’heure actuelle, c’est le manque de coordination entre les différents acteurs, et une politique patrimoniale, en tout cas sur le plan local, qui hésite encore entre développement et protection du patrimoine. » D’où l’intérêt d’un travail de sensibilisation pour que les populations locales s’investissent et y voient non pas une contrainte dans la gestion de leurs terres et ressources, mais l’opportunité de valoriser un patrimoine commun, garant d’une mémoire et d’une identité collectives.

Se plaçant du point de vue des bénéficiaires locaux, Laurence Gillot estime que cette inscription ne devrait pas être uniquement motivée par « la renommée » et les retombées touristiques qui pourraient en découler. « Il faut réfléchir à quel développement touristique on aspire. Dans une région comme l’Oriental, qui n’est pas vraiment bien desservie par rapport à l’ensemble du Maroc, on est en droit de se poser la question. Puis regardez Venise : parfois, la renommée conduit à des pressions sur le patrimoine. Ou parfois, il y a un engouement pendant quelques années, puis le site tombe dans l’oubli. Là aussi, il faut être capable de gérer ce label sur un temps long. Je pense qu’il serait plus pertinent d’intervenir d’abord au niveau local, régional et national, et penser au label plus tard », conseille l’enseignante-chercheure. « L’inscription à la liste de l’Unesco ne doit pas être un but en soi pour la sauvegarde du patrimoine de Figuig. Il faut d’abord le faire pour les Figuiguiens, les Marocains. »

Un esprit millénaire

Laurence Gillot garde bon espoir. D’abord, en raison des « volontés » qui se manifestent aux niveaux local, régional et national pour assurer la protection du patrimoine en même temps que le développement de l’oasis. « Cela m’a toujours agréablement surprise : on a des associations, des individus même, qui restaurent leurs habitations et qui le font dans l’idée de partager cela avec les autres, dans cet esprit qui a toujours été celui de Figuig. Il y a des personnes, des associations, pour porter des projets pour Figuig et son renouveau, non pas pour en faire une grande ville-centre commercial, mais un lieu culturel important dans le paysage marocain. On est très étonné de voir comment la diaspora est restée liée à Figuig et continue d’investir. Il y a quelque chose qui reste. Il y a en même temps beaucoup de changements, mais c’est cela aussi qui fait l’intérêt de Figuig : ce n’est pas une société figée. »

L’autre raison de garder espoir est la persistance, et ce malgré la dégradation de certains ksour, de ressources matérielles et immatérielles assez conséquentes pour que le patrimoine de Figuig ne disparaisse pas. « Avec un collègue, on a beaucoup travaillé sur les questions de résilience, et c’est vraiment cela : on observe à Figuig une réelle capacité d’adaptation au changement, de résistance aux facteurs de dégradation. Ça fait partie de l’histoire de ce patrimoine de Figuig finalement », indique la maître de conférence à l’Université Paris-Cité.

Elle conclut son propos en rappelant que « ce qui est important, ce n’est pas de conserver le patrimoine dans une enveloppe vide, mais de sauvegarder le patrimoine architectural, en tout cas un patrimoine qui puisse encore être habité, utilisé, peut-être à d’autres fins, par les habitants ».

S’adapter, se réinventer

Considérées de prime abord comme des environnements hostiles dans un milieu climatique extrêmement rude, les oasis sont surtout des structures socio-spatiales qui ne cessent de puiser dans leurs ressources pour s’adapter et intégrer les contraintes que leur impose le milieu extérieur. La ville-oasis, elle, a toutes les ressources pour se réinventer tout en gardant son identité architecturale et environnementale.

La ville et ses habitants, l’oasis et ses palmeraies, l’ensemble des ksour et leurs communautés, forment un lieu singulier qui abrite une mémoire collective, des ressources matérielles et immatérielles insoupçonnées et des savoir-faire ancestraux préservés bon gré, mal gré. Les différents conflits entre communautés au début du XIXe siècle, les assauts français à l’aube du protectorat un siècle plus tard, la crise économique dans les années 1970 ou, plus récemment, l’exode d’une partie de sa population ayant entraîné l’abandon et la dégradation de leurs habitations et jardins… n’ont pas réussi à en précipiter la chute.

Enclavée, isolée, démunie, Figuig a toujours été et est encore là, symbole d’une oasis qui défie le temps et ses vicissitudes.

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