Visite guidée du nouveau musée de l’Arganier à Taghazout Bay
Le musée de l’Arganier de Taghazout rend hommage à un arbre ancestral et à la femme rurale. Le muséologue et muséographe Ahmed Ghazali nous invite à visiter sa nouvelle création qu’il a imaginée comme un voyage initiatique, au sein d’un univers aussi riche que fragile.
"Jamais un sujet de recherche ne m’a autant ému. Je m’estime chanceux d’avoir conçu le musée de l'Arganier." C’est avec une émotion non dissimulée que le muséologue et muséographe, Ahmed Ghazali, nous a confié sa fierté d’avoir "livré un espace moderne, à la hauteur du patrimoine national de l'arganier".
Partie intégrante du centre Targant, situé sur les hauteurs de la station balnéaire de Taghazout Bay, le musée de l’Arganier a nécessité huit mois de préparation et dix mois de travaux. Son coût est estimé à 20 MDH par la Société d'aménagement et de promotion de la station de Taghazout (SAPST).
Ce musée interactif de 300 m2 recourt à des techniques modernes incluant l’hologramme, le show immersif et le vidéo hall. "Nous souhaitions offrir aux visiteurs une expérience inoubliable, attractive et forte en émotion", décrit Ahmed Ghazali.
Le créateur du musée de la Préhistoire de Casablanca a opté pour un scénario dont les rouages essentiels sont les habitants de l’arganeraie. L’écosystème de cet arbre ancestral, ses particularités et multiples usages, ainsi que les dangers qui le menacent, sont autant d'aspects décrits par Ahmad Ghazali à Médias24, lors d’une visité guidée.
Un show d’introduction immersif

A l’entrée du musée, un tableau résume le programme. Une fois le rideau tiré, le spectacle peut commencer. "Les visiteurs sont accueillis par un show immersif, dans l’univers de l’arganier à travers une scénographie de cet arbre si particulier."
"En plus d'une vidéo sur le mode méditatif, les multiples écrans collés aux murs affichent les dimensions essentielles de l’arganeraie : l'écologie, la cohabitation avec l’homme, la mémoire collective, les usages et la fragilité de l’arbre." Le tout dans une atmosphère visuelle aux couleurs vives et harmonieuses.
La biosphère de l'arganier

L'espace réservé à la biosphère permet de situer les territoires où l'arganier prospère, et ses multiples écosystèmes. "Une maquette et des tableaux illustrent les différences climatiques et morphologiques qui caractérisent l’arganier. Un arbre que l’on trouve aussi bien dans le littoral, que dans les montagnes, les plaines et le désert."
"Les particularités de chaque système écologique sont expliquées, via des écrans interactifs mis à la disposition des visiteurs, en vue de récolter des informations complètes sur la faune et la flore de la biosphère de l’arganier sans lesquelles des centaines d’espèces d'animaux et de plantes disparaîtraient."
Des photographies sensibilisent les visiteurs sur la fragilité de l’arganier et les dangers qui le menacent dont l’urbanisme, l’agriculture extensive et l’élevage abusif.
Caractéristiques et usages de l’arganier
Le musée de l’Arganier propose également des informations sous différents formats, comme en témoigne l’espace consacré aux composantes de l'arbre.
"Cet espace expose l'écorce, les fleurs, les racines, les épines et les fruits de l’arganier, conservés dans une résine qui les garde en l'état pendant une longue durée. Des vidéos didactiques présentent la morphologie de l’arbre qui est extrêmement variable. Il y a des arganiers massifs, d’autres en multiples troncs, certains qu’on appelle les pleureurs."
Quelques mètres plus loin, Ahmed Ghazali met en avant les multiples usages de l’arganier, développés à travers les siècles. "Notamment l’extraction de l’huile d’argan, mais aussi l’élevage, le cosmétique, la gastronomie moderne, l’apiculture et le tourisme."
Ces usages sont consultables dans un espace où l’hologramme tient le premier rôle. "Cette technique basée sur des points de lumière met en scène un arganier en miniature, et l’hologramme d’un apiculteur qui déambule près de l'arbre. Des animaux, dont des chèvres, apparaissent au fur et à mesure."
Le rôle des femmes

"Nous avons estimé qu’il était important de donner la parole à l’ensemble des personnes qui vivent de l’arganeraie. A travers un combiné de téléphone, les visiteurs ont la possibilité d’écouter les témoignages de ces gens qui parlent de leurs rêves et de leurs craintes."
Des émotions ambivalentes qui n’enlèvent rien au charme d’un musée, dont le créateur souhaite qu’il soit décliné dans chaque région où l'arganier est présent.
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