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Conflit du Sahara : Témoignage d’un ancien haut cadre du polisario en exil à Nouakchott

ENTRETIEN. Quelques jours après l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité qui conforte la position marocaine et les accusations algériennes d’avoir bombardé trois de ses ressortissants dans la zone tampon, Médias24 a recueilli la lecture de Mustafa Salma Ould Sidi Mouloud, ex-cadre du polisario qui dirigeait la police des camps de Tindouf avant d’être forcé à l’exil à Nouakchott depuis 2010.

Mustafa Salma, ancien chef de la police dans les camps de Tindouf.

Conflit du Sahara : Témoignage d’un ancien haut cadre du polisario en exil à Nouakchott

Le 5 novembre 2021 à 19h30

Modifié 5 novembre 2021 à 19h30

ENTRETIEN. Quelques jours après l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité qui conforte la position marocaine et les accusations algériennes d’avoir bombardé trois de ses ressortissants dans la zone tampon, Médias24 a recueilli la lecture de Mustafa Salma Ould Sidi Mouloud, ex-cadre du polisario qui dirigeait la police des camps de Tindouf avant d’être forcé à l’exil à Nouakchott depuis 2010.

     Médias24 : Pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas, quel a été votre parcours jusqu’à votre départ du polisario ?

Mustafa Salma Ould Sidi Mouloud: Né en 1969 sous le nom de Seyyed Mouloud Sahrawi Mazad à Zammour qui se trouve à la périphérie de la ville marocaine de Smara, j’y ai vécu jusqu’à octobre 1979 avant d’être kidnappé avec ma famille par le polisario qui nous a transférés de force dans les camps de réfugiés de Tindouf en Algérie.

J’y ai suivi mon cycle primaire avant de m’installer en Libye puis en Algérie pour poursuivre mes études secondaires et enfin un cursus universitaire avant d’entamer une carrière professionnelle à Tindouf.

En effet, à partir de l’année 1991, j’ai travaillé au sein du service de police du front polisario avant d’être nommé directeur central de la police judiciaire puis enfin secrétaire général de la police.

Depuis 2010, je suis réfugié en Mauritanie après y avoir été exilé par le front après une dispute politique qui portait sur mon soutien à la proposition d’autonomie comme solution réaliste au conflit du Sahara.

-Pourquoi avoir quitté les rangs du polisario alors que votre avenir professionnel était assuré en tant que cadre supérieur de la police ?

-Appartenant à la plus grande tribu du Sahara présente dans plusieurs camps algériens de réfugiés et dans plusieurs régions du Maroc, j’ai forcément grandi en étant imprégné de l’idéologie du front qui nous a littéralement saturés des thèses de l’indépendance et de l’idée de créer un État indépendant.

Comme beaucoup d’habitants des camps, je pensais que c’était vraiment possible avant de visiter le Maroc et de comprendre que l’option de l’indépendance n’était pas possible et que le Maroc n’était pas aussi mauvais qu’on nous l’enseignait dans les camps.

Lors de ma visite, j’ai constaté que les gens des régions du sud et du nord coexistaient paisiblement, et que contrairement à la théorie qu’on nous rabâchait dans les camps selon laquelle le Maroc voulait exterminer les Sahraouis pour s’accaparer une terre sans peuple., il y avait des développements flagrants.

Avec le recul, j’ai compris que j’avais été naïf et que ce que je pensais avant était totalement faux.

C’est la raison pour laquelle, après ma visite au Maroc, j’ai décidé de revenir à Tindouf pour expliquer à ma famille la réalité constatée sur place et tâcher d’étudier les options pratiques qui s’offraient à nous pour sortir de la situation difficile voire du piège dans lequel nous vivons depuis des décennies.

C’est d’ailleurs au moment où j’étais sur le point de retourner auprès de ma famille et de mon peuple dans les camps que j’ai compris que la cause du polisario n’était pas basée sur une erreur, mais plutôt sur une politique délibérée à notre égard pour que nous restions au front et que les camps perdurent.

Cette prise de conscience m’a valu d’être expulsé par les dirigeants du front qui m’ont exilé en Mauritanie, après avoir compris que mes convictions ne changeraient pas en revenant à ce qu’ils m’avaient inculqué.

-En 2010, vous vous êtes prononcé pour la solution de l’autonomie marocaine, pourquoi un tel revirement après 42 ans dans les camps de Tindouf où vous réclamiez la tenue d’un référendum ?

-Comme expliqué précédemment, je n’ai pas choisi de rejoindre le front qui m’a d’abord emmené de force avec mes frères alors que nous étions de jeunes garçons, loin de notre père, puis nous ont élevés avec l’idéologie qu’ils voulaient.

