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Education : le dialogue de sourds avec les enseignants des AREF

Malgré la main tendue du ministère pour coconstruire un statut unifié de l’enseignant, les cadres des académies régionales ont annoncé le boycott du dialogue social et la poursuite du mouvement de grève. Une politique de la terre brûlée, dont les premières victimes sont les élèves des écoles publiques. Round up.

Education : le dialogue de sourds avec les enseignants des AREF

Le 15 mars 2022 à 20h10

Modifié 15 mars 2022 à 21h02

Malgré la main tendue du ministère pour coconstruire un statut unifié de l’enseignant, les cadres des académies régionales ont annoncé le boycott du dialogue social et la poursuite du mouvement de grève. Une politique de la terre brûlée, dont les premières victimes sont les élèves des écoles publiques. Round up.

« Sur les trente semaines de l’année scolaire, nous avons déjà perdu huit semaines en temps de scolarité, à cause des grèves répétitives des enseignants contractuels. Je ne comprends pas comment on pourra finir l’année, rattraper ces 47 jours perdus pour nos enfants ». Président de la Fédération nationale des parents d’élèves (FNAPEM), Noureddine Akkouri déplore ce bras de fer entre les cadres des académies et le ministère de l’Éducation, dont la première victime est « l’élève marocain des classes populaires ».

Comme lui, beaucoup de parents d’élèves se disent dans l’incompréhension totale et voient l’avenir de leurs enfants menacé. « Ces deux dernières années du Covid, nous n’avons atteint que 70% des apprentissages. Cette année, l’année scolaire n’a démarré qu’en octobre et devrait s’achever en juillet. Rien que sur le premier semestre, on a perdu 47 jours en temps d’apprentissage, et les grèves vont encore se poursuivre au cours du deuxième semestre. On se dirige clairement vers une année blanche. Et avec ce cumul, nous sommes en train de sacrifier toute une génération… », s’alarme le président de la FNAPEM.

Sa fédération a lancé, le 8 mars, un appel au ministre de l’Éducation nationale et au chef du gouvernement pour trouver une solution urgente à ce problème. Elle a également interpellé les enseignants contractuels, les appelant à revoir leurs positions et à prendre en compte l’intérêt national.

Les élèves pris en otage…

« Nos enfants sont aujourd’hui pris en otage par les enseignants contractuels. A chaque fois qu’ils veulent mettre la pression sur le ministère, ils utilisent les élèves comme otages », souligne le président de la FNAPEM. Il se dit lassé, comme les milliers de parents dont il est le porte-parole, de cette situation qu’il croyait pourtant pouvoir régler.

« On a eu de l’espoir en voyant le nouveau ministre de l’Education ouvrir, dès sa nomination, un dialogue social avec les syndicats et les représentants des enseignants contractuels. Mais nous ne comprenons pas pourquoi les grèves se poursuivent. Si les syndicats qui disent défendre et parler au nom de cette catégorie d’enseignants n’arrivent pas à maîtriser la situation, pourquoi donc tenir ce dialogue social ? », s’interroge-t-il.

En plus des inquiétudes légitimes des parents d’élèves sur l’apprentissage de leurs enfants, ils estiment que cette situation creuse davantage l’inégalité des chances entre les enfants des Marocains ; entre ceux qui ont une éducation ‘normale’, et ceux qui sont victimes de ces grèves dans le public.

« Dans quelques mois, le ministère va organiser les examens nationaux et régionaux, comme le baccalauréat par exemple. Sur quelle base seront fixés ces examens, sur les apprentissages acquis par ceux qui ont une situation normale, ou sur les élèves qui finiront fort probablement l’année avec la moitié des apprentissages programmés ? Cela va créer une grande inégalité entre élèves… Ce que nous n’accepterons pas. Je ne vois d’autre issue à cette situation que l’année blanche, le temps de régler ce problème… », estime Noureddine Akkouri.

« Les gens sont préoccupés par la cherté de la vie, la crise économique et le pouvoir d’achat, mais ne savent pas que le vrai danger pour notre pays, c’est ce problème des grèves des enseignants », nous dit-il non sans inquiétude.

Les contractuels bottent en touche

Bien qu’ils entendent ce discours, les enseignants contractuels affirment ne pas être responsables de la situation actuelle. « Si les élèves sont privés de temps scolaire, ce n’est pas notre faute, c’est à cause de cet Etat qui refuse de donner une réponse favorable à notre dossier revendicatif », nous confie Rabii El Garia, porte-parole de la Coordination des enseignants contractuels.

