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Une cartographie de l'écosystème startups au Maroc

Les incubateurs, accélérateurs, programmes d'accompagnement et de financement prolifèrent. Si cet écosystème est en pleine évolution, il peine pourtant à donner des résultats satisfaisants. Regard sur les acteurs qui forment aujourd'hui l'écosystème startups au Maroc.

Une cartographie de l'écosystème startups au Maroc

Le 9 février 2022 à 18h08

Modifié 9 février 2022 à 18h08

Les incubateurs, accélérateurs, programmes d'accompagnement et de financement prolifèrent. Si cet écosystème est en pleine évolution, il peine pourtant à donner des résultats satisfaisants. Regard sur les acteurs qui forment aujourd'hui l'écosystème startups au Maroc.

Afin de donner un aperçu général de l’écosystème de l’accompagnement des startups au Maroc, Médias24 a conçu une cartographie non exhaustive représentant les principaux acteurs de cet écosystème selon leur domaine d’intervention.

Cette cartographie est divisée en cinq catégories : l’accompagnement, les institutionnels, les investisseurs, les fab labs et les plateformes d’information.

L’accompagnement

La catégorie la plus importante en termes de nombre d’acteurs est sans doute celle de l’accompagnement. Nous aurions pu la subdiviser davantage pour différencier les incubateurs, les accélérateurs, les réseaux, les clusters et les programmes d’accompagnement, etc., mais les frontières entre ces différents concepts dans le monde d’aujourd’hui sont ténues. 

D’ailleurs, sur leurs sites Internet, ces organismes jonglent entre ces différents termes et évitent souvent de s’enfermer dans l’un d’entre eux. Ils proposent des offres et des formules qui peuvent différer, mais qui ont pour dénominateur commun l’accompagnement de la startup et de ses fondateurs dans leur aventure entrepreneuriale.

Comme dans le reste des secteurs économiques, ce métier de l’accompagnement entrepreneurial s’est adapté à la crise sanitaire pour passer en grande partie à l’accompagnement à distance. L’incubation physique des entreprises n’est donc plus une priorité ; la plupart des programmes étant constitués de formations, d’ateliers, de séances de mentoring et de pitchs. L’ensemble de ces activités peut, en effet, très bien s’effectuer à distance dans la plupart des cas.

Ce changement dans le mode opératoire a notamment permis à ces organismes de sortir de l’axe Rabat-Casablanca, sur lequel la plupart d’entre eux sont concentrés, pour toucher les autres régions du Royaume où ce genre d’offres se fait rare. Même si un écosystème se construit généralement autour d’une ville ou d’un territoire, à ce stade de son développement et compte tenu de ces changements, on peut parler d’écosystème à l’échelle nationale.

Les institutionnels

La catégorie des institutionnels est composée d’organismes et d’agences publiques, dont les missions ont une relation avec la promotion de l’entrepreneuriat innovant ; ou encore de fédérations professionnelles qui interviennent également dans ce sens. Les institutionnels jouent le rôle de soutien et de relais aux politiques de promotion de l’entrepreneuriat et de l’innovation.

Par exemple, parmi ces institutionnels figure Tamwilcom (ex-CCG), gestionnaire du fonds Innov Invest, qui représente le principal mécanisme de financement pour l’entrepreneuriat innovant aujourd’hui au Maroc. Transformée en société anonyme, cette entreprise publique est amenée à jouer un rôle de plus en plus important dans l’écosystème.

D’autres institutions comme l’Agence de développement du digital (ADD), l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) et les Centres régionaux d’investissement (CRI) disposent de programmes de soutien à l’innovation et à l’entrepreneuriat, chacune à son niveau et chacune dans le périmètre de sa mission.

Depuis le discours royal d’octobre 2019, à l’occasion de l’ouverture de la législature au Parlement, la plupart de ces institutionnels ont élaboré de nouveaux programmes et ont renforcé leurs actions en faveur de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Une nouvelle dynamique s’est installée, mais on ne peut pas encore juger des résultats.

Les investisseurs

En raison de son haut niveau de risque, le financement de l’entrepreneuriat innovant ne peut se réaliser à travers les crédits bancaires. Comme partout dans le monde, les startups marocaines ont recours au capital-risque pour lever des fonds. Or, le secteur du capital-risque est peu développé au Maroc par rapport à d’autres pays.

Dans son parcours, un entrepreneur passe par différentes étapes. La culture startup veut qu’il commence par du love money (argent réuni auprès de la famille et des amis), pour ensuite se diriger vers les business angels, puis vers les fonds d’amorçage et, enfin, vers les fonds de capital-risque. Ces derniers peuvent eux-mêmes se spécialiser dans différents stades du développement de la startup.

Parmi les structures d’accompagnement, 16 ont reçu le label Tamwilcom (ex-CCG) et peuvent ainsi distribuer des financements de pré-amorçage en subvention (Innov Idea), pouvant aller jusqu’à 200.000 DH, ou en prêt d’honneur (Innov Start) qui peut atteindre 500.000 DH. Le financement de pré-amorçage a ainsi été partiellement réglé pour les startups marocaines.

Parmi les fonds de capital-risque représentés dans notre infographie, trois d’entre eux sont partiellement financés par le fonds Innov Invest (programme Innov Risk). Il s’agit de Azur Innovation Fund, Maroc Numeric Fund et SEAF.

D’autres acteurs importants

Les fab labs sont des sortes d’ateliers de prototypage qui utilisent différentes machines et outils informatiques, parmi lesquels les imprimantes 3D, afin de transformer les idées des entrepreneurs en produits physiques. Les fab labs ne sont bien évidemment pas adaptés aux startups purement digitales, mais plutôt aux startups industrielles.

Au Maroc, ils se sont développés essentiellement dans les universités où ils servent également pour le prototypage scientifique. Mais d’autres fab labs privés ou indépendants se développent timidement en dehors des murs des universités.

Pour connecter ces différents acteurs et guider l’entrepreneur dans ses démarches, des plateformes d’information ont été créées par des initiatives publiques, privées ou encore émanant de professionnels, comme la dernière-née Intaliq By CGEM.

La cartographie que nous proposons est loin d’être exhaustive et n’en a pas l’ambition. D’autres éléments qui constituent l’écosystème pourraient aussi y figurer, comme les incubateurs universitaires, les évènements autour de l’entrepreneuriat, les médias qui s’intéressent à l’entrepreneuriat innovant, sans oublier les startups elles-mêmes qui sont au cœur de cet écosystème.

Cette infographie sera révisée et complétée au fur et à mesure des évolutions à venir. N’hésitez pas à nous adresser vos suggestions à l’adresse suivante : [email protected]

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