L’ancienne décharge de Mediouna sera transformée en espace vert
Le nouveau conseil communal de Casablanca a réussi son pari. La décharge sauvage de Médiouna, l’un des dossiers les plus épineux dont il a hérité de l’ancien bureau, a fermé ses portes le week-end dernier. Que deviendra ce site ? Sera-t-il réhabilité ? Voici ce que l’on sait.
Les travaux de fermeture de la décharge sauvage de Mediouna, entamés le vendredi 19 novembre comme annoncé par Médias24, ont pris fin durant le week-end. Les habitants de la région tournent enfin la page de plus de dix années de nuisance.
Que deviendra l’ancienne décharge ?
S’étalant sur une surface d’environ 60 hectares, cette décharge sauvage est exploitée depuis 1986. Faute d’étude pour déterminer son exploitation, elle consistait en un simple dépôt, qui accueillait les déchets produits par la ville de Casablanca et les communes avoisinantes, estimés à 3.800 tonnes par jour (contre environ 1.850 t/j en 1989).
Le lixiviat, avec des concentrations élevées en métaux et de forts débits journaliers, estimés à environ 400 m3 par jour, lié en grande partie à l’eau contenue dans la matière fermentescible des déchets, s’est infiltré durant des années dans l’aquifère, conduisant à sa pollution.
L’avancement du front de la pollution s’est fait en direction de la ville, dans une zone à vocation agricole. Une situation décriée depuis plusieurs années par les habitants de la commune d’El Mejjatia qui l’abrite, et par les riverains.
Enfin fermé, ce site, arrivé à saturation depuis bien plus d’une année, "laissera place à un espace vert accessible au public", apprend Médias24 auprès d’un membre du conseil de la ville de Casablanca.
"Deux aspects devront être réglés sur ce site, dont le premier est relatif à l’ancienne décharge elle-même", ajoute notre interlocuteur.
"Le site sera complètement couvert de terre végétale. Au mois d’avril 2021, 80% de la décharge était déjà recouverte." Depuis, l’enfouissement des déchets était toujours effectué sur les 20% restants, mais de manière différente. Une conduite a été mise en place pour drainer le lixiviat vers un bassin construit au niveau de la décharge contrôlée.
Vu que la nouvelle décharge est enfin opérationnelle, "la couverture de l’espace restant par la terre végétale sera donc bientôt entamée" par le maître d’ouvrage délégué Casa Baiaa, poursuit notre source. Celle-ci nous confie que pour l’instant, aucun appel d’offres pour sa réhabilitation n’est prévu.
Traitement du lixiviat
"Le second aspect est relatif au traitement du lixiviat. Ce liquide est drainé dans un bassin de 38.000 m3, mis en place au niveau de la nouvelle décharge, depuis la construction et l’équipement de celle-ci. À présent, ajoutés au lixiviat qui sera collecté au niveau de la nouvelle décharge et aux eaux pluviales, ils seront conduits vers un grand bassin pour le traitement."
En effet, la nouvelle décharge contrôlée, qui s’étend sur 35 ha, est équipée d’un casier d’enfouissement sur 11 ha, qui devrait accueillir environ 4.000 tonnes de déchets par jour, provenant de la métropole et de dix autres communes avoisinantes, à savoir Médiouna, Mejjatia Ouled Taleb, Sidi Hajjaj Oued Hassad, Tit Mellil, Lahraouiyine et l’Etablissement de coopération intercommunal Al Bayda, composé des communes de Dar Bouazza, Ouled Saled, Ouled Azzouz, Bouskoura et Nouaceur.
Casier d'enfouissement de 11 ha
Un bassin de drainage de lixiviat a également été mis en place pour conduire ce liquide vers un bassin spécifique, dans le but de le traiter par la suite. Il s’agit d’une solution provisoire, en attendant la construction d’une usine de valorisation des déchets, dont l’équipement et la mise en service nécessiteront une durée d’environ trois ans au minimum, ainsi qu’un centre de tri.
Bassin de collecte de lixiviat
Rappelons que le traitement du lixiviat n’entre pas dans les attributions de SOS NDD, gestionnaire de la décharge contrôlée. Un appel d’offres devrait être lancé dans ce sens, le but étant d’éviter les débordements vers l’extérieur du site et la pollution des nappes phréatiques.
Dans un article précédent, une source de SOS NDD nous avait fait savoir que le seul traitement du lixiviat valait le double du coût d’exploitation de la décharge, qui s’élève à environ 45 millions de DH.
Notre interlocuteur au sein du conseil de la ville nous fait par ailleurs savoir qu’un autre projet est dans le pipe à Médiouna. Il s’agit de "l’aménagement de la voie rapide reliant la commune à l’aéroport de Casablanca. La route existante sera réaménagée pour devenir une voie rapide conduisant vers l’aéroport", conclut notre source.
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En images, la nouvelle décharge contrôlée de Médiouna
À Casablanca, la décharge sauvage de Médiouna en cours de fermeture
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