Deepecho, la startup marocaine de l’échographie prénatale
Deepecho est une startup deeptech qui parie sur une solution intelligente, produisant des résultats d'échographie fœtale avec une précision et une efficacité accrue. Zoom sur cette startup prometteuse à même de dessiner le futur du diagnostic prénatal.
L’ambition de Deepecho est noble : participer à la réduction de la mortalité prénatale et maternelle par un diagnostic échographique, plus précis et précoce, des anomalies fœtales.
En effet, la mortalité et la morbidité infantiles font des ravages puisque parmi les 130 millions de bébés qui naissent chaque année, 8 millions voient le jour avec une malformation congénitale et près de 450 meurent chaque heure. L’échographie des premier et deuxième trimestres de la grossesse est indispensable car elle permet de détecter 60 % des malformations majeures à expression précoce. Or, au Maroc, près d’un quart des femmes enceintes ne consultent pas de médecin durant leur grossesse.
De surcroît, l’échographie obstétricale est un examen complexe et chronophage qui souffre d’un inconvénient majeur : « Les mesures effectuées varient d’un opérateur à l’autre et souffrent d’un défaut de précision qui a des conséquences parfois dramatiques », précise l’équipe de Deepecho à Médias24.
L'intelligence artificielle au service des médecins
Fort de ce constat, DeepEcho s’affranchit de cette limite en construisant un puissant algorithme fondé sur l’intelligence artificielle, s’adressant aux médecins pour détecter les plans biométriques standards et automatiser des mesures, avec plus de rapidité et de précision.
« La solution aide le médecin à avoir en quelques secondes un plan standard de qualité optimale et à calculer instantanément les principales mesures de biométrie fœtale comme la longueur du fémur (LF), le périmètre crânien (PC) et le périmètre abdominal (PA). Il passe d’un examen de vingt à trente minutes en moyenne à un résultat en moins d’une minute », explique l’équipe de Deepecho.
Qui plus est, la solution répond à une autre problématique, celle de la variabilité entre observateurs. «Deepecho a le potentiel de faire évoluer le rôle des échographistes, en minimisant les aspects du travail chronophages et qui requièrent moins de compétences », pointe notre interlocuteur.
Deepecho compte devenir une plateforme mainstream qui « peut être utilisée, en Cloud ou en SAAS, par toutes les marques de matériels médicaux comme General Electric, Philips ou le géant de l’IA et nouvel acteur incontournable de la HealthCare MS Nuance ».
La solution est mise au point par une équipe multidisciplinaire, engagée et expérimentée. El Houssine Bouyakhf, ex-professeur chercheur à la Faculté des sciences Mohammed V de Rabat et fondateur du Laboratoire d’informatique, mathématiques appliquées, intelligence artificielle et reconnaissance de formes, LIMIARF, en 1990 (1er laboratoire d’IA au Maroc), collabore aujourd’hui avec Saâd Slimani, résident en radiologie au CHU Ibn Rochd de Casablanca, en charge de la mise en place de la stratégie et de la feuille de route médicale de la supervision des études cliniques. Abdelhak Mahmoudi, professeur chercheur à l’Université Mohammed V de Rabat à l’IMIARF, quant à lui, pilote l’équipe technique et le développement des modèles d’intelligence artificielle de Deepecho, tandis que Youssef Bouyakhf, ingénieur de formation qui a fait ses classes à l’École Centrale de Paris et à l’ESSEC, s’assure d’apporter vision et stratégie à ces développements pour aboutir à une solution scalable qui réponde précisément aux besoins du marché.
Deepecho, en phase d’étude clinique prospective multicentrique
C’est bien parti pour Deepecho qui souhaite devenir l’un des leaders mondiaux dans le secteur de l’e-santé. La startup a réussi à gagner la confiance d’acteurs de choix qui ont d’ores et déjà acté un partenariat d’accompagnement, d’investissement et de co-développement, comme Microsoft Cloud for Healthcare, l’UM6P Ventures ou l'accélérateur Californien Plug and Play.
Pour l’heure, la startup qui s’est investie depuis 2020 dans le développement de sa solution, en est au stade avancé de validation par une étude clinique prospective multicentrique. Une première mondiale selon l’équipe de Deepecho ! L’étude se déroule dans cinq structures, dont quatre CHU entre Casablanca et Oujda, avec la participation de références nationales de la médecine fœtale tels que le Dr M. Akiki, le Pr D. Laoudiyi, le Pr A. Lamrissi, le Pr H. Saadi et le Pr A. Bouziyane.
La startup souhaite que la solution soit indépendante des compétences, facile à utiliser et aussi fiable que possible. « Demain, les modèles de Deepecho pourront être opérationnels dans les déserts médicaux au Maroc et en Afrique. »
La donnée, un 'must have' pour le développement de solutions intelligentes
Quand bien même Deepecho fait valoir son ambition de participer à développer un pool d’expertise dans le domaine de l’e-santé au Maroc, l’accessibilité aux données reste la grande problématique à résoudre : « Bien que nous ayons obtenu l’autorisation de la CNDP, nous ne sommes pas en capacité de faire suffisamment de collecte de données au Maroc, alors que celles-ci devraient être agrégées dans un hub, afin d'aider les startups marocaines à avoir une vitesse d’action et un impact plus important pour la construction de solutions technologiques intelligentes et compétitives. »
À cet égard, la start-up Deepecho, via AIOX Labs (laboratoire qui l’a vue naître), travaille en étroite collaboration avec l’UM6SS, pionnier de l’innovation médicale au Maroc, pour définir et mettre en place ensemble les conditions nécessaires à l’émergence d’une filière Healthtech en IA au Maroc.
Deepecho, qui combine amélioration des performances d'imagerie fœtale et utilité clinique, pourra à terme élargir son marché pour inclure l’ensemble des périmètres d’échographie, outil indispensable pour tout diagnostic, de la tête au pied. Ce scénario devrait être son principal moteur de croissance à moyen et long terme, et un atout déterminant pour en faire potentiellement une très belle success story de la Healthtech marocaine.
à lire aussi
Article : Jeudi 16 avril 2026 : le dirham s'apprécie face au dollar
Ce jeudi 16 avril 2026 vers 8h30, la première cotation centrale USD/MAD de la journée, telle que publiée par Bank Al-Maghrib (BAM), fait ressortir la […]
Article : Gasoil. Vers une hausse moyenne d’un dirham dès ce jeudi 16 avril 2026
Les prix du gasoil devraient augmenter d’environ un dirham par litre au Maroc à partir de jeudi 16 avril à 00h01, a indiqué à Médias24 une source professionnelle, dans un contexte de tensions continues sur les marchés énergétiques mondiaux liées à la guerre d’Iran.
Article : Renault prévoit de réduire de 15 à 20% ses effectifs d’ingénieurs dans le monde, le Maroc suit de près
Le constructeur français veut accélérer ses cycles de développement et alléger ses coûts face à une concurrence chinoise de plus en plus agressive. Pour le Royaume, où Renault pèse lourd dans l’écosystème automobile, l’évolution de ce chantier interne sera observée avec attention.
Article : Régularisation des migrants en Espagne : calendrier, conditions et documents requis
L’Espagne lance une régularisation exceptionnelle visant près de 500.000 migrants, avec des demandes en ligne dès le 16 avril 2026, sur fond de forte affluence de ressortissants marocains dans les consulats, notamment à Almería.
Article : La cheffe de la diplomatie européenne en visite officielle au Maroc pour renforcer le dialogue Rabat-Bruxelles
La Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, effectue une visite au Maroc les 16 et 17 avril 2026, marquée par des entretiens avec Nasser Bourita et des échanges avec des acteurs académiques et économiques.
Article : Croissance, social, investissement… devant le Parlement, Aziz Akhannouch déroule le bilan détaillé de son gouvernement
Face aux deux Chambres, réunies pour l'occasion, le chef du gouvernement a mis en avant les principaux marqueurs de son mandat, du reflux de l’inflation à l’élargissement de la protection sociale, en passant par la hausse de l’investissement public. Une manière de replacer son mandat dans un temps long, au-delà des chocs conjoncturels.