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ECONOMIE

Carburants. Comment ont évolué les marges des distributeurs en 2022

Une structure sommaire des prix à la pompe pratiqués, en début 2022, a été révélée par la ministre de la Transition énergétique et du développement durable. Ce qui donne un aperçu de l'évolution des marges des distributeurs dans un contexte de flambée inédite des cours internationaux. Analyse.

Carburants. Comment ont évolué les marges des distributeurs en 2022
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Le 17 avril 2022 à 16h57 | Modifié 18 avril 2022 à 11h24

Les fluctuations des prix des carburants à l'international et leur impact sur les prix sur le marché national continuent de faire couler de l'encre.

Alors que les prix partaient de record en record, dépassant le prix de 14 DH le litre, pour la première fois de l'histoire du Maroc, une petite détente a été enregistré le 15 avril. Les prix chez plusieurs distributeurs sont repassés sous la barre des 14 DH. En moyenne, une baisse d'une soixantaine de centimes.

Les prix pratiqués reflètent-ils fidèlement les cours internationaux ? Quels niveaux de marges appliquent les distributeurs dans un contexte de flambée mondiale des prix et d'absence de réaction gouvernementale ?

Pour la première fois depuis l'affaire des marges non éthique des pétroliers avec les soupçons d'entente et le transfert du dossier devant le conseil de la concurrence, une source officielle apporte des précisions sur la structure des prix des carburants.

Lors de son intervention au parlement le 13 avril dernier, la ministre de la Transition énergétique et du développement durable a détaillé les grandes masses de l'actuelle structure des prix pour l'essence et le diesel, dans deux graphes distincts illustrant l'évolution des marges entre le 03 janvier et le 28 mars 2022.

Détails sur la composante Marges et taxes des carburants

Sur l'essence, les données communiquées par la ministre font état de la hausse des prix d'achat de la molécule de 5,04 DH/l début janvier à 8,13 DH/l la deuxième quinzaine de mars, avant de baisser à 7,98 DH/l début avril.

Sur la même période, les prix à la pompe sont passés de 11,84 DH/l à 14,28 DH. L'écart entre le prix d'approvisionnement et le prix de vente constitue "les marges et les taxes", comme le précise la présentation de la ministre.

Cet écart est passé de 3,04 DH à 2,54 DH au litre.

Voici un tableau reconstitué sur la base des données du ministère récapitulant l'évolution des prix d'achat, de vente et le différentiel où est calculée, de façon sommaire, la marge sur l'essence.

A noter que la TIC représente 3,76 DH au litre sur la base d'une quotité fixe de 376,4 DH par hectolitre.

dateMoyennes cotations DH/lPrix moyen affiché à la pompeEcart global
(Marges+ taxes)
Marges distributeurs et détaillants, +TVA
du 03/01 au 10/015,0411,846,83,04
du 10/01 au 17/015,0411,846,83,04
du 17/01 au 24/015,4811,996,512,75
du 24/01 au 31/025,8112,266,452,69
du 07/02 au 14/025,8112,596,783,02
du 14/02 au 21/026,3312,616,292,53
du 21/02 au 28/026,6212,6262,24
du 28/02 au 07/036,6212,686,062,3
du 07/03 au 14/036,6213,066,442,68
du 14/03 au 21/038,1314,266,132,37
du 21/03 au 28/037,9814,286,32,54

Sur le diesel, des marges plus serrées

Sur le diesel, le graphique présenté par la ministre montre qu'entre début janvier et fin mars, la moyenne de la cotation de la molécule (prix d'achat à l'international) est passée de 5 DH/litre à 9,49 DH/l.

Sur cette même période, les prix à la pompe sont passés de 9,9 DH/l à 14,39 DH/l. Comme pour l'essence, la différence entre le prix d'approvisionnement et le prix de vente constitue "les marges et les taxes".

