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Voici les détails du programme « Awrach » qui créera 250.000 emplois en 2 ans

Bientôt le coup d'envoi pour le programme Awrach qui va se déployer sur deux volets. Le premier concerne les chantiers publics auxquels seront affectés 80% des emplois créés, alors que le deuxième servira d'appui à l'inclusion durable. La rémunération ne sera pas inférieure au SMIG et s'accompagnera d'une couverture sociale, promet le ministre Younes Sekkouri.

Voici les détails du programme « Awrach » qui créera 250.000 emplois en 2 ans

Le 18 janvier 2022 à 20h16

Modifié 18 janvier 2022 à 20h16

Bientôt le coup d'envoi pour le programme Awrach qui va se déployer sur deux volets. Le premier concerne les chantiers publics auxquels seront affectés 80% des emplois créés, alors que le deuxième servira d'appui à l'inclusion durable. La rémunération ne sera pas inférieure au SMIG et s'accompagnera d'une couverture sociale, promet le ministre Younes Sekkouri.

La circulaire de lancement du programme « Awrach » avait été signée mercredi 12 janvier, par le chef du gouvernement.

Le ministre de l’Inclusion économique, des petites entreprises, de l’emploi et des compétences a décrit les contours de ce programme lors de la séance des questions orales à la Chambre des conseillers, ce mardi 18 janvier.

Ce programme vise à créer 250.000 emplois en 2022 et 2023. Ces emplois prendront la forme de contrats « travaux » conclus par des associations de la société civile, des coopératives et des entrepreneurs.

Aucune qualification n’est requise pour accéder à ces emplois. Les personnes éligibles sont celles ayant perdu leur emploi en raison de la pandémie du Covid-19, celles n’ayant jamais travaillé ou celle inscrites à l’Anapec depuis plus de deux ans, et enfin celles ayant figuré sur les listes de l’opération Tadamon (versement par sms de 800 DH à 1.200 DH pendant le confinement). 

Les projets ont été sélectionnés sur la base d’une consultation d’une durée de 58 jours, qui a amené Younes Sekkouri à rencontrer les différents ministères et conseils régionaux, afin de déterminer les besoins locaux des populations en termes d’infrastructures et de services.

Le programme comprend deux volets : le premier porte sur les chantiers publics temporaires, alors que le deuxième concerne le soutien à l’inclusion durable. Les deux ont pour objectif d’augmenter l’employabilité des personnes concernées, à l’issue de cette expérience.

Le déploiement de ces projets s’appuiera uniquement sur les associations et les coopératives pour le recrutement et la conduite de ces chantiers, pour ce qui est des chantiers publics, alors que pour le soutien à l’inclusion durable, les entreprises peuvent aussi participer. Ces organisations seront sélectionnées selon une procédure d’appel à projet et elles doivent justifier, entre autres, d’expérience proche de la nature du chantier.

Les chantiers publics temporaires

Environ 80% des personnes recrutées pour ce programme le seront pour des chantiers publics temporaires, d’une durée moyenne de près de six mois. Ces chantiers répondront principalement aux besoins des citoyens en termes d’infrastructures.

La mise en œuvre de travaux et d’activités à caractère temporaire, qui s’inscrivent dans le cadre de l’utilité publique et du développement durable, est également envisagée.

Concrètement, il peut s’agir de la construction de chaussées, de la restauration de monuments et d’équipements publics, de boisement, de la réparation d’espaces verts, de la lutte contre la désertification et l’ensablement, de la numérisation d’archives, d’activités culturelles et sportives, et d’encadrements pédagogiques ponctuels.

La rémunération sera au moins égale au salaire minimum pendant la durée du chantier, assure le ministre. Les employés bénéficieront d’une couverture sociale, y compris d’allocations familiales.

Ils bénéficieront également d’un encadrement sur les chantiers afin de développer leurs aptitudes et compétences. Ils pourront obtenir une attestation de l’employeur à l’issue de ces chantiers, qui augmentera leurs chances d’intégration ultérieure dans le cadre d’activités économiques similaires. 

Le soutien à l’inclusion durable

Les 20% restants des emplois créés concerneront le deuxième volet du programme relatif au soutien à l’inclusion durable. Ils participeront à répondre à des services destinés aux individus, aux familles et à la société, qui connaissent un déficit au niveau de certaines régions.

Ces services peuvent concerner par exemple l’alphabétisation, l’enseignement primaire, la prise en charge des personnes âgées, les activités sportives, culturelles et de greffe, les services scolaires et paramédicaux.

Les associations, coopératives ou entreprises bénéficiaires s’engagent à intégrer ces personnes dans le cadre du Code du travail pour une durée d’au moins 24 mois, avec un revenu au moins égal au SMIG. Ils bénéficieront également d’une couverture sociale, y compris d’allocations familiales.

En contrepartie, l’État accordera à ces employeurs une subvention de l’ordre de 1.500 dirhams par mois, pendant une durée de 18 mois, pour chaque employé intégré.

 

Derrière Awrach, le concept de « l’école chantier »

En plus d’aider les personnes en difficulté, notamment celles qui ont perdu leur emploi en raison de la pandémie, et au-delà de l’aspect macro-économique qui vise à soutenir la consommation, Awrach cherche à améliorer l’employabilité.

Le ministre évoque le concept de l’école chantier. Ainsi, l’objectif est que les personnes recrutées pour ce programme puissent bénéficier de formations pratiques et acquérir des compétences non techniques (softs skills).

Au terme de leur contrat, les bénéficiaires auront une attestation valorisant cette expérience, qui pourra les aider à trouver un emploi dans le même domaine d’activité, notamment pour le volet des chantiers publics temporaires.

Pour ce qui est des 20% des emplois qui concernent les chantiers d’inclusion durable, l’objectif est d’aboutir à une pérennisation de ces emplois, après la durée de 24 mois.

Les instances de gouvernance

Younes Sekkouri a déclaré, lors de la session des questions orales au Parlement, que le principal défi sur lequel il concentrait ses efforts était que cet argent arrive directement aux employés, sans détournement.

C’est la raison pour laquelle la rémunération sera versée aux bénéficiaires directement par l’État à travers la CNSS. Les associations et les coopératives ayant participé au programme verront leurs frais remboursés à hauteur de 5% à 10% de chaque enveloppe.

Pour animer et assurer le suivi de la mise en œuvre de ce programme, un système de gouvernance à plusieurs niveaux a été établi. Il se compose d’un comité stratégique et d’un comité d’animation au niveau national, ainsi que de comités régionaux et provinciaux au niveau territorial.

Les orientations stratégiques du programme sont déterminées par le comité stratégique, sous la tutelle du chef du gouvernement. Le comité de pilotage, issu du comité stratégique et présidé par le ministre de l’Intégration économique, des petites entreprises, de l’emploi et des compétences, veille à la mise en œuvre des orientations stratégiques.

Au niveau de chaque région, un comité régional dirigé et supervisé par le wali sera créé pour assurer la mise en œuvre effective du programme au niveau de son territoire. Au niveau des provinces également, des comités provinciaux seront créés et dirigés par le gouverneur.

Un manuel de procédures, à destination des différentes parties prenantes, a été conçu afin d’optimiser la gestion de toutes les étapes du programme et de minimiser les incertitudes, annonce le ministre.

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