Et la principale revendication que porte la coordination actuellement, et sur laquelle elle ne veut faire aucune concession, c’est l’intégration immédiate dans la fonction publique.

« Nous ne demandons rien d’autre que l’intégration de tous les enseignants des académies dans la fonction publique. On ne parle pas seulement  des enseignants qui opèrent actuellement, mais de ceux à venir également. On ne peut pas accepter d’avoir deux statuts pour l’enseignant, et de continuer de recruter les enseignants par les académies. L’objectif de cette politique est clair, c’est de tuer l’école publique. C’est le cœur de notre combat. Et nous continuerons la lutte tant que ce dossier n’est pas réglé », précise Rabii El Garia.

Quant au statut unique proposé par le ministère de l’Éducation, la coordination refuse même d’en parler.

« C’est une technique de fuite en avant. Nous ne participerons à aucune négociation sur ce prétendu statut unique qui vise avant tout à tuer l’école publique, à la privatiser, à priver les enfants des Marocains du droit à une éducation publique de qualité. La preuve est le discours tenu par le ministre qui parle un langage d’entreprise, avec des termes qui n’ont rien à voir avec l’univers de l’éducation, comme la performance, le rendement, les résultats… », ajoute-t-il. Il nous apprend que la coordination a décidé de se retirer du dialogue social ouvert par le ministre de l’Éducation, Chakib Benmoussa, dès les premiers jours de sa nomination.

Malgré cette rupture annoncée, une source de haut niveau au ministère nous indique que la porte est toujours ouverte au dialogue. Et que ce problème ne sera résolu que par un dialogue constructif autour du statut unique qui sortira d’ici juillet.

« Notre approche dans la réforme de l’éducation est centrée sur l’amélioration de l’apprentissage des élèves, car c’est cela le gros problème de notre système. La preuve par les résultats 2019 de l’enquête PNEA qui sont catastrophiques : 33% des élèves à la fin de la 6e année du primaire ne maîtrisent pas les apprentissages de base. Et quand on va à la fin du collège, on n’a plus que 10%. Et nous avons pour cela, dès les premiers jours de la nomination du nouveau ministre, entamé le dialogue avec les parents d’élèves, les syndicats et les enseignants des académies pour coconstruire une solution à tous les problèmes posés. On ne peut pas imaginer une amélioration de la situation sans la mobilisation des enseignants, leur engagement, leur implication, leur motivation, leur valorisation… Et ce statut unique vient répondre à l’ensemble des problématiques qui se posent pour les différentes catégories de la famille de l’éducation, y compris les enseignants contractuels », nous explique notre source.

Lire aussi : Enquête PNEA : les chiffres choc du niveau inquiétant de l’enseignement public

Le ministère a ainsi fait acte de bonne foi en les invitant au dialogue, après avoir répondu favorablement à plusieurs de leurs revendications, comme nous le rappelle Mohamed Aouaj, directeur de l’AREF Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Les élèves poussés à sortir dans la rue…

« Les enseignants des académies ont été recrutés sur la base d’un contrat. Après leurs premières protestations, ils ont été intégrés dans la fonction publique. Une fonction publique qui est certes régionalisée, mais ils sont fonctionnaires puisqu’ils ont un numéro de somme et sont payés par l’Etat. Ils voulaient une intégration à la CMR. C’était fait en juillet 2021. Ils demandaient aussi la possibilité d’une mobilité inter-régionale, ils l’ont obtenue cette année, et beaucoup d’entre eux ont participé au mouvement de mobilité de cette rentrée scolaire. Le ministère a ouvert le dialogue avec eux sur la question qui reste en suspens, qui est l’intégration à la fonction publique, un faux problème en soi. Le ministre a proposé une approche globale qui touche toutes les catégories à la fois, en proposant à toutes les parties prenantes de travailler sur un statut unique de l’enseignant. Mais malgré cela, ils ont décidé de boycotter le dialogue social et de poursuivre le mouvement de grève. C’est totalement irresponsable », estime Mohamed Aouaj.

