Rabat-Salé-Kénitra : un fonds de 1,25 milliard de DH pour l’investissement et l’emploi (détails)

Pour les 100 jours de son investiture à la tête de la région Rabat-Salé-Kénitra, Rachid El Abdi annonce la couleur en tenant une session du conseil régional résolument tournée vers le soutien à l’investissement. Il explique à Médias24 les contours de cette orientation.

Rabat-Salé-Kénitra : un fonds de 1,25 milliard de DH pour l’investissement et l’emploi (détails)

Le 13 janvier 2022 à 15h33

Modifié 14 janvier 2022 à 11h31

Pour les 100 jours de son investiture à la tête de la région Rabat-Salé-Kénitra, Rachid El Abdi annonce la couleur en tenant une session du conseil régional résolument tournée vers le soutien à l’investissement. Il explique à Médias24 les contours de cette orientation.

Le conseil régional de Rabat-Salé-Kénitra (RSK) a validé, lors d’une session extraordinaire tenue jeudi 6 janvier, 19 conventions. Elles concernent l’investissement pour un montant global de 2 milliards de dirhams, dont une contribution du conseil de la région à hauteur de 1,5 milliard de dirhams. 

Le président du conseil régional, Rachid El Abdi, considère cette session extraordinaire, qui survient à peu près 100 jours après son élection à la tête de la région, comme le véritable démarrage de son mandat. Il ambitionne, à travers ces projets, d’augmenter le taux de croissance économique de la région de 2 à 3 points supplémentaires.

Contacté par Médias24, il explique que ces conventions, qui ont été votées à l’unanimité, sont le fruit d’une concertation avec les différents acteurs de la région, que ce soit les chambres professionnelles, les départements gouvernementaux, les autorités locales ou les élus locaux.

Un fonds d’investissement de 1,25 milliard de dirhams

Ainsi, le président du conseil de la région Rabat-Salé-Kénitra annonce la création d’un fonds d’investissement de 1,25 milliard de dirhams sur cinq ans (250 millions chaque année), destiné à soutenir les entreprises de la région et la création d’emplois.

L’offre proposée consistera en des subventions sur le foncier, la location et l’emploi. « Des régions ont établi une prime à l’emploi entre 4.000 et 6.000 dirhams. Nous allons, nous aussi, marcher dans le sillage de cette perspective », nous dit-il.

Rachid El Abdi rappelle la compétition qui existe entre les territoires, que ce soit au niveau national ou international, pour attirer les investisseurs. C’est la raison pour laquelle il veut doter Rabat-Salé-Kénitra d’une offre complète et compétitive.

Dans le même cadre, un projet d’accord-cadre de partenariat entre la région, la wilaya et le Centre régional d’investissement (CRI) a été validé par le conseil. Il vise la promotion de l’investissement et le soutien aux entreprises de la région. « Cet accord vise à doter le fonds d’investissement d’un cahier des charges précis et de procédures claires et visibles, sans tomber pour autant dans la lourdeur administrative », précise Rachid El Abdi.

Des incubateurs pour les sept préfectures et provinces de la région

Dans ce même esprit d’encouragement à l’investissement et à la création d’entreprises, le conseil régional a donné son aval pour un accord-cadre qui prévoit la création d’un incubateur dans chacune des sept préfectures et provinces de la région, que sont Rabat, Salé, Skhirat-Témara, Kénitra, Khémisset, Sidi Slimane et Sidi Kacem.

Ces incubateurs entrent dans le cadre du plan de développement régional (PDR). Ils ont pour but « d’enrichir l’écosystème local en aidant à créer des start-up qui vont accompagner les investisseurs de la région ».

« Chaque province a ses spécificités : il y a celles qui ont une spécialisation agricole et celles qui ont une spécialisation industrielle, dans les services ou encore la technologie de pointe », ajoute-t-il.

Pour la mise en place et la gestion des incubateurs, la région aura recours à un partenariat public-privé, qui pourra aussi assurer une formation de qualité, suivant un cahier des charges précis.

« Nous allons intégrer ces start-up sous une période d’incubation de 24 mois probablement. Nous allons non seulement les encadrer, mais aussi les suivre pour qu’elles puissent réussir leurs missions. Nous allons également les introduire dans les réseaux de production avec les investisseurs locaux », explique Rachid El Abdi.

Le président de la région évoque par ailleurs le problème du foncier. « Nous allons développer les zones industrielles, avec des zones franches comme celles de Bouknadel et de Kénitra et, éventuellement, une zone industrielle de 300 hectares sur Témara. Il y a aussi la zone industrielle de Ain Johra qui connaît une extension. »

Création de deux sociétés de développement régional

Le conseil a aussi validé la création de deux sociétés de développement local (SDL) : la première s’appelle Rabat-Région Réseaux Publics (3RP) et la deuxième Rabat-Salé-Témara Services.

3RP va gérer les réseaux publics, comme par exemple les réseaux d’assainissement. Quant à Rabat-Salé-Témara Services, elle va gérer différents services, y compris les divers mécanismes de soutien à l’investissement lancés par la région.

« Nous voulons développer les services équitablement au niveau de tout le territoire, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif », dit Rachid El Abdi, expliquant la logique à l’origine de cette décision. Il précise en effet que ces deux SDL s’inspireront des expériences les plus réussies et des compétences les plus développées dans certaines villes et provinces, afin de les généraliser progressivement à tout le territoire de la région.

« Nous ne voulons pas avoir de disparités entre les villes de la région. Rabat présente aujourd’hui des indicateurs corrects, contrairement à d’autres villes qui sont plus exposées à la précarité et au manque d’infrastructures. Nous voulons que ces villes puissent bénéficier des mêmes services, que les écarts soient réduits et que leurs indicateurs puissent rejoindre ceux de Rabat, Salé et Témara », précise-t-il.

Des villes intelligentes et écologiques

Enfin, une convention a été validée pour la création d’une smart city à El Irfane, à Rabat. « El Irfane est un quartier où l’on produit de la connaissance. Les jeunes cadres de demain, qui y seront, doivent justement avoir un environnement adéquat et inspirant. »

La région veut que ce chantier, qu’elle lance en partenariat avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), soit un projet pilote dans la région, qui puisse être développé dans d’autres zones par la suite.

Une autre convention a été votée pour la création d’une cité des métiers à Salé, avec le déménagement des professionnels dans de nouvelles zones d’activités. Rachid El Abdi indique qu’il s’agit du complexe artisanal El Oulja à Salé.

« C’est une zone où l’on produit à partir de la matière première jusqu’au produit fini. C’est également une zone stratégique, puisqu’elle héberge des centaines de petits projets d’artisanat. Mais elle est déjà très polluée », déplore Rachid El Abdi.

L’idée est de déplacer les activités polluantes hors de ce site pour qu’il demeure réservé à l’exposition. Autrement dit, une zone qui réponde mieux aux normes écologiques devra les accueillir.

Rachid El Abdi a déjà une idée en tête : « La matière première, nous l’amenons dorénavant depuis Laarjet ; il faut donc aller à Laarjet pour produire. Il faut exposer au niveau d’El Oulja, mais dans un cadre convivial, écologique, et qui réponde aux normes que nous sommes en train de mettre en place. »

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