Bon démarrage de la campagne agricole en espérant une pluviométrie au rendez-vous

Du baume dans les campagnes. Le peu de pluies récentes a encouragé les agriculteurs à semer. Ces derniers espèrent que la pluviométrie sera au rendez-vous et que les prix des engrais azotés importés seront subventionnés.

Bon démarrage de la campagne agricole en espérant une pluviométrie au rendez-vous

Le 8 décembre 2021 à 13h52

Modifié 8 décembre 2021 à 19h49

Du baume dans les campagnes. Le peu de pluies récentes a encouragé les agriculteurs à semer. Ces derniers espèrent que la pluviométrie sera au rendez-vous et que les prix des engrais azotés importés seront subventionnés.

Le peu de pluies enregistrées ces derniers temps a encouragé les agriculteurs à procéder aux semailles. Selon Rachid Benali, premier vice-président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER), « c’est une année qui démarre assez bien dans la majorité des régions céréalières, malgré l’arrivée tardive des pluies ».

À ses yeux, la disponibilité du matériel agricole a permis aux agriculteurs d’accélérer les emblavements des céréales vers fin novembre et début décembre, de sorte que le programme des cultures d’automne, arrêté par le gouvernement, sera probablement déployé avant fin décembre, délais requis pour les semis des céréales.

À cet effet, les prévisions du ministère de l’Agriculture concernant les grandes cultures annuelles portent sur une superficie globale de 5,5 millions d’hectares, dont 4,6 millions de céréales, près de 510.000 de cultures fourragères et 200.000 ha de légumineuses alimentaires. À la condition que la pluviométrie soit au rendez-vous, est-il nuancé.

Une réserve est également affichée pour ce qui est des périmètres irrigués. Dans ces zones, « un programme d’assolement rigoureux d’installation des cultures est établi sur une superficie de 114.000 ha de maraîchage d’automne et plus de 47.000 ha de betterave à sucre. Ce programme est réparti dans les régions selon les réserves hydriques disponibles ».

Pour la COMADER, la situation a bien évolué depuis le lancement de la campagne agricole, mais l’élan constaté risque d’être freiné par deux facteurs limitants.

Selon notre interlocuteur, « le principal souci des producteurs des céréales tient à la rentabilité de la filière ». Or, ce qui est constaté aujourd’hui, c’est la hausse continue des coûts d’intrants face à la stagnation des prix de vente depuis plus de trente ans.

En effet, la fixation d’un prix de référence pour le blé tendre ne permet pas aux agriculteurs de bénéficier des fluctuations des cours à l’international. Cette céréale – la plus consommée au Maroc – a vu ses prix augmenter de 23% en moyenne à fin octobre dernier, selon la Banque mondiale. Et ils restent promis à la hausse compte tenu des récoltes attendues au Canada, aux États-Unis et en Russie.

Le prix de l’engrais azoté a quasiment doublé

L’autre facteur concerne cette année le prix, jugé exorbitant, de l’engrais azoté, l’ammonitrate 33,5.

Cet engrais de couverture, qui est importé, a vu son prix pratiquement doubler d’une campagne à l’autre. Il est ainsi passé de 330 à 700 DH le quintal. « L’apport de ce fertilisant est indispensable pour assurer une moisson convenable. Sauf qu’à ce niveau de prix, 90% des agriculteurs ne pourront pas l’acheter, compte tenu du fait que sur les 1,2 million d’agriculteurs qui produisent des céréales, 80% sont des petites et moyennes exploitations », explique Rachid Benali.

Selon les dernières données de la Banque mondiale, le marché des phosphates et engrais azotés reste sur une tendance haussière depuis 2020. Sur les dix premiers mois de 2021, les cours du DAP (phosphate de diammonium) ont flambé de plus de 90%. Cette forte hausse est stimulée par des perspectives d’offre et de demande serrées à court terme, et par des niveaux élevés des prix des matières premières (énergie, maïs, soja, sucre…), impactant à la hausse les marchés des engrais.

Pour juguler la contrainte, la COMADER estime qu’il est urgent pour le gouvernement de trouver une solution rapide via l’octroi d’une subvention. « À défaut, le pays risque de perdre des dizaines de millions de quintaux de céréales », alerte le syndicat des exploitants agricoles. Ce dernier a procédé à des calculs de rentabilité : il en ressort qu’en subventionnant 1 million de quintaux d’ammonitrate à 350 DH le quintal (350 millions de DH), il est possible d’assurer au moins 12 millions de quintaux de plus en blé tendre.

« De ce fait, le pays gagnerait au moins 3 milliards de DH au titre des importations. Surtout dans ce contexte de renchérissement soutenu des cours mondiaux des céréales », argumente le premier vice-président de la COMADER.

Pour rappel, le ministère de l’Agriculture a prévu une série de mesures incitatives ciblant la disponibilité des divers intrants à des prix bonifiés. C’est le cas des semences certifiées et des engrais phosphatés. Ainsi, 1,6 million de quintaux de semences certifiées de céréales seront commercialisées à des prix subventionnés.

S’agissant des fertilisants, l’approvisionnement du marché est assuré à hauteur de 490.000 tonnes d’engrais de fonds. Le ministère précise que « la stabilité des prix est uniquement assurée pour les engrais phosphatés de fabrication locale ».

Par ailleurs, la poursuite de l’encouragement de l’investissement agricole est toujours à l’ordre du jour du gouvernement.

Le montant de subventions prévisionnel pour 2022 est de près de 4,49 milliards de DH pour un investissement global de 9,2 milliards.

Pour ce qui est du financement, le groupe Crédit Agricole du Maroc (GCAM) a pris les dispositions financières et réglementaires nécessaires pour répondre aux besoins de financement de la campagne agricole. Une enveloppe de 8 milliards de DH est ainsi dédiée au financement de l’actuelle campagne, contre 4 milliards lors des campagnes précédentes, avec le lancement de nouveaux produits : « Tasbiq FDA » et « Tasbiq Tasdir ».

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