Filière de l’élevage : l’urgence de déployer un plan de sauvetage
Sombre perspective pour la filière de l’élevage en raison d’une campagne agricole qui s’annonce mal. Sa sauvegarde appelle dès à présent des mesures d’urgence.
Les prochains mois n’augurent rien de bon pour l’actuelle campagne agricole. Du moins pour ses deux principales composantes qui représentent plus de 50% du PIB agricole : la céréaliculture et l’élevage. Or s’il est prématuré de se prononcer sur l’issue attendue de la production de céréales, dans la mesure où l’espoir reste encore fondé sur les pluies du printemps, il en va autrement de l’élevage. « Sa sauvegarde appelle dès à présent des mesures d’urgence », alertent les professionnels.
Le spectre d’un faible couvert végétal est devenu réel avec la situation pluviométrique qui prévaut actuellement, est-il relevé.
À fin janvier dernier, le déficit pluviométrique s’est creusé à près des deux tiers par rapport à la même période de la campagne 2020-2021. D’où le risque de parcours particulièrement faibles. Une perspective qui attise déjà la surchauffe des prix de l’aliment du bétail.
Orge, paille, son, maïs et autres produits fourragers enregistrent des flambées partout dans les régions de production du cheptel, en particulier à Casablanca-Settat, Tadla-Azilal, l’Oriental, Fès-Meknès, Rabat-Salé Kénitra et le Haouz.
La situation est également exacerbée par le renchérissement, à l’international, de certaines composantes de l’aliment du bétail, tels l’orge, le soja et le maïs.
Pour le moment, aucune annonce n’a été faite quant au lancement d’un plan de sauvetage du cheptel, notamment la subvention de l’orge.
Le bétail se brade à des prix bas
En revanche, le bétail se brade actuellement à des prix jugés au plus bas par de nombreux éleveurs. Et ce, même pour des bêtes de qualité supérieure, comme des veaux de race charolaise ou holshtein importés pour engraissement, ou issus d’élevage laitier également de race pure.
Et si le gouvernement ne se décide pas à lancer un plan de sauvetage du cheptel, il y a un risque que le secteur de l’élevage soit pratiquement sinistré. « Pour l’heure, la seule alternative réside dans l’ouverture des champs céréaliers au bétail », ironise un agriculteur des Doukkala.
Et même dans le cas où le gouvernement déploierait un plan de distribution d’orge subventionné, des professionnels redoutent une distribution inéquitable entre les régions.
Pourtant, l’enjeu est de taille. Le cheptel, bovin, ovin et caprin, représente un poids socio-économique considérable. Il constitue d’abord, pour l’écrasante majorité des micro-exploitations, la trésorerie des éleveurs, en particulier à l’occasion de mauvaises campagnes agricoles.
Sa principale composante, la viande rouge, a aussi un poids économique important dans le secteur agricole. Elle a été marquée par une évolution de la production, réalisant un chiffre d’affaires de 26,5 milliards de dirhams, une valeur ajoutée à 15 milliards, et participant à la création de 44 millions de journées de travail par an.
Sur la dernière décennie, le cheptel s’est inscrit en croissance continue
Grâce au Plan Maroc vert, la filière viandes rouges a bénéficié de nombreuses actions de développement qui ont engendré un taux de croissance de 17% des effectifs.
La production des viandes rouges a augmenté de 51% entre 2008 et 2019 pour atteindre 606.000 tonnes, soit 99% par rapport aux objectifs 2020.
La consommation moyenne des viandes rouges a également connu une évolution importante à 17,2 kg/habitant/an en 2019, soit 99% par rapport aux objectifs 2020.
Grâce aux programmes d’amélioration génétique, d’encadrement et de formation réalisés par les organisations professionnelles avec le soutien de l’État, la productivité du cheptel a connu une amélioration de 36% chez les bovins et de 23% chez les ovins, durant la période 2008-2019, pour atteindre un poids moyen carcasse de 245 kg/tête pour les bovins et de 16 kg/tête pour les ovins.
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