Le Maroc plaide pour une réponse multilatérale dans la lutte contre le terrorisme (Bourita)
Les travaux de la réunion ministérielle de la Coalition mondiale contre Daech se sont ouverts, ce mercredi 11 mai à Marrakech, avec la participation des représentants de plus de 80 pays et organisations internationales. Le Maroc y plaide pour une réponse multilatérale pour faire face aux menaces terroristes mondiales.
"En réponse aux menaces mondiales telles que le terrorisme, le Maroc a toujours plaidé en faveur du multilatéralisme, en particulier celui qui promeut la solidarité, l’appropriation et l’inclusion, par le partage de renseignements, le renforcement des capacités et la formation des chefs religieux", a souligné le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, à l’ouverture des travaux de la réunion ministérielle de la Coalition mondiale contre Daech, ce mercredi 11 mai à Marrakech.
Dans ce sens, il a souligné que la coprésidence marocaine de cette première réunion de la Coalition mondiale anti-Daech en Afrique "offre une plate-forme supplémentaire au Royaume pour partager les expériences tirées de sa stratégie globale et intégrée de lutte contre le terrorisme, élaborée sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI".
Rappelant que le Maroc marquera dans quelques jours la triste commémoration des attentats terroristes de Casablanca du 16 mai 2003, Nasser Bourita a souligné la mise en place d’une "stratégie efficace, multidimensionnelle et holistique de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, qui a permis au Maroc de démanteler plus de 210 cellules terroristes depuis 2002, entre autres réalisations".
Les meilleures pratiques mises en place par les services de sécurité marocains, ainsi que l’approche exceptionnelle adoptée par le Royaume dans le domaine de la déradicalisation, offrent également une expérience éprouvée pour notre engagement de longue date avec les pays africains frères confrontés à l’évolution de la menace terroriste, a-t-il ajouté.
Le séparatisme et le terrorisme, deux faces d’une même médaille
Le ministre des Affaires étrangères a par ailleurs souligné les liens pernicieux entre terrorisme et séparatisme, y voyant "les deux faces d’une même médaille".
"Une tendance inquiétante s’est développée sans susciter l’attention nécessaire : le lien entre terrorisme et séparatisme", a-t-il mis en garde.
"La collusion contre la souveraineté et la stabilité des Etats, outre la convergence des moyens financiers, tactiques et opérationnels, crée une alliance objective entre les groupes terroristes et séparatistes", a soutenu le ministre.
Cela a été confirmé par le nombre croissant d’individus passant des groupes séparatistes aux groupes terroristes et vice versa, a fait remarquer le ministre, précisant que "ceux qui financent, abritent, soutiennent et arment le séparatisme contribuent en fait à la propagation du terrorisme et compromettent davantage la paix et la sécurité régionales".
L’Afrique, principale cible de Daech
L’Afrique subit 41% de toutes les attaques de Daech par le monde, a indiqué le ministre des Affaires étrangères. "Daech détient l’infâme record de devenir le groupe terroriste le plus meurtrier du monde en 2021", a-t-il indiqué.
Par rapport à la période pré-pandémique, la violence a augmenté en Afrique de 40% à 60% en termes de décès et d’attaques.
En 2021, a-t-il relevé, l’Afrique subsaharienne a enregistré 48% des décès dus au terrorisme dans le monde, soit 3.461 victimes, ce qui porte le nombre de morts à 30.000 au cours des quinze dernières années.
Le ministre a en outre fait remarquer que le Sahel abritait les groupes terroristes qui se développent le plus rapidement et qui font le plus de victimes dans le monde. Cette région compte 35% des morts dus au terrorisme dans le monde en 2021, contre seulement 1% en 2007, a-t-il précisé.
Nasser Bourita a par ailleurs relevé que, au cours de la dernière décennie, l’impact économique du terrorisme a coûté au continent une perte totale de 171 milliards de dollars ; un montant qui aurait pu servir à promouvoir le développement économique et social de la région.
"Aujourd’hui, 27 entités terroristes basées en Afrique sont inscrites sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies", a-t-il poursuivi.
La menace terroriste en Afrique a désormais atteint les côtes de l’Atlantique et ses voies maritimes, a mis en garde Nasser Bourita, affirmant que des liens entre le terrorisme et la piraterie sont apparus dans le golfe de Guinée comme dans la Corne de l’Afrique, et que les groupes terroristes cherchent également à contrôler les ressources naturelles.
Cette première réunion de la Coalition mondiale contre Daech en Afrique se tient à l’invitation conjointe du ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et du chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken.
La réunion se penchera sur les défis imposés par le terrorisme sous toutes ses formes et le repositionnement de Daech en Afrique. Elle passera en revue les actions entreprises en termes d’efforts de stabilisation dans les zones précédemment impactées par Daech, dans le domaine de la communication stratégique contre la propagande de radicalisation de ce groupe terroriste et de ses affiliés, et dans la lutte contre les combattants terroristes étrangers.
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