Comptant derrière lui une carrière de plus de trente-quatre ans en tant qu’enseignant, l’actuel directeur de l’AREF Tanger-Tétouan-Al Hoceima nous confie qu’il n’a jamais vu un tel « chantage » dans l’histoire du pays. « Un chantage qui se fait au détriment des élèves et de l’intérêt général du pays. »

« A titre indicatif, nous comptons aujourd’hui 50.146 jours/hommes d’absences dues directement aux grèves depuis la rentrée scolaire, et uniquement sur la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. On est la cinquième région du pays en termes de taille, vous pouvez donc deviner le gâchis au niveau national. C’est un massacre… Et c’est irrécupérable, même si on fait du soutien ou de l’appui scolaire aux élèves. Le soutien ne remplace pas le temps scolaire. Et ce sont les enfants du peuple qui en souffrent. Ceux qui ont les moyens ou des parents éduqués peuvent s’en sortir grâce à des cours de soutien… », déplore Mohamed Aouaj.

« Le fait de protester dans la rue pour améliorer sa situation est légitime, c’est un droit garanti par la Constitution et la loi. Mais le problème, c’est de prendre en otage les élèves en développant un discours victimaire et complotiste. Le ministre les a reçus deux fois, sans complexe et sans tabou, mais ils ont décidé de se retirer du dialogue en utilisant des arguments complotistes. M. Benmoussa continue pourtant de dire que la porte du dialogue est toujours ouverte. Mais ils ne veulent rien savoir. Le pire, c’est qu’ils instrumentalisent aujourd’hui les élèves de manière indirecte pour les pousser à sortir dans la rue, à protester. Cette approche est irresponsable et ce discours victimaire et complotiste qui véhicule l’idée que l’État veut privatiser l’école est totalement surréaliste. L’État veut le dialogue. Le droit à la protestation est garanti. Maintenant que les portes sont ouvertes, le plus sage serait de se battre dans le dialogue. Mais en ouvrant la voie à l’anarchie, on n’arrivera à rien », estime Mohamed Aouaj, qui nous parle « le cœur brisé par tout ce gâchis », comme il nous le confie.

Cette instrumentalisation des élèves pour les pousser à des actes de protestation, le président de la Fédération marocaine des parents d’élèves nous la confirme. « Nous avons remarqué en effet des appels aux élèves pour sortir protester. La Coordination des enseignants contractuels le fait de manière indirecte, en fabriquant des communiqués et des appels qui parlent au nom des élèves. Nous sommes conscients de cela, et nous sensibilisons les familles pour ne pas laisser leurs enfants victimes d’une instrumentalisation purement politique. »

Rabii El Garai, porte-parole de la Coordination des enseignants contractuels, réfute en bloc ces accusations, sans nier que les élèves s’organisent en mouvement pour protester à leur tour dans la rue.

« Le mouvement estudiantin est plus vieux que nous. Et nous n’avons aucune relation avec lui. En revanche, on le soutient dans ses revendications, car l’élève d’aujourd’hui sera le prof’ de demain. S’il ne milite pas aujourd’hui pour ses droits, quand est-ce qu’il le fera ? Nous avons enseigné des bacheliers en 2017 qui sont devenus aujourd’hui prof’, et qui sont victimes de ce statut de contractuels. Les élèves ont le droit de se défendre, de militer pour leur avenir… », déclare Rabii El Garia.

Retraite, mobilité, statut unifié… rien ne satisfait les contractuels

Le porte-parole de la coordination, qui vient de décréter trois jours de grève du 16 au 20 mars, avec des actions de protestation un peu partout au Maroc, va encore plus loin, balayant d’un revers de la main tous les acquis réalisés jusque-là par son mouvement.

L’intégration à la CMR ? « Ce n’est pas un cadeau pour la beauté de nos yeux. La CMR est en faillite, et l’État avait besoin de nos cotisations pour sauver cette caisse. Nous sommes aujourd’hui plus de 100.000, et notre nombre compte », rétorque-t-il.

L’ouverture du droit à la mobilité interrégionale ? Là aussi, les enseignants contractuels sont insatisfaits. « C’est de la poudre aux yeux. C’est une mobilité conditionnée par le mariage, et il faut que votre conjoint ait un travail à l’endroit où tu veux partir pour que ton dossier soit accepté. Ce qui n’est pas le cas pour les fonctionnaires de l’éducation publique. »

Le dialogue ouvert avec le ministère ? « On ne croit pas à ce dialogue. Comment peut-on dialoguer avec quelqu’un qui dit vouloir nous trouver des solutions et nous met en prison en même temps ? Quarante-cinq de nos collègues ont été condamnés à un total de sept ans de prison ferme, de deux à trois mois de prison pour chacun d’entre eux, avec des amendes de plus de 700.000 dirhams. Comment puis-je dialoguer avec mon agresseur ? Comment puis-je croire en sa bonne foi ? », tonne le porte-parole de la coordination.