En réalité, j’ai embrassé la pensée du polisario non pas par conviction mais par manque d’autre choix.

De plus, nous vivions dans une région désertique coupée du reste du monde, et ceux qui se rendaient au Maroc et ne revenaient presque jamais étaient considérés par le polisario comme des traîtres à la cause.

« Ils voulaient que nous restions dans les camps, et pas seulement pour une indépendance impossible, mais pour garder leur autorité »

Programmés comme nous l’étions, nous n’avons jamais imaginé que la soi-disant cause indépendantiste sur laquelle reposait toute la direction du front était basée sur des chimères et des mensonges.

Ce n’est que quand j’ai visité le Maroc et vu sa réalité que j’ai compris qu’ils voulaient que nous restions dans les camps, et pas seulement pour une indépendance impossible, mais pour garder leur autorité.

En effet, les dirigeants qui sont contrôlés par l’Algérie, ne se soucient absolument pas des Sahraouis comme ils le font avec leurs propres intérêts qui dépendent d’une opposition systématique au Maroc.

C’est au moment de mon voyage au Maroc que je me suis rendu compte que l’option de l’autonomie proposée par le Royaume était une solution raisonnable, possible et surtout réaliste.

D’ailleurs, ce que propose le Maroc est semblable à ce que nous vivons dans les camps sahraouis qui gèrent leurs affaires intérieures, tandis que l’Algérie s’occupe des frontières et des relations extérieures.

-11 ans après avoir quitté cette organisation séparatiste, quelles sont vos convictions actuelles ?

-Aujourd’hui, ma conviction est la même que lorsque j’ai déclaré reconnaître la validité et le réalisme de l’autonomie comme solution au conflit du Sahara.

Elle n’a absolument pas changé sauf qu’elle est devenue plus claire et plus enracinée dans mon esprit, non seulement pour moi, mais aussi pour la communauté internationale du fait des nombreux consulats qui ont été ouverts dans les provinces marocaines du sud sans parler de la reconnaissance américaine.

-Comment vivez-vous votre exil à Nouakchott loin de votre femme et de vos cinq enfants ?

-L’exil est une épreuve douloureuse mais ce qui apaise ma souffrance d’être séparé de ma famille est que j’ai la conviction que le chemin que j’ai choisi apportera tôt ou tard du bien à tous les sahraouis.

-Pourquoi ne vous êtes-vous pas installé au Maroc où vit une partie de votre famille ?

-Ma présence en Mauritanie n’est pas un choix, car j’y ai été amené par le Haut-Commissariat aux réfugiés après mon expulsion forcée par le polisario qui voulait se débarrasser de ma voix dissonante.

J’attends toujours un document de voyage qui me permettra de me déplacer hors de Mauritanie.

     -Selon vous, quelle est la meilleure solution pour régler définitivement ce conflit qui s’éternise ?

-Au regard de la profonde divergence actuelle des points de vue, je ne vois pas de solution idéale pour tout le monde car chacun veut privilégier la solution qui l’arrange.

Cela dit, une solution réaliste passera obligatoirement par un compromis qui prend en compte l’intérêt de tout le monde à savoir une autonomie avec des accords bilatéraux avec l’Algérie.

-Quelle est votre analyse de l’évolution du polisario depuis sa création en 1973 et ses dirigeants actuels ?

-Le polisario est un mouvement de jeunes dont les fondateurs ont été influencés par la vague de libération révolutionnaire qui a prévalu dans les années soixante et au début des années soixante-dix.

Comme leur ambition dépassait les limites de leurs capacités, ils ont été récupérés par des mouvements de la région qui les ont emmenés loin vers l’est, où ils se sont retrouvés piégés et le sont toujours.

Pauvres, ces révolutionnaires qui se sont rapidement retrouvés aux mains de l’Algérie et du soutien financier illimité de la Libye ont réalisé ce qu’ils voulaient en termes de pouvoir, de prestige et de richesse dont ils n’avaient pas rêvé.

Mais au détriment de dizaines de milliers de Sahraouis attirés vers les camps sous le slogan de libération, mais pour devenir, avec le temps otages des agendas étrangers, dont ils ne savent pas quand ils les abandonneront.

-Quel est votre point de vue sur le secrétaire général du polisario, Brahim Ghali, qui vous a traité de traître quand il était ambassadeur de son organisation à Alger ?

-Ghali n’est en fait qu’une personne que le hasard a hissée vers le haut après la mort de Mohamed Abdelaziz.

Ses paroles et ses actions ne sont pas importantes car tout le monde sait qu’il n’a aucune parole et que s’il avait été vraiment honnête et sincère, il aurait dû jeter l’éponge au dernier congrès du front.

