Service Express Maroc, une start-up de livraison qui accélère à l’ère du Covid
Depuis le début de la crise sanitaire, le secteur de la livraison a le vent en poupe. Service Express Maroc, qui propose des services de livraison destinés aux professionnels et aux plateformes de e-commerce, a connu un grand bond depuis le confinement.
La crise sanitaire et le confinement ont fait prospérer le marché de la livraison. Ahmed Mouda est l’un des entrepreneurs du secteur. Le trentenaire, qui s’est lancé à son compte en 2015 à Casablanca, seul avec une moto financée par un prêt familial, est aujourd’hui à la tête d’une équipe de 25 personnes réparties entre Casablanca, Tanger, Marrakech et Agadir, et dispose d’une flotte de plus de 200 livreurs qui sillonnent les grandes villes marocaines.
Ce concept, il l’a baptisé "Service Express Maroc" (SEM), un service de livraison optimisé pour les professionnels qui revendique plus de 2.000 e-commerçants et plateformes de e-commerce.
« Notre service fourni aux e-commerçants le ramassage de colis et leur livraison directement aux clients finaux. Cela représente 95% de notre chiffre d’affaires, avec plus de 600.000 livraisons réalisées chaque année. Nos revenus proviennent de commissions ponctionnées sur les paniers e-commerce, sur la base d’un panier moyen de 35 dirhams », affirme le fondateur de la start-up dans un échange avec Medias24. Il met en avant sa stratégie de gestion de retour de fonds, qui constitue, selon lui, l’un des points forts de SEM. Il explique : « Nous procédons au contre-remboursement deux fois par semaine, c’est-à-dire dans un délai ne dépassant pas 48 heures. »
Quant aux livraisons des secteurs hors e-commerce, elles se basent sur la facturation de prestations et concernent par exemple le ramassage et la livraison de factures, chèques, documents, gadgets et cadeaux.
Le Covid-19, une aubaine pour le secteur de livraison
Lorsqu’il a créé son entreprise, Ahmed Mouda décrochait des bons de commande selon la très classique approche : le bouche-à-oreille et le porte-à-porte pour démarcher les entreprises intéressées par de petites courses.
Fin 2015, il développe un système d’information pour automatiser les process, ce qui a permis à la jeune pousse de « rendre la plateforme plus conforme aux exigences du terrain », nous dit-il. L’entreprise prenant son envol, il s’installe dans un local de 50 m² à Casablanca et loue un dépôt pour le ramassage et le triage.
Son chiffre d’affaires affiche une croissance dépassant 130% en 2019, une croissance à laquelle il a fallu s’adapter en augmentant les capacités marketing et logistique. Il s’installe dans un bureau de 120 m² et acquiert un dépôt de 280 m². « Dans mes prévisions, 2020 est l’année du décollage », se souvient le fondateur.
Survient alors la crise sanitaire et l’obligation du confinement. Les doutes s’installent. Mais le contexte a joué en faveur du secteur de la livraison et provoqué des opportunités inattendues : un énorme besoin de livraison émerge, le comportement du consommateur change et les demandes de livraison affluent.
« Je devais encore une fois adapter mes capacités, mais cette fois en termes de ressources humaines. Je me suis alors lancé dans les grandes villes pour répondre à un besoin de plus en plus manifeste », raconte-t-il. L’activité ne cesse de se développer, il recrute des commerciaux en juin 2020. Fin 2020, la start-up enregistre une croissance de 40% pour atteindre un chiffre d’affaires de 6 millions de dirhams. Une tendance ascendante qui se poursuit, pour atteindre 10 millions de dirhams en 2021.
Aujourd’hui, Ahmed Mouda vise la région MENA. « Des discussions sont en cours avec des investisseurs potentiels pour opérer une levée de fonds et accompagner le déploiement de Service Express Maroc dans les grandes villes d’Afrique et du Moyen-Orient », nous confie-t-il.
Pour 2022, Service Express Maroc table sur la livraison de un million de colis et vise l’installation d’un grand centre de tri 100% automatisé, le renforcement des équipes, la mobilisation des véhicules à faibles émissions et le développement d’une nouvelle version de l’application mobile baptisée MyColis, à travers, notamment, l’intégration de l’intelligence artificielle.
à lire aussi
Article : Prix des carburants : une transmission des cours mondiaux partielle pour le gasoil et supérieure pour l’essence (Conseil de la concurrence)
Le Conseil de la concurrence a publié une nouvelle note analysant l'évolution des prix du gasoil et de l'essence au Maroc entre le 16 mars et le 1ᵉʳ avril 2026. Dans un contexte de forte volatilité des cours internationaux, l'institution examine le degré de corrélation entre les cotations de référence et les prix pratiqués à la pompe par les opérateurs nationaux. Voici ce qu'il en ressort.
Article : Sahara. Six mois après la résolution 2797, bilan pour Mistura et revue stratégique de la Minurso
Au-delà du calendrier du Conseil de sécurité, la fin avril 2026 pourrait marquer un moment de vérité pour l'affaire du Sahara. Le bilan attendu de Staffan de Mistura doit permettre de mesurer dans quelle mesure les discussions relancées en janvier 2026 ont confirmé la centralité de l’initiative marocaine d’autonomie, aujourd’hui consacrée comme l’unique cadre réaliste de sortie. Quant à l’examen de la Minurso, il revient à interroger la pertinence persistante d’une mission créée pour un référendum devenu impraticable et désormais dépassé par la dynamique politique imprimée au dossier.
Article : Supporters sénégalais. Sanctions confirmées, quelles suites ?
Sanctions confirmées en appel pour les supporters sénégalais : recours possibles, libérations, grâce ou transfèrement, quelles suites ?
Article : OCP prépare une émission obligataire hybride en dollars, une première dans sa structure de dette
Le groupe OCP se tourne vers les marchés internationaux des capitaux avec une émission structurée en hybride. En recourant à un instrument à mi-chemin entre dette et quasi-fonds propres, le groupe cherche à mobiliser des ressources sans dégrader son profil d’endettement, ni accentuer la pression sur la signature souveraine. Décryptage.
Article : Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume
C’est l’un des bassins les plus exposés à la pression hydrique dans le pays. Pour contenir l’aggravation de la pénurie d’eau dans le Guir-Ziz-Rheris, un programme de plusieurs projets est lancé, avec à la clé de nouveaux forages, des ouvrages de recharge des nappes et des investissements ciblés pour tenter d’enrayer la dégradation hydrique de la zone.
Article : Le Roi nomme El Yazid Er-Radi secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas
Le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a reçu, le mardi 14 avril 2026 au palais royal de Rabat, Mohamed Yessef, décoré du Wissam Al Arch (Grand Officier), avant de nommer El Yazid Er-Radi au poste de secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas.