Le casse-tête de l’intégration des étudiants marocains en médecine d’Ukraine

La Coordination des étudiants marocains d’Ukraine demande la réintégration des étudiants en médecine dans les facultés nationales. Une option envisagée par le gouvernement, mais qui peine à faire l’unanimité.

Le casse-tête de l’intégration des étudiants marocains en médecine d’Ukraine

Le 18 mars 2022 à 12h20

Modifié 18 mars 2022 à 16h52

La Coordination des étudiants marocains d’Ukraine demande la réintégration des étudiants en médecine dans les facultés nationales. Une option envisagée par le gouvernement, mais qui peine à faire l’unanimité.

Selon la plateforme mise en place par le ministère de l’Enseignement supérieur, près de 3.700 Marocains étudiaient la médecine, la médecine dentaire et la pharmacie en Ukraine. Ils espèrent intégrer les facultés nationales pour y poursuivre leur cursus.

"Les circonstances nous ont imposé de quitter l’Ukraine. Il nous est inconcevable de devoir tout reprendre à zéro", confie un représentant de la Coordination des étudiants marocains d’Ukraine à Médias24. Et d’ajouter : "Dans l’idéal, on souhaiterait que notre niveau et nos compétences soient jugés à travers les examens de médecine."

Sur les réseaux sociaux, des voix se sont élevées dans les rangs des étudiants marocains en médecine contre la réintégration de ceux venus d’Ukraine. En cause, la faible qualité présumée de la formation dans les facultés de médecine ukrainiennes, et des conditions d’admission peu exigeantes.

"Nous sommes contre leur réintégration dans les facultés marocaines", proclame Mohamed Kacimi Alaoui, coordinateur de la Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie.

"Nous sommes tous marocains. Nous ne leur voulons que du bien. Mais force est de constater que le principe d’équité des chances sera bafoué. Comme vous le savez, l’accès aux facultés de médecine au Maroc est très régulé et restreint, compte tenu de la nature de la profession."

Et de poursuivre : "Plus important encore, la situation actuelle en termes de parterres de stages est critique. Leur nombre est insuffisant et, avec la réintégration des étudiants venus d’Ukraine, cela risque d’empirer. Même chose pour le ratio professeur/étudiant, qui est loin des normes internationales."

Ces étudiants stigmatisés sont pourtant "en majorité inscrits dans des universités publiques, dispensant des formations de qualité", déplore un représentant de la Coordination des étudiants marocains d’Ukraine. Il rappelle au passage que la durée du cursus de médecine en Ukraine est la même qu’en Allemagne ou en France.

Dans les facultés publiques que compte l’Ukraine (Odessa, Kharkiv, Dnipropetrovsk...), le nombre d’années d’études nécessaires pour obtenir un diplôme de médecine générale est effectivement de six ans, à l’instar de plusieurs pays européens.

Des prérequis à évaluer

Outre les lacunes en langue française de certains étudiants en médecine rentrés d’Ukraine, soulevées par un représentant de la Coordination, la vice-doyenne d’une faculté de médecine souligne que "le problème qui risque de se poser est lié au cursus. Nous sommes dans l’obligation d’étudier les dossiers au cas par cas avant de décider à quel niveau ces étudiants peuvent être intégrés".

Notre source réfute "toute volonté de discréditer ou de pénaliser ces étudiants". Elle précise que "si on ne les intègre pas au niveau adéquat, ils auront des difficultés à suivre les cours en l’absence de prérequis. Ce sont des médecins que nous formons ; il ne peut y avoir d’approximation".

Une source autorisée du ministère de l’Enseignement supérieur indique à Médias24 qu’un arbitrage est attendu, le lundi 21 mars, entre les deux options envisagées par le gouvernement : intégrer ces étudiants dans les facultés marocaines ou dans celles des pays limitrophes de l’Ukraine.

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