Mais lui, comme d’autres qui atteignent les sommets du pouvoir par pur hasard, sont la plupart du temps trompés par l’autorité et sa splendeur et s’accrochent par conséquent à leur chaise jusqu’à la mort.

-Que pensez-vous du système politique actuel de l’Algérie qui met le polisario au centre de sa politique étrangère et qui donne l’impression d’être bien plus anti-marocain que ne l’était Boumedienne ?

-C’est vrai qu’ils se ressemblent car Tebboune a revêtu le costume du révolutionnaire du XXIème siècle et a adopté la posture et les idées de Boumediene en ce qui concerne la question du Sahara,

L’objectif étant de faire croire aux Algériens, à qui il a été imposé comme président par les militaires, qu’il allait d’une part leur redonner leur dignité et de plus restaurer le prestige international de l’Algérie,

Une place de l’État algérien qui avait été affectée par la bande [issaba] à l’intérieur et à l’extérieur.

Mais en réalité, le président Tebboune ne reste qu’un outil pour les militaires qui gouvernent vraiment l’Algérie sous prétexte qu’ils seraient les héritiers du Front de libération et les protecteurs de la patrie.

-Vous attendiez-vous à la rupture en août des relations diplomatiques avec le Maroc ?

-Après que le Maroc eût sécurisé le passage de Guerguerat, je m’attendais effectivement à une confrontation algéro-marocaine qui aille même bien au-delà de la rupture des relations.

En effet, l’Algérie n’a d’autre choix que l’affrontement direct, car toutes ses tentatives de s’imposer à l’échelle régionale et de faire aboutir à l’international la cause du polisario ont échoué.

-Comment jugez l’escalade quasi-quotidienne des tensions cultivées par la presse algérienne, faut-il en déduire que la vraie finalité de ses autorités est de déclencher un conflit armé avec le Maroc ?

-Après les événements de Guergarat, l’Algérie s’est retrouvée en position de faiblesse et la mobilisation de ses médias contre le Maroc n’est en réalité qu’une réaction naturelle à la suprématie marocaine.

Cette stratégie de la tension entretenue par ses médias a pour seul but de calmer la rue algérienne le temps qu’il faudra pour que l’Algérie puisse se préparer à une confrontation armée avec le Maroc.

En effet, au regard de sa grave crise économique et son absence d’alliés stratégiques, l’Algérie n’est pas encore prête à l’affrontement, même si ce scénario deviendra presque inévitable dans un certain temps.

-Faut-il croire ceux qui avancent que l’Algérie provoque sciemment des incidents à répétition comme la récente mort de 3 civils algériens sur la route Nouakchott-Ouargla attribuée aux FAR  ?

-En l’absence d’un organe neutre pour enquêter sur cet accident qui a coûté la vie aux transporteurs algériens, cet événement ne pourra pas être, selon moi, totalement élucidé dans les jours à venir.

Cela dit, en pareille circonstance, tout reste possible car en réalité tout ce qui permet d’entretenir un climat d’escalade algérienne est le bienvenu pour qu’au final le Maroc ne soit pas reconnu comme étant supérieur face à l’incapacité et au manque de préparation à l’affrontement de l’Algérie.

De plus, il ne faut pas exclure que cet accident ait été provoqué délibérément.

Sachant que près du lieu de l’accident, il y a le quartier général des forces de la Minurso, il faut espérer qu’elle sera autorisée à mener une enquête car il ne faut pas oublier que le dernier rapport du SG a révélé que le polisario multipliait les tentatives de restreindre les activités du personnel de la mission.

-Avez-vous une explication personnelle à l’impression de haine anti-marocaine que donnent des dirigeants de premier plan comme le général Chengriha ou le président Tebboune ?

-Bien que le désir de l’Algérie de sauvegarder le leadership et l’hégémonie sur la région ne soit pas nouveau, je n’ai aucune explication sur l’animosité de ces dirigeants algériens contre le Maroc.

En réalité, comme les régimes qui se sont succédé depuis 1962 se sont toujours targués d’avoir arraché l’Algérie à la plus puissante des puissances coloniales, ils considèrent le Maroc comme étant un pays réactionnaire lié au colonialisme français qui est incapable de se protéger lui-même ou d’autres causes.

Si vous cherchez une vraie explication, l’obsession du leadership régional est une piste sérieuse.

-Quid de la dernière résolution du conseil de sécurité qui semble conforter les positions du Maroc ?

-En termes de contenu, la récente résolution du Conseil de sécurité n’a rien apporté de nouveau car presque tout ce qu’elle contenait est ce qui figurait dans les résolutions et rapports précédents.

Son contexte est cependant important car cette résolution est arrivée après que le Maroc ait sécurisé le passage de Guerguerat et que le polisario ait dénoncé  l’accord de cessez-le-feu.

