Vaccins. Le Maroc pourra produire 600 millions de doses fin 2022 (Samir Machour)
Avec l'usine de Benslimane, le Maroc disposera d'une capacité initiale de production, en matière de mise en seringue et d'emballage des vaccins de 600 millions de doses et sera en mesure, dans une deuxième étape, de produire le vaccin lui-même. A l'horizon 2025, la plateforme de R&D adossée au projet permettra la création de vaccins et de produits biotechnologiques proprement marocains. Explications de Samir Machour.
Samir Machour, expert international en biotechnologie industrielle et l'un des promoteurs du projet de fabrication locale de vaccin, dont le lancement des travaux a été présidé par le Roi jeudi 27 janvier, a apporté de nouveaux éclairages sur ce chantier stratégique dans un entretien accordé à la MAP.
Il explique ainsi que "ce projet stratégique permettra au Royaume, d'ici à 2030, d'acquérir la capacité scientifique nécessaire dans le domaine de la recherche et du développement, ce qui permettra, avec l'apport de nos universités et instituts, de développer des formations pertinentes et mettre ainsi les bases d'un écosystème de l'industrie du vaccin".
Le projet, qui comporte une partie industrielle et une autre liée à la recherche et développement, se décline en trois étapes dont l'inauguration de l'unité de fabrication constitue la première.
Une capacité d'au moins 6 milliards de doses en 2025
Cette unité de fabrication, intitulée Lion 1, "vise à doter le Maroc d'une capacité de production en matière de mise en seringue et d'emballage des vaccins localement", précise-t-il. Le lancement de la production de flacons à essai se fera fin juillet.
Cette étape, qui sera prête fin 2022, permettra au Maroc de disposer d'une capacité de production de 160 millions d’unités, soit 600 millions de doses (avec une moyenne de 5 doses/unité).
À l'horizon 2025, "cette capacité sera portée à 900 millions d'unités, soit 6 à 9 milliards de doses, ce qui pourrait couvrir les besoins mondiaux en matière de vaccins, et permettra de positionner le Maroc au 2e ou en 3e rang mondial en la matière", explique Samir Machour.
S'agissant de la deuxième étape, M. Machour a expliqué qu'elle porte sur la fabrication de la matière première, à savoir le vaccin lui-même.
Pour ce qui est de la troisième étape, à l'horizon 2025, elle concerne la recherche et développement et vise la création de vaccins et de produits biotechnologiques proprement marocains.
L'usine de Benslimane fabriquera 60% des vaccins utilisés en Afrique
Ce projet va largement au delà de la pandémie liée à la Covid-19 et aspire à la fabrication de divers vaccins, a fait remarquer Samir Machour, soulignant la possibilité de fabriquer la majorité des vaccins au Maroc après la finalisation de ce projet.
D'ici 2023, l'usine de Benslimane contribuera à la fabrication de 60% des vaccins utilisés en Afrique, ce qui permettra de garantir la souveraineté vaccinale du continent, a-t-il dit.
Dans ce sens, M. Machour soutient que la mise en place du projet de l'unité de fabrication et de mise en seringue des vaccins au Maroc épouse parfaitement l'esprit du Centre africain de contrôle et de protection des maladies, qui vise à concrétiser l’indépendance du contient en matière des vaccins à l’horizon 2040.
Par ailleurs, M. Machour a relevé que la pandémie a confirmé l'importance du partenariat public/privé. Aucune partie ne peut, à elle seule, répondre aux besoins sanitaires de la population, a-t-il soutenu, ajoutant que l'unité de Benslimane est le premier exemple réussi d'un partenariat public/privé dans le domaine de l'industrie du vaccin.
Le Roi préside le lancement des travaux de l'usine de fabrication de vaccins à Benslimane
https://medias24.com/2022/01/28/production-locale-de-vaccins-de-nouveaux-details-sur-les-3-phases-du-projet/
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