Quand l’art devient un outil thérapeutique : focus sur une pratique méconnue
L’art peut être bénéfique pour la santé, tant physique que mentale. Il est même un excellent outil thérapeutique dans le cadre de ce que l’on appelle l’art-thérapie. Lumière sur cette pratique encore confidentielle.
Si la pratique de l’art remonte à des temps immémoriaux, son apport bénéfique pour la santé mentale et physique n’a été reconnu comme tel par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qu’en 2019. Le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe avait analysé, cette année-là, des éléments de preuve issus de plus de 900 publications du monde entier. Il en ressortait alors, selon l’organisation onusienne, "l’étude la plus complète de bases factuelles sur les arts et la santé".
Le pouvoir de l’art
"Faire entrer l’art dans la vie de quelqu’un par le biais d’activités telles que la danse, le chant ou la fréquentation de musées et de concerts nous donne une clé supplémentaire pour améliorer notre santé physique et mentale", avait déclaré, en 2019, le docteur Piroska Östlin, ex-directrice régionale de l’OMS pour l’Europe par intérim.
La pratique d’un art peut contribuer à gérer des problèmes de santé pénibles ou complexes comme le diabète, l’obésité ou la mauvaise santé mentale, faisait ressortir l’OMS dans son rapport de 2019. Ce dernier envisageait également la santé et le bien-être dans un contexte sociétal et communautaire plus large, proposant des solutions là où la pratique médicale habituelle n’avait pu apporter des réponses efficaces.
Le pouvoir de l’art ne se limite pas aux points relevés ci-dessus. L’activité artistique peut en effet constituer un excellent outil thérapeutique, dans le cadre de ce que l’on appelle l’art-thérapie.
L’art au cœur de la thérapie
Pratique assez peu connue, l’art-thérapie désigne le processus d’accompagnement psychologique d’une personne ou d’un groupe de personnes qui vivent des difficultés, psychiques ou physiques, par le biais de l’expression artistique. Le principe de base de cette pratique est le suivant : la qualité artistique d’une œuvre finalisée n’est pas la priorité.
Faisant appel aux capacités créatives des patients, elle leur permet de s’exprimer autrement que par la parole, nous explique Irina Belkina, art-thérapeute certifiée auprès du Répertoire national des certifications professionnelles (France).
"Les pensées et les affects issus de l’inconscient ne se manifestent pas directement par des mots. C’est là qu’intervient l’art-thérapie", poursuit Irina Belkina, qui souligne que la thérapie par l’art nécessite une prise en charge par un spécialiste, en l’occurrence un art-thérapeute.
"Pratiquer l’art soi-même sans l’intervention d’un professionnel est certainement bénéfique, mais ce n’est pas une thérapie en soi", précise Irina Belkina. Les personnes qui souhaitent se soigner par l’art doivent être accompagnées par un art-thérapeute, apte à maîtriser l’usage de l’art à des fins thérapeutiques.
Pourquoi opter pour cette pratique ?
Ce genre de thérapies peut reposer sur une seule activité artistique, comme il peut en associer plusieurs, explique Irina Belkina. Il s’agit généralement de :
- la peinture, le dessin ou le collage ;
- la photographie ;
- la sculpture, la poterie et le modelage ;
- la danse et les autres expressions corporelles ;
- la musique et le chant ;
- le théâtre, les mimes, masques et marionnettes ;
- l’écriture, la calligraphie et la littérature.
La thérapie par l'art peut s’effectuer aussi bien individuellement qu’en groupe, poursuit Irina Belkina, mettant l’accent sur l’importance d’étaler le traitement thérapeutique sur plusieurs séances. Les patients, qui peuvent parfois manifester une réticence au début de la thérapie, s’ouvrent progressivement au cours des séances, observe-t-elle.
L’art-thérapie a sa place dans la prise en charge des maladies psychiques et physiques (c’est notamment le cas des personnes en physiothérapie) et des maladies neurodégénératives. Elle est aussi souvent employée pour accompagner les enfants en proie à des difficultés scolaires.
Pour toutes ces raisons, cette pratique se veut donc particulièrement bénéfique. Irina Belkina apporte toutefois une nuance : il ne s’agit pas d’en généraliser les bienfaits puisqu’elle reste intimement liée aux attentes de chaque patient, qui diffèrent en fonction du vécu, des expériences et des besoins.
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