Le statut unifié comme solution globale ? « C’est une façon de privatiser l’école publique, comme l’imposent les institutions financières internationales à l’État. Tout ce qui importe à l’État, c’est de réduire la masse salariale que ces institutions mondiales pointent du doigt dans leurs rapports. La preuve, nos salaires sont tirés actuellement du budget des matériaux et des fournitures. Voilà la case où l’on met aujourd’hui l’enseignant : matériel et fourniture… », peste-t-il, convaincu d’un agenda néolibéral caché au plus haut niveau, qui vise à « saper l’école publique », et à « la privatiser ».

Le statut unifié sera prêt en juillet, selon une source au ministère

Notre source au ministère de l’Éducation nationale se dit surprise par ce discours, nous détaillant toutes les actions entreprises pour pouvoir répondre aux nombreuses revendications du corps enseignant, et parmi elles celles des cadres des académies.

« Nous avons ouvert un chantier important qui est le statut unique des enseignants. Car nous sommes convaincus que si on ne revoit pas le statut dans son ensemble, pour l’harmoniser, pour créer de la fluidité dans l’évolution de carrière, valoriser aussi les enseignants qui fournissent des efforts, on va rester dans un cercle vicieux où l’on va régler quelques problèmes, quand d’autres apparaîtront, sans qu’on ne puisse jamais voir le bout du tunnel. Et l’idée est de dire qu’à travers ce statut unifié, nous allons régler les problèmes de toutes les catégories de la famille de l’éducation », explique notre source du ministère.

Et pour faire preuve de sa bonne foi et de la volonté d’impliquer tout le monde dans cette réforme, le ministère, nous relate notre source, a clairement expliqué aux syndicats, ainsi qu’aux représentants des contractuels, que le département de l’Éducation ne disposait pas d’un projet prêt, prédéfini. Mais qu’il voulait coconstruire ce statut avec les enseignants.

« Nous avons tenu une première réunion avec les syndicats avec un objectif clair, c’est de sortir ce statut d’ici juillet, c’est dans quelques mois, on ne parle pas d’années… Nous avons commencé par définir la méthodologie de travail, l’idée étant que nous ne venons pas avec un projet tout fait, mais nous le coconstruisons. On prend des thèmes et on travaille sur chaque thème pour voir les points de convergence, les points de vigilance pour construire ce nouveau statut. Et nous avons annoncé que ce sera un statut unifié, qui s’appliquera à l’ensemble. Dans ce cadre, nous avons aussi invité les cadres d’académie qui se disent contractuels, alors qu’ils ne le sont pas. La preuve, c’est que les académies ou le ministère n’ont jamais mis fin à un seul contrat. Si on les considérait comme des contractuels, on aurait pu en tant qu’employeur, et de manière unilatérale, rompre un contrat. Ce qui n’a jamais été le cas jusque-là. »

« Il y a eu donc une réunion de la commission technique où étaient présents les syndicats les plus représentatifs avec les cadres contractuels. La question qui était posée était de dire qu’il ne doit pas y avoir de préconditions pour ouvrir le dialogue. Et pour travailler sur le nouveau statut, on doit se mettre autour de la table pour intégrer toutes leurs attentes. Et nous leur avons dit que s’il y a des sujets qu’ils considèrent comme urgents et qui ne peuvent pas attendre quelques mois, on peut les discuter pour les régler. C’est cela le cadre de travail que nous avons mis en place », nous confie notre source au ministère.

La suite ?

« Ils ont assisté à la première réunion. Ils ont dit qu’ils devaient consulter leurs bases. Après un mois et demi, ils sont revenus pour une deuxième réunion. On leur a expliqué le cadre de travail et on attendait d’ouvrir les discussions autour du statut unifié. Après cette réunion, ils ont tenu leur conseil national et ont publié un communiqué pour annoncer qu’ils refusaient le dialogue et qu’ils poursuivaient la grève », ajoute notre source, qui considère que ce communiqué n’a rien à voir avec le sujet de l’éducation.

Le ministère garde la porte ouverte au dialogue

« C’est un manifeste politique contre le libéralisme, la privatisation de l’éducation… Ce qui est surprenant, car depuis que le nouveau ministre est en poste, notre seule préoccupation est de défendre l’école publique et la qualité de l’éducation publique. Aujourd’hui, on sait que beaucoup de Marocains mettent leurs enfants dans le privé, y compris des enseignants. Ce qui est une charge matérielle assez lourde pour les familles. Si nous améliorons la qualité de l’école publique, ce sera le meilleur moyen de rééquilibrer entre privé et public. C’est cela notre feuille de route et notre objectif. Nous sommes en train d’élargir le champ du public, à travers le préscolaire qui sera généralisé à tous les enfants. On s’appuie sur des fondations certes, des associations, mais qui est le donneur d’ordre ?  Qui paie ? C’est l’État. On a choisi ce modèle parce qu’il y a des spécificités locales à prendre en compte, et c’est une forme de gestion plus adaptée à ce type d’enseignement. Mais l’État reste le donneur d’ordre, le responsable, le garant de la qualité de l’éducation dans le préscolaire. Sur le reste, tout notre travail vise à améliorer et à développer les choses… Et non le contraire », insiste notre source au sein du ministère.

Quant au style de management, à la logique de la performance et du résultat que le ministère veut mettre en place, notre source nous répond simplement que « si ces enseignants considèrent que le public ne doit pas s’intéresser au résultat, là on a une divergence de fond ».

« Le ministère de l’Éducation, comme tout autre ministère, a des ressources et cherche des résultats. Et le résultat que nous recherchons, c’est l’amélioration des apprentissages de nos enfants. Les moyens que l’Etat met dans le secteur sont prélevés à d’autres domaines. Si l’éducation ne joue pas son rôle pour donner aux enfants la chance pour qu’ils puissent s’élever dans l’ascenseur social, si l’impact de notre action n’apparaît pas sur les résultats, c’est que nous avons échoué. Et nous sommes évalués là-dessus. » D’après notre source, les discussions avec les syndicats ne sont même pas arrivées au stade où l’on parle de résultat.

« Quand on dit résultat, même si ce sujet n’est pas encore sur la table, ce n’est pas pour sanctionner, c’est pour accompagner. Si on n’arrive pas aux résultats espérés, on doit avec les acteurs du secteur faire le bilan, mettre en place les mesures correctives. Ça permet de piloter la réforme. Si vous n’analysez pas vos résultats, vous ne créez pas les conditions pour mobiliser l’ensemble des acteurs. L’éducation, l’amélioration des apprentissages dans l’école publique est un sujet de société. Et ce sujet de société ne doit pas être l’otage d’une partie des acteurs. C’est un sujet qui doit mobiliser tout le monde. Et le point de convergence de ces acteurs, c’est le résultat. C’est la seule finalité. Et c’est l’esprit dans lequel nous nous inscrivons », détaille notre source, qui malgré le boycott déclaré de la Coordination des contractuels nous dit que la porte du dialogue reste toujours ouverte.

« Nous considérons que ces réformes ne peuvent se faire qu’avec les enseignants, et qu’elles doivent impliquer également les cadres des académies, parce qu’on a besoin d’eux. Ils représentent maintenant le tiers du corps enseignant (près de 120.000 prof’). Et nous sommes convaincus que la solution ne peut être que collective. Notre volonté est de laisser la porte ouverte pour rester dans une perspective positive. Et ce statut unifié devrait aider à régler cette situation duale, multiple où l’on a plusieurs statuts », estime notre source.

« L’année blanche est totalement exclue »

Face aux blocages récurrents qui nuisent au bon déroulement de l’année scolaire, notre source au ministère tient à rassurer les parents d’élèves, en excluant d’abord le scénario d’une année blanche. Même s’il est conscient que ces grèves à répétition, qui viennent s’ajouter à la pandémie du Covid, posent un problème au niveau de la qualité de l’apprentissage.

« On est attentif au fait qu’il faut que ce dialogue social se poursuive et aboutisse. C’est la première condition qui permet de bâtir une relation de confiance, une relation améliorée avec les enseignants. Nous sommes aussi conscients qu’il faut de l’appui scolaire pour remédier au temps perdu. C’est un sujet sur lequel nous travaillons pour essayer de trouver des réponses adéquates. L’appui scolaire permet de rattraper le temps, d’aider des enfants en difficulté, et il évite que les retards ne s’accumulent pour devenir un handicap pour l’avenir de l’élève. Mais l’appui ne remplace pas le fonctionnement de base de la classe. Nous avons la chance que beaucoup d’enseignants restent conscients de leur responsabilité. Et restent mobilisés dans leurs classes. On a des enseignants qui effectuent un travail remarquable dans des conditions souvent difficiles. En travaillant sur des actions de remédiation, d’appui, ainsi que sur ce statut unifié tout en gardant le dialogue social ouvert, nous allons pouvoir surmonter toutes ces difficultés », conclut notre source au ministère de l’Éducation.

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