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Phares du Maroc. Sur le littoral, une lumière dans la nuit

Ouvrages mythiques chargés d’histoire et de légendes, les phares du Maroc représentent à eux seuls une part de notre patrimoine. De taille, architecture et fonction différentes, ils ont, par le passé, situé le royaume dans le carrefour des civilisations. Pleins phares sur ces édifices, sentinelles de notre culture.

Phares du Maroc. Sur le littoral, une lumière dans la nuit

Le 2 février 2022 à 8h55

Modifié 2 février 2022 à 8h55

Ouvrages mythiques chargés d’histoire et de légendes, les phares du Maroc représentent à eux seuls une part de notre patrimoine. De taille, architecture et fonction différentes, ils ont, par le passé, situé le royaume dans le carrefour des civilisations. Pleins phares sur ces édifices, sentinelles de notre culture.

À une dizaine de kilomètres de la ville de Tanger, sur la route qui mène aux célèbres grottes d’Hercule, toute personne qui arpente le littoral ne manquera pas de remarquer un bijou architectural dressé sur un promontoire rocheux.

De loin, l’édifice s’apparente, avec sa forme carrée et son architecture hispano-mauresque, à un minaret. Pour le voir de près, il faut délaisser la route et s’engager dans sa direction, au cœur de la végétation. De là, on peut aisément distinguer la lanterne gris métallique qui surplombe la tour de l’édifice. On réalise alors que ce qui avait tous les atours d’une mosquée est en réalité un phare. Et pas n’importe lequel, car Cap Spartel est le doyen des phares modernes du royaume.

L’ouvrage mesure 25 mètres de hauteur au sol – 95 m au-dessus du niveau moyen de la mer – que soutient une tour carrée de couleur jaune en maçonnerie lisse. À l’intérieur, les 101 marches, qui permettent au passage d’admirer des photos de phares du monde entier, mènent à la lanterne au sommet de l’édifice. C’est là que luit le feu qui a pour mission de guider les navigateurs à traverser le détroit de Gibraltar.

Cap Spartel, éclaireur de la navigation mondiale

Situé au point de jonction de la mer Méditerranée et de l’océan Atlantique, ce phare a été édifié pour réduire le risque de naufrages de navires, très fréquents à cet endroit au milieu du XIXe siècle. Au point que l’embouchure ouest du détroit de Gibraltar représente, à cette époque, le principal danger pour les navires.

« En 1860, à la suite de nombreux sinistres maritimes survenus le long de la côte brumeuse de Tanger, le Sultan Moulay Mohammed Ben Abderrahmane décide l’édification d’un phare, dit Cap Spartel», relate Najib Cherfaoui, expert portuaire et maritime, grand passionné de ces ouvrages. Cette décision du Sultan survient après le naufrage, la même année, du Dona Isabel, une frégate-école de la marine brésilienne qui transportait 250 jeunes cadets.

Les travaux de construction du phare seront lancés en 1861 et dureront trois ans. « Le feu est allumé le 15 avril 1864. L’année suivante, le Sultan confie la gestion du phare à 13 membres du corps diplomatique. Un signal de brume est ajouté en 1883. Situé sur l’une des routes maritimes les plus fréquentées, cet ouvrage sera d’une grande importance pour la navigation mondiale », souligne Najib Cherfaoui.

Emblématique, le phare du Cap Spartel n’est pas pour autant le plus ancien. Pour retrouver la trace du tout premier phare construit au Maroc, il faut remonter de trois siècles et descendre jusqu’au sud du pays, dans la région de Laâyoune. « Le premier phare du Maroc a été construit à Boujdour au milieu du XVIe siècle », précise Najib Cherfaoui. Tombé en ruines depuis, il n’en reste à ce jour que quelques vestiges près de la ville. Des vestiges qui, selon l’expert portuaire et maritime, présentent un intérêt historique indéniable. (voir photo : Les vestiges de l’ancien phare de Cap Bojador, construit au XVIe siècle).

Cap Bojador, le phare du bout du monde

Jusqu’au début du XVe siècle, « Cap Bojador » représente la frontière méridionale du monde connu pour les puissances européennes. On le surnomme alors le « Cap de la peur ». Aucun navigateur n’ose le franchir par crainte d’être englouti par « la mer des ténèbres » qui se trouverait, selon la légende, au-delà de cette limite.

« Cap Bojador était considéré par les navigateurs occidentaux comme un avant-poste du bout du monde. Les vents étant toujours du Nord, ils pensaient qu’il était impossible de les remonter et de revenir », démystifie Najib Cherfaoui. « Oser dépasser Cap Bojador est donc l’exploit insensé des premiers grands explorateurs en quête d’une route maritime pour les Indes et leurs épices. Il ne faudra pas moins de quinze expéditions pour le franchir. »

Cet exploit aura finalement lieu en 1434, grâce au navigateur portugais Gil Eannes et les quinze matelots qui l’accompagnent dans son épopée intrépide à bord d’une caravelle. La légende prend fin et un phare, le premier dans l’histoire du Maroc, voit le jour. Ce phare fonctionnait à l’époque avec du feu de bois. Pour Najib Cherfaoui, « la réhabilitation des vestiges de ce phare du Maroc sera internationalement remarquée, Cap Bojador ayant joué un grand rôle dans l’histoire du commerce maritime ».

Bien des siècles plus tard, la ville de Boujdour se développera autour d’un nouveau phare édifié par les Espagnols en 1950. Érigé sur une tour heptagonale qui s’élève à 52 mètres au-dessus du sol, il entre en service en 1956. Le phare a une portée lumineuse de 24 milles nautiques et recourt à l’énergie électrique pour alimenter son feu. À 50 km de la ville, se dresse un autre phare, Cap Cinq (Aghti El Ghazi). Il s’agit d’un phare de jalonnement (signalant le tracé d’une route très fréquentée) de 32 mètres de hauteur, qui alimente son feu à partir d’énergie solaire.

Vestiges de l’ancien phare de cap Boujdour construit au XVI siècle.

Veilleurs de nuit

Du nord au sud, le littoral marocain est jalonné de 39 phares en service, répartis sur quatre zones géographiques : six phares sur la façade méditerranéenne, quatre au niveau du détroit de Gibraltar, 17 phares sur la façade Atlantique Nord (de Tanger à Essaouira) et, enfin, les 12 phares de la façade Atlantique Sud. Mais « si l’on compte les vestiges de celui situé sur les falaises de Boujdour (feu de bois), puis la lanterne du port fluvial de Martil éclairé à la bougie et, enfin, le feu d’approche des ruines de la Casa del Mar à Tarfaya, on dénombre 42 phares», tient à préciser Najib Cherfaoui.

Parmi ces édifices générateurs de lumière, l’expert portuaire retient, en plus de Cap Spartel, trois autres phares emblématiques de l’histoire du royaume et de son patrimoine : le Bordj historique de Martil, « construit sur ordre du Sultan Moulay Ismail en 1716 et qui mérite une réhabilitation » ; le Cap Juby, « construit en 1885 à Tarfaya » ; et le grand phare de Dakhla (1916) « qui fait partie du patrimoine commun de l’Humanité », comme le phare du Cap Spartel, d’ailleurs.

Ces quatre phares, comme tous ceux que compte le Maroc, n’ont pas les mêmes caractéristiques, parce que ne remplissant pas le même rôle. Cap Spartel est, par exemple, un phare d’atterrissage. Sa fonction première est donc de marquer les tournants des routes de navigation, en l’occurrence le passage entre la mer Méditerranée et l’océan Atlantique. Le Phare de Rabat, construit en 1920 sur le Fort de la Calette, fait partie de la seconde catégorie, celle des phares de jalonnement des côtes, dont le rôle est de ponctuer le tracé d’une route très fréquentée. Puis, il y a les phares d’entrée de ports qui balisent d’ordinaire les estuaires et les voies d’accès.

Ces tours ne pourraient jouer pleinement leur rôle sans leurs « marins de l’ombre », ces gardiens qui possèdent, en plus d’une qualification marine, une bonne connaissance des technologies nouvelles et une forte implication dans le réseau météorologique.

« Les premiers gardiens de phares apparaissent au Maroc, d’abord à Boujdour (XVIe siècle), puis au XIXe siècle à Cap Spartel (Tanger) et à Cap Juby (Tarfaya). Le métier s’étend à l’ensemble des côtes de 1912 à 1918. Le rythme de leur travail est réglé par quart comme à bord d’un navire », note Najib Cherfaoui. Leur tâche consiste à allumer la lampe, nettoyer les réflecteurs, entretenir la chambre de veille, remplacer les vitres brisées par les vents, maintenir le système de rotation actionné par des poids lourds à remonter jusqu’à trois fois dans la nuit, instruire le journal du phare et lancer manuellement la corne à brume par mauvaise visibilité.

L’évolution du feu

Si les premiers phares ont recours au feu de bois puis aux lampes à pétrole pour assurer leur éclairage, ce système laissera place, au fil des siècles et du développement de la technologie, aux ampoules et à l’énergie électrique.

À son entrée en service en 1864, le phare du Cap Spartel utilisait ainsi un allumage avec des lampes à huile. En 1905, l’allumage se fait au pétrole. En 1914, la puissance du phare passe de 6.000 à 20.000 bougies. Elle atteint même 300.000 bougies en 1931. Il faudra attendre vingt ans encore pour que le grand saut technologique ait lieu, avec l’électrification du phare en 1950.

« À la fin de la première moitié du XXe siècle, la pièce maîtresse de la signalisation au Maroc se compose d’un faisceau prestigieux de phares à éclat : Cap Fédala (1934), El Hank (1920), Sidi Bou Afi (1917), Cap Cantin (1917) et Cap Ghir (1918) », détaille Najib Cherfaoui.

Un phare est dit à éclat quand la durée totale de lumière dans chaque période est inférieure à la durée totale d’obscurité. « Afin d’éviter la confusion avec les étoiles, les phares ont une lumière intermittente. Pour être distingués les uns des autres, on leur affecte une ‘signature’ matérialisée par les intervalles séparant les apparitions du rayon lumineux », explicite l’expert maritime.

El Hank à Casablanca est de fait un phare à éclat parce qu’il alterne un intervalle de 2,5 secondes de lumière avec 7,5 secondes d’obscurité. Cette chaîne de phares à éclat est complétée par des phares de petit atterrissage : Mehdia (Kénitra, 1917, 4m), la Calette (Rabat, 1920, 20m), Roches-Noires (à l’est du port de Casablanca, 1920, 18m), Azemmour, Tombeau, Cap Blanc (Jorf Lasfar, NC, 17m), Pointe de la Tour (Safi), Sidi Megdoul (Essaouira, 1916, 15m) et Pointe d’Aresdhis (Agadir).

Phare d’El Hank à Casablanca (photo prise en 1930).

Le phare « dans tous ses états »

Quelle que soit la catégorie à laquelle il appartient, le phare prend généralement la forme d’« une tour bâtie en mer et équipée, à son sommet, d’un système d’éclairage très puissant qui sert à guider les navires dans l’obscurité ou par visibilité réduite », décrit Najib Cherfaoui.

« Il se compose de quatre éléments principaux. D’abord le piédestal, plus ou moins élevé par rapport au niveau de la mer. Cet édifice est bien souvent une tour située sur une falaise ou un promontoire surplombant la mer. Ensuite, on dispose à son sommet une lampe produisant de la lumière. Puis, un système optique concentre cette lumière et la dirige vers l’horizon. Enfin, une lanterne protège la lampe et l’optique des intempéries ».

Cet ensemble peut prendre des formes variées. Il y a les phares bâtis sur une tour en maçonnerie de section circulaire et d’autres autour d’un pylône métallique. « La géométrie cylindrique de la construction réduit sensiblement la pression des vents et des vagues. Il en est ainsi du phare de Sidi Bouafi à Mazagan (El Jadida). Cette forme est adoptée pour tous les ouvrages en mer », indique Najib Cherfaoui.

Au Maroc, cette diversité des formes des phares est sublimée par leur grande variété architecturale. Si le phare de Cap Spartel est connu pour sa tour à base carrée, celui de Mohammédia est reconnaissable à sa tour octogonale.

Quelques kilomètres plus loin, à Casablanca, le phare d’El Hank se démarque, lui, par « son ornement arabo-mauresque qui accroche la lumière du soleil qui le rend visible en plein jour », décrit Najib Cherfaoui.

