Le Maroc s’initie à l’agriculture circulaire
Considérée comme l’une des innovations de l’agroécologie, l’agriculture circulaire constitue un instrument pour faire émerger une agriculture marocaine à triple performance environnementale, économique et sociale.
Intervenant mercredi 12 janvier à l'ouverture d'un workshop international sur l'agriculture circulaire et les innovations agroécologiques, le ministre de l'Agriculture, Mohamed Sadiki, a mis l'accent sur les défis auxquels fait face l'agriculture en matière de durabilité et de sécurité alimentaire.
L'agroécologie s’impose en tant que domaine émergeant, avec des innovations écologiquement responsables permettant d’atteindre la durabilité dans un contexte de changements climatiques, a-t-il souligné.
Il s’agit, a expliqué le ministre, d’un ensemble de disciplines scientifiques, de concepts fondamentaux et de pratiques œuvrant à optimiser les interactions entre les êtres vivants et leur environnement, en plaçant les questions sociales, sanitaires et environnementales au centre des solutions, pour un système alimentaire durable et équitable à des échelles locale, régionale, voire mondiale.
Le Maroc a toujours placé l'agriculture au centre de ses stratégies en tant que moteur de la croissance de l'économie, a encore souligné le ministre. La nouvelle stratégie "Génération Green 2020-2030" vient renforcer ce choix, surtout au niveau du deuxième fondement relatif à la pérennité du développement agricole. Cette pérennité ne peut être atteinte, selon lui, qu’à travers une agriculture résiliente et éco-efficiente. La transition innovante des anciens modèles purement productivistes vers des systèmes de production agroécologiques durables, avec la mobilisation de tous les intervenants et une vision partagée, est un gage pour réussir ce challenge.
Un modèle d'avenir
Cette rencontre a été initiée sous le thème "L'agriculture circulaire et les innovations agroécologiques : expériences d’ici et d’ailleurs". Il s'agit d'une première initiative pour partager les expériences scientifiques sur deux thématiques : l’agroécologie face aux nouveaux enjeux de développement agricole durable, et l’agriculture circulaire comme alternative responsable au service des générations futures.
Cette rencontre a également été l’occasion de capitaliser sur les pratiques, les success stories et les innovations, en vue d’asseoir un centre national d’agroécologie au sein de l’École nationale d’agriculture de Meknès, au service des chercheurs, étudiants et agriculteurs.
Les participants à ce workshop ont mis l'accent sur l'importance de l’agriculture circulaire, en tant que composante de l’agroécologie et modèle d’avenir. L’idée est de produire de manière à réduire au minimum les pertes dans la chaîne de production, en conservant les résidus et/ou sous-produits de la biomasse agricole et de la transformation des aliments dans le système alimentaire, en tant que ressources renouvelables.
Selon les intervenants, les exploitations agricoles pratiquant l’agriculture circulaire réduisent les intrants et ferment les cycles autant que possible, en particulier ceux de l’azote, du phosphore, du carbone, de l’énergie et de l’eau.
Un centre d’innovation en agro-alimentaire à Meknès
Cette rencontre a été organisée par l’École nationale d’agriculture de Meknès et l’association Agripôle Innovation Meknès (Agrinova), en partenariat avec l’ambassade des Pays-Bas à Rabat. En marge de cet évènement, le ministre de l'Agriculture a inauguré le Centre d’innovation en agro-alimentaire de Meknès (CENAM Innovation). Il a également visité les laboratoires d’analyses et de recherche, ainsi que l’incubateur, et lancé les travaux de construction de la halle technologique du centre.
Enfin, trois conventions de partenariat ont été signées pour assurer le fonctionnement de ce centre.
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