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Tanger-Tétouan-Al Hoceima : appel d'offres pour l'élaboration du nouveau PDR

La région Tanger-Tétouan-Al Hoceima voudrait rapidement disposer de son Programme de développement régional 2022-2027. Le prestataire choisi n'aura que trois mois pour rendre sa copie. Le nouveau PDR devra évidemment prendre en compte les orientations du Schéma régional d'aménagement du territoire 2021-2046.

LA corniche de Tanger au temps du confinement en 2022. Un moment difficile qu'on espère fini à jamais. (Photo MAP)

Tanger-Tétouan-Al Hoceima : appel d'offres pour l'élaboration du nouveau PDR

Le 17 février 2022 à 19h20

Modifié 17 février 2022 à 19h20

La région Tanger-Tétouan-Al Hoceima voudrait rapidement disposer de son Programme de développement régional 2022-2027. Le prestataire choisi n'aura que trois mois pour rendre sa copie. Le nouveau PDR devra évidemment prendre en compte les orientations du Schéma régional d'aménagement du territoire 2021-2046.

La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima a lancé un appel d’offres pour élaborer son nouveau Programme de développement régional (PDR) pour la période 2022-2027. Le prestataire qui remportera le marché devra remettre ses livrables dans un délai de trois mois, à compter du lendemain de la notification de l’ordre de service de démarrage de l’étude.

Conformément à l’article 83 de loi organique 111-14 relative aux régions, le conseil régional est tenu de mettre en place un nouveau PDR pour six ans, dès la première année de son mandat.

Un PDR qui allie continuité et renouvellement 

Dans son appel d’offres, la région a spécifié ses attentes pour ce PDR qui devra exprimer une nouvelle stratégie régionale de développement durable. Cette dernière doit allier visibilité, gouvernance, convergence, équité, complémentarité, inclusivité, efficacité, cohérence et stabilité.

En effet, la région exige que ce PDR soit en accord avec les différentes politiques publiques, notamment les recommandations du Nouveau Modèle de développement, la stratégie gouvernementale basée sur cinq axes prioritaires, les orientations du nouveau Schéma régional de l’aménagement territorial SRAT (2021-2046), et les recommandations du premier Colloque national de la régionalisation avancée.

Il devra également proposer une nouvelle vocation pour la région et procéder à une harmonisation entre les différents programmes, plans et projets envisagés par les divers intervenants territoriaux et sectoriels. Par ailleurs, la région insiste pour intégrer les dimensions environnementales et d’équité sociale et territoriale, dans une optique de développement durable.

Ce programme devra aboutir à un plan d’action sur six ans, réaliste et réalisable, qui tienne compte des moyens financiers dont dispose la région ou qu’elle peut mobiliser, ainsi que des engagements de la région vis-à-vis des partenaires, tels que les autres collectivités territoriales, les entreprises publiques et les secteurs économiques et sociaux dans le territoire.

Par ailleurs, le prestataire devra réaliser, dans le cadre de l’élaboration de cette étude, une évaluation du PDR précédent 2016-2021 et du contrat-programme 2020-2022 en cours, afin de retenir ou de réorienter les projets non réalisés, en conformité avec les nouvelles orientations du conseil régional. Il est aussi tenu de déterminer les modalités de coordination et de pilotage institutionnel, et de définir les termes d’un futur contrat Etat-Région.

Quatre piliers pour porter le développement durable dans la région

L’élaboration du PDR passe par trois phases. La première phase est celle du diagnostic territorial. D’une durée de quinze jours, elle doit déboucher sur une monographie de la région et un rapport de diagnostic sur les potentialités de la région, à partir d’études et de données existantes, que ce soit au niveau de la région ou chez les partenaires territoriaux et sectoriels.

La deuxième phase concerne la formulation de la stratégie régionale. Elle devra durer quarante-cinq jours pour aboutir à un rapport détaillant la vision, le positionnement de la région, le choix des axes stratégiques et les objectifs de développement ; en plus d’un PDR intégrant une cartographie des projets par territoire et une fiche technique par projet. Un rapport synthétique destiné à un large public, en arabe, français et anglais, devra également être livré au terme de cette phase.

Ce PDR devra se déployer sous forme de projets, en recherchant l’équilibre entre quatre piliers déterminés par la région :

>> Le pilier économique : Ce pilier vise à ce que l’économie de la région produise plus d’externalités positives, en développant entre autres de nouveaux métiers, et en favorisant l’approche de clusters et de spécialisation sectorielle au niveau territorial.

La région veut ainsi explorer de nouveaux métiers, notamment dans l’économie bleue, l’économie verte, l’économie circulaire, le tourisme médical, le tourisme culturel, le tourisme d’affaires, le textile intelligent, les plantes médicinales, l’énergie renouvelable, etc.

>> Le pilier social : Ce pilier ambitionne d’accompagner le grand chantier de la couverture sociale et de rehausser l’ensemble des indicateurs humains et sociaux. Il comprend notamment l’intégration de l’approche genre dans les différents projets à caractère économique ou social, et la promotion des projets favorisant l’accès de la population rurale et urbaine aux services de première nécessité.

Cet axe prévoit également de concentrer les efforts sur le capital humain, notamment à travers la promotion de la formation professionnelle, le développement des compétences, et l’adaptation de l’offre de formation à la demande en emploi actuel et futur.

>> Le pilier environnemental : La région veut une stratégie favorisant le développement durable, notamment à travers l’encouragement des énergies renouvelables, et des activités à faible émission de gaz à effet de serre.

>> Le pilier culturel : L’ambition est de faire du patrimoine immatériel un levier de développement, en exploitant la diversité de l’héritage culturel de la région. La région veut donc repérer les sites d’intérêt culturel à même d’établir des circuits touristiques régionaux. Elle compte notamment valoriser des monuments historiques, ou à forte valeur patrimoniale, dans le développement économique et social ; et promouvoir les manifestations culturelles organisées au niveau de la région à l’échelle nationale et internationale.

La troisième et dernière phase de l’élaboration du PDR comprend la mise en place d’un plan d’action sur six ans (2022-2027). Ce dernier nécessite la mobilisation de nombreux acteurs, notamment en retranscrivant leurs engagements sous forme de contrats-programmes ou de conventions clarifiant les rôles et les responsabilités, les moyens humains et financiers mobilisés, la gouvernance mise en place.

Notons que le PDR 2016-2022, comptait 45 projets et programmes, totalisant un coût de 15,9 milliards de dirhams, dont 2,3 MMDH dédiés à l’attractivité territoriale, 6,6 MMDH à la compétitivité économique, 2,5 MMDH au développement social et 1,8 MMDH à la valorisation du capital matériel et immatériel.

Les précédents PDR, ayant péché par excès d’ambition, ont consacré trop de temps à leur élaboration. La plupart d’entre eux n’ont été transmis qu’en 2017, et même plus tard, et n’ont pu, pour une grande partie, être réalisés dans les délais des six ans du mandat des conseils régionaux. Plusieurs indices semblent indiquer que la nouvelle génération de PDR sera plus réaliste et mettra moins de temps à paraître.

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