À Safi, le phare de Cap Cantin (ou Cap Beddouza) « reproduit symboliquement le schéma d’une Kasbah, avec une grande enceinte carrée, de nombreux créneaux, des tours d’angle carrées, un chemin de ronde et une tour centrale supportant la lanterne de lumière », poursuit l’expert maritime. Plus au sud, enfin, le phare de Cap Sim se présente sous la forme d’une forteresse carrée de type « Mazagan », avec quatre tours d’angle à base triangulaire.

Acteurs de la grande Histoire

Bien que différents de par leur taille, leur forme et, plus encore, leur rôle respectif, l’ensemble des phares du Maroc ont cependant un point commun : ils sont tous accessibles par voie terrestre. Leur construction, le long du littoral marocain, accompagnera l’évolution de la place du royaume, au carrefour des trois continents africain, européen et américain. À commencer par le premier d’entre eux, Cap Bojador, le témoin d’une époque médiévale centrée sur la recherche d’une route vers l’or africain.

Quelques siècles plus tard, quand le Sultan Moulay Mohammed Ben Abderrahmane autorise la construction du Cap Spartel et qu’une convention est signée par dix pays, dont les États-Unis d’Amérique, « l’événement contribue au rayonnement du Maroc, car les places navales du monde entier ont salué cette solidarité maritime », commente Najib Cherfaoui.

À partir des années 1920, les phares du Maroc émergent à nouveau sur la scène internationale pour une raison pour le moins inattendue : érigés à l’origine pour guider les navires, les phares seront également utilisés pour assister les avions. Ce nouveau rôle sera dévolu aux phares construit après la Première Guerre mondiale, une période qui coïncide avec l’apparition de l’aéropostale (service d’aviation postale). « À partir des années 1920, les phares sont utilisés pour l’aide à la navigation aérienne. Ils guident les pilotes à l’approche des aérodromes, toujours adossés aux quais portuaires, lieu de stockage du carburant », précise Najib Cherfaoui. C’est le cas, par exemple du phare de Sidi Ifni, construit en 1949. « Sa tour pyramidale peinte de bandes rouges et blanches est surtout destinée au balisage de l’aéroport », décrypte l’expert portuaire.

Il cite une anecdote pour illustrer son propos : « Agadir a constitué une étape importante : guidés par les phares, Saint-Exupéry et Mermoz y font escale, passant ensuite par Cap Juby et Dakhla, point de départ pour l’Amérique du Sud. Des célébrités comme le prince Hussein de Jordanie, Rita Hayworth ou Ali Aga Khan y ont séjourné. »

Un autre phare marquera l’histoire récente du Maroc : El Hank, le célèbre phare de Casablanca qui « demeure mémorable, surtout lors du débarquement américain de novembre 1942, prélude à la fin de la Seconde Guerre mondiale », rappelle l’expert maritime.

On est 1942. Alors que la domination allemande n’a jamais été aussi écrasante, l’armée nazie étant aux portes de l’Union soviétique, les forces alliées décident de mettre en place une stratégie pour soulager le front de l’Est. Cette dernière prend pour nom de code ‘Opération Torch’. Le 8 novembre, les alliés débarquent simultanément sur les côtes d’Afrique du Nord, à trois endroits précis : Tunis, Alger et Casablanca. Au Maroc, lors de cette opération périlleuse, le phare de la ville blanche va jouer un rôle crucial dans le succès des manœuvres opérées par les forces alliées pour déjouer la vigilance de l’armée d’Afrique, rattachée au gouvernement de Vichy. Il est considéré depuis comme un des monuments phares du patrimoine de la capitale économique.

« Phare de Casablanca, un siècle de lumières »

Majestueux, long de 51 mètres au-dessus du sol (70 au-dessus du niveau de la mer), le phare El Hank de Casablanca est un des plus anciens emblèmes de la ville. Construit en 1920, il a fêté en août 2020 un siècle d’existence au cœur de la ville blanche. « Une frontière de lumière, pleine de légendes, autour de laquelle se concentrent plusieurs enjeux, notamment le fameux ‘devoir de mémoire’ », décrit avec passion Najib Cherfaoui.