Ainsi début janvier, cet écart était de 4,83 DH/l. Vers février, il a baissé à 4,45 DH/l et le 28 mars, il était de 4,9 DH/l.

La Taxe intérieure sur la consommation, représente à elle seule, 2,42DH/l. La TIC sur le gasoil est une quotité fixe de 242,20 DH par hectolitre. 

Comme pour l'essence, voici un tableau reconstitué récapitulant l'évolution des prix d'achat, de vente et le différentiel où est calculé de façon sommaire la marge sur le diesel :

dateMoyenne cotations DH/lPrix moyen affiché à la pompeEcart global
(Marges+ taxes)
Marges distributeurs et détaillants, +TVA
du 03/01 au 10/015,079,904,832,41
du 10/01 au 17/015,079,904,832,41
du 17/01 au 24/015,5110,054,542,12
du 31/01 au 07/026,0110,904,892,47
du 07/02 au 14/026,0110,904,892,47
du 14/02 au 21/026,4610,914,452,03
du 21/02 au 28/026,6910,934,241,82
du 28/02 au 07/036,6910,994,31,88
du 07/03 au 14/039,2311,282,05-0,37
du 14/03 au 21/039,2312,012,780,36
du 21/03 au 28/039,4914,394,92,48

Les pétroliers ont-ils vendu à perte ?

Selon les données du ministère, entre le 14 et le 21 mars, l'écart entre le prix d'approvisionnement et le prix à la pompe s'est fortement rétrécie pour atteindre 2,06 DH/l. Ce qui ne couvrait même pas la TIC de 2,42 DH/l. 

On peut déduire que pendant quelques jours, la marge des pétroliers a été négative. Cela confirme des éléments publiés par Médias24 selon des sources de marché.

Le 28 mars dernier, une source nous expliquait que "la moyenne du prix de revient d'un litre est passée de 10,50 DH la quinzaine précédente à 13 DH cette quinzaine". A ce moment là, les prix à la pompe étaient légèrement en dessous de 13 DH.

Carburants. Comment ont évolué les marges des distributeurs en 2022
Relevé des prix à la pompe le 28 mars sur la route d'El Jadida à Casablanca. (Médias24)

Notre source nous expliquait que les professionnels, "en affichant 13 DH à la pompe, ne font pas de marge". "Pour avoir une marge de 1.000 DH ou 1.500 DH la tonne, soit 1 DH ou 1,50 DH de marge au litre, il faudrait que le prix à la pompe soit à 14 ou à 14,50 DH", poursuivait notre source.

Cette source avait évoqué "des ventes à perte," affirmation que Médias24 n'a pas souhaité reprendre dans les mêmes termes sans pouvoir les vérifier.

Avec les récentes données communiquées par le ministère, il semble donc que, pendant quelques jours, les distributeurs ou certains d'entre eux, ont effectivement vendu à perte avant de redresser la barre deux ou trois jours plus tard en affichant des prix dépassant les 14 DH/l.

Nous ne pouvons pas généraliser, car si la le prix de vente est connu et que la TIC est fixe, le prix réel d'approvisionnement et le coût de revient final peut varier d'un opérateur à un autre, en fonction de sa gestion de stock et de sa politique d'approvisionnement,... (la prédominance des Contrats ou d'achat spot, approvisionnement local,...)

Dans l'ensemble, la moyenne des chiffres marché font état d'une vente à perte pendant quelques jours.

La vente à perte, dans ce cas de figure, est plutôt la résultante d'une perturbation du marché imposant des hausses successives de prix dans un secteur sensible et où le faiseur du marché Afriquia est une entreprise faisant partie du groupe appartenant au Chef du gouvernement Aziz Akhannouch.

Quoi qu'il en soit, le Conseil de la concurrence s'est auto-saisi de cette question des hausses des prix à l'international et leur impact sur les marchés nationaux. Il va enquêter sur 13 produits dont le gasoil et l'essence. Dossier à suivre...

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Le 17 avril 2022 à 16h57

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