Akhannouch présente un ambitieux programme pour le quinquennat

Après sa finalisation ce lundi matin au cours du premier conseil de gouvernement du nouveau cabinet, le programme gouvernemental a été présenté dans l'après-midi lors d'une séance plénière conjointe entre les deux chambres. Un programme où l'on retrouve les orientations royales, les grands chantiers, le Nouveau modèle de développement ainsi que les mesures urgentes de relance économique et de réduction des inégalités.

Akhannouch présente un ambitieux programme pour le quinquennat

Le 11 octobre 2021 à 17h04

Modifié 11 octobre 2021 à 20h21

Après sa finalisation ce lundi matin au cours du premier conseil de gouvernement du nouveau cabinet, le programme gouvernemental a été présenté dans l'après-midi lors d'une séance plénière conjointe entre les deux chambres. Un programme où l'on retrouve les orientations royales, les grands chantiers, le Nouveau modèle de développement ainsi que les mesures urgentes de relance économique et de réduction des inégalités.

LIVE. On attendait avec intérêt ce premier exercice du nouveau gouvernement qui donnera le ton du quinquennat. Voici une synthèse de la déclaration lue par Aziz Akhannouch:

« Nous présentons un programme unifié de transformation économique et sociale, conçu sur la base des principes constitutionnels et des orientations royales ; qui s’appuie sur les valeurs de cohésion sociale, d’égalité des chances, d’efficacité et de transparence. »

Le chef du gouvernement rappelle les grands chantiers menés depuis vingt ans au Maroc.

Il  insiste sur les droits humains, la démocratie, la lutte anti-corruption, le climat des affaires, l’État de droit. Le gouvernement restera uni derrière le Roi, garant de l’intégrité du Maroc.

« Le gouvernement renforcera la régionalisation, notamment par les