Comme pour le Cap Spartel, la construction du phare d’El Hank est motivée par la volonté d’éviter les naufrages de navires sur les côtes casablancaises. Elle succède à une série noire qui s’est déroulée en 1913 : en dix mois, plusieurs navires chavirent et échouent sur le littoral. « Au cours de la première quinzaine de janvier 1913, une série de tempêtes jettent à la côte cinq voiliers avec leur cargaison : le 9 janvier, le voilier Los Emilios échoue sur les rochers de Fédala ; le 10, le dundee français Providence, sur ceux de Oukacha ; le 12, le voilier grec Nedjma, au même endroit ; le 16, le voilier danois Castor, sur les Roches‑Noires ; le 17, le voilier suédois Olga également sur les Roches-Noires », énumère Najib Cherfaoui.

Cette série de catastrophes maritimes atteint son apogée dix mois plus tard, en octobre, quand trois navires sombrent à l’entrée du port de la ville. Pour mettre un terme à cette tragédie, « les autorités décident, en 1914, de mettre en place un dispositif de balisage dont la pièce maîtresse sera le phare à éclats d’El Hank », relate l’expert portuaire, qui a rédigé un document relatant l’histoire et les particularités de cet édifice, intitulé « Phare de Casablanca, un siècle de lumières ».

La mèche est allumée le 1er août 1920. L’édifice est une tour circulaire à embase en pierres de taille. À l’intérieur, un escalier en spirale, qui compte plus de 200 marches, mène à une première plateforme, où sera installée plus tard, en 1926, une sirène de brume. « La sirène est mise en route le jour, quand les guetteurs au pied de la tour cessent de distinguer la grande jetée, et de nuit, quand ils cessent de distinguer le feu blanc de l’extrémité de la jetée », commente Najib Cherfaoui.

À partir de cette première galerie supérieure, un autre escalier, plus petit, conduit vers une plateforme qui accueille le mécanisme de rotation. Par un dernier escalier, enfin, on accède à la lanterne où est disposée l’optique qui renvoie la lumière vers l’horizon. Au centre de l’optique, la source lumineuse, d’une puissance de 3 kW, a une portée de 43 milles marins par temps clair.

En 1937, le phare se dote d’un radiophare, un émetteur d’ondes hertziennes sur lesquelles le navigateur oriente un cadre ou radio compas pour déterminer sa position. La portée de cet ancêtre du GPS est de 200 milles marins. Le radiophare s’avère très utile en temps de brume, permettant ainsi aux navigateurs de redresser leur position.

Premier phare marocain à être automatisé grâce à l’électrification, El Hank guidera les navigateurs pendant de très longues années. Bien des décennies plus tard, le phare retrouve une nouvelle jeunesse à l’occasion de la 1re édition du Festival de Casablanca. « Le phare a fait l’objet d’une intervention artistique majeure : une immense fresque, peinte sur une bâche, enveloppe la tour sur une superficie de près de 900 m2 », se rappelle Najib Cherfaoui. Pour l’expert maritime, cette initiative est surtout « un appel à ne pas oublier, à imaginer et à recréer sans cesse les formes de l’avenir ».

Le devoir de réinventer le patrimoine

Qu’il s’agisse du phare d’El Hank ou de tous ceux qui sont tombés dans l’oubli, Najib Cherfaoui estime qu’un travail de réhabilitation est nécessaire. Selon lui, il faut « réinventer » ces édifices. Leur histoire parle d’elle-même : construits pour guider les navires, les phares marocains ont également guidé les avions ; ils ont aussi permis de faire rayonner le Maroc dans le monde. Aujourd’hui, les phares, patrimoine national chargé d’histoire et de mémoire, font figure d’emblème du patrimoine.

« Le phare peut être annonciateur de la culture marocaine. Chaque navire qui accoste au Maroc doit trouver un phare qui annonce le pays, comme la statue de la liberté annonce New York et les États-Unis », affirme l’expert maritime. Il va jusqu’à imaginer les ports marocains projetant des images virtuelles, avec une mise en scène de sons et lumière. « Ils deviendraient alors un vecteur dédié à mieux faire connaître le pays, sa culture, ses traditions et son histoire aux marins des milliers de navires qui atteignent chaque année les ports du Maroc. »

Plus que le souhait d’un passionné, la réhabilitation des phares marocains reste un devoir de mémoire nécessaire à la valorisation de « ces lieux mythiques, chargés de légendes » qui « peuvent parfaitement s’insérer dans la ressource touristique grâce à une action régulière et soutenue », préconise Najib Cherfaoui.

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