Une résolution qui a été précédée d’une violente campagne diplomatique et d’une escalade médiatique algérienne pour inclure la violation de l’accord de cessez-le-feu par le Maroc qui n’a pas été condamné.

En effet, l’Algérie n’a eu de cesse d’exiger comme condition préalable du retour au processus politique que le Maroc se retire de Guerguerat mais son forcing a échoué car rien de tout cela ne s’est produit.

Bien au contraire, tous les États du Conseil de la coopération du Golfe ont ratifié une résolution appelant à la reprise du processus politique, sous la médiation du nouvel envoyé, Staffan De Mistura.

De plus, à l’exception de la Tunisie et de la Russie qui se sont abstenues de voter, aucune décision qui mentionnerait les demandes et préoccupations de l’Algérie n’a été prise en considération par l’ONU.

Au final, la résolution 2602 a conforté la position marocaine au niveau de la communauté internationale.

Cette conclusion n’est pas sortie du vide ou de l’amour international du Maroc, mais de la pertinence de sa proposition politique dans le projet de développement des régions désertiques qui sont devenues des zones attractives non seulement pour l’investissement mais aussi pour les consulats.

-Malgré l’appel de la résolution à poursuivre le format de rencontres avec des tables rondes réunissant les 4 acteurs, pensez-vous que l’Algérie va vraiment boycotter ces réunions ?

-Je ne m’attends pas à ce qu’il y ait des rencontres avec toutes les parties dans un proche avenir.

Il se peut qu’il y ait des rencontres individuelles dans différents lieux après une tournée du nouvel envoyé de l’ONU mais sans plus.

Si les positions des parties sont désormais très éloignées, tout le monde a cependant intérêt à ce que l’ONU continue sa supervision comme médiateur sans quoi il y aura plus de tensions et de confrontation dans cette région ce qui peut ouvrir la voie à toutes les possibilités.

-Sachant que le Maroc refuse l’absence de l’Algérie, faut-il en déduire que le processus de paix est désormais mort et enterré ?

-Le processus de paix ne mourra pas sans quoi la seule alternative sera une confrontation armée qui ne servira pas la région et encore moins le voisinage européen.

Par conséquent, même minime, la médiation restera en place mais pour l’instant il est peu probable qu’elle progresse.

-Dans le contexte actuel, pensez-vous sérieusement que l’ONU finira par régler sous peu ce conflit ou alors qu’il faudra encore attendre plusieurs décennies ?

-L’ONU ne résout pas les différends, mais essaie plutôt de les gérer avec le minimum de consensus entre les parties.

En réalité, ce sont les peuples de la région qui résoudront le conflit lorsqu’ils deviendront maîtres de leurs décisions. Mais avec la poursuite de la tyrannie actuelle, il n’y aura jamais de solution au conflit.

-A ce propos, comment avez-vous accueilli la nouvelle de la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara ?

-Cette reconnaissance est une approbation des mesures prises par le Maroc dans la zone de Guerguerat.

Elle a donné une forte impulsion à la diplomatie marocaine et a libéré de nombreux pays du monde dans leurs rapports avec le conflit du Sahara.

D’ailleurs, son impact s’est clairement fait sentir dans le consensus apparu lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité en faveur du Maroc.

-Même question pour les ouvertures croissantes de consulats à Dakhla et à Laayoune ?

-Ces ouvertures de consulats consacrent la souveraineté marocaine dans ses provinces du Sahara.

C’est en effet une reconnaissance internationale de sa souveraineté car les pays ne sont pas dupes pour ouvrir une représentation diplomatique dans une région où ils ne voient pas d’intérêt.

De plus, cela signifie que les régions désertiques sont désormais au rang des grandes villes, et que leur avenir est prometteur.

-Pour conclure, quelles sont les prochaines étapes et que va-t-il se passer maintenant ?

-Selon moi, cette année restera marquée par les tensions au même rythme que l’année précédente, et peut-être l’année suivante aussi parce que à ce jour, les solutions sont plus que limitées et il est très peu probable que l’Algérie finisse par se rendre et abandonner le polisario.

Sachant que le Polisario a montré sa faiblesse militaire face au Maroc, il a plus que jamais besoin d’un soutien algérien au niveau de la formation et de l’armement pour répondre aux défis d’une guerre moderne. Et cela prendra beaucoup du temps.

En définitive, il faut également prendre en considération le fait que le Maroc ne reviendra pas en arrière en abandonnant toutes les mesures qu’il a prises pour résoudre le conflit.

A partir de là, il ne faut pas espérer de changement rapide dans les tensions actuelles à moins qu’elles ne finissent par s’aggraver en passant à une situation de confrontation directe entre le Maroc et l’Algérie …

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