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Fusion Uber-Careem : au Maroc, l’opération bloquée depuis 2019

Près de trois ans après sa saisine, le Conseil de la concurrence ne s’est toujours pas prononcé sur l’acquisition de Careem par Uber.

Fusion Uber-Careem : au Maroc, l’opération bloquée depuis 2019
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Le 13 janvier 2022 à 18h31 | Modifié 13 janvier 2022 à 18h34

Bouclée à l’international, la fusion Uber-Careem cale au Maroc où elle est suspendue à l’aval du Conseil de la concurrence. La position définitive du régulateur est attendue depuis 2019, année lors de laquelle l’opération lui a été notifiée par le géant américain des VTC.

Officiellement, l’instruction de cette concentration économique en est à « sa phase 2 ». Saisi en avril 2019, le Conseil de la concurrence avait, quelques mois plus tard, fini par sursoir à sa décision sur le rachat des actifs de Careem par Uber Technologies, engageant par la même occasion un « examen approfondi ». Ce type de procédures est de rigueur lorsqu’il « subsiste un doute sérieux d’atteinte à la concurrence ».

Au sein du Conseil, on a estimé que le rapprochement entre les deux opérateurs « pourrait limiter la possibilité pour les concurrents d’accéder » au marché « des applications relatives aux services de mise en relation des clients avec les taxis ». Une décision motivée, entre autres, par « l’absence d’autres concurrents potentiels de la taille de Uber Technologies ».

C’est qu’à l’époque de la saisine, Uber et Careem étaient les seules entités d’envergure à offrir ce type de services dans le « secteur non réglementé du transport ». Le premier, leader mondial, s’est installé au Maroc en 2015, avant de suspendre ses activités trois ans plus tard. Originairement basé à Dubaï, Careem Inc opère au Maroc depuis 2017. À l’échelle mondiale, Uber a racheté son concurrent pour plus de 3 milliards de dollars, tout en maintenant des marques indépendantes.

L’objet de l’examen approfondi devait porter sur la question de la définition des marchés pertinents, et sur les éventuelles répercussions de cette opération concernant la concurrence sur les marchés concernés.

Plus de deux ans après l’ouverture de l’examen approfondi, une décision se fait toujours attendre

Dans son rapprochement avec Careem, Uber est conseillé par le cabinet international GIDE Loyrette Nouel. Pour l’entreprise américaine, « l’opération envisagée ne soulève aucune question de concurrence au Maroc, notamment compte tenu du fait que le marché pertinent comprend tous les moyens de transport que les utilisateurs peuvent utiliser pour se déplacer à l’intérieur de la ville », lit-on dans ses observations communiquées en mai 2020 au Conseil de la concurrence. Ce document contient également les engagements de l’entreprise, portant notamment sur des plafonnements tarifaires ainsi que sur l’introduction d’un prix de référence.

Mais plus de deux ans se sont écoulés après l’ouverture de l’examen approfondi, et l’on en est encore à attendre une décision. La procédure est pourtant encadrée par des délais. La loi 104-12 astreint le Conseil à se prononcer dans les 90 jours suivant le démarrage de l’instruction. Un délai qui peut-être suspendu à la demande des parties, mais dans la limite de 30 jours.

D’autres cas de suspensions sont envisageables, cette fois-ci à l’initiative du régulateur. La loi cite les cas où « les parties ayant procédé à la notification ont manqué de l’informer d’un fait nouveau dès sa survenance ou de lui communiquer, en tout ou partie, les informations demandées dans le délai imparti, ou que des tiers ont manqué de lui communiquer, pour des raisons imputables aux parties ayant procédé à la notification, les informations demandées » (article 17 de la loi 104-12).

Sollicitées sur les raisons du retard, des parties proches du dossier nous ont opposé le secret de l’instruction. Au passage, on nous glisse que le rapporteur en charge du dossier a été limogé quelques semaines seulement après la suspension de l’opération.

D’autres sources font le lien avec une procédure parallèle visant Careem, accusée de "concurrence déloyale" par Heetch, un concurrent français basé au Maroc. Ce dernier a introduit une saisine contentieuse où la décision est, là aussi, attendue depuis 2019. Selon nos informations, des consignes ont été récemment données pour relancer ce dossier, jusque-là en stand-by.

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Le 13 janvier 2022 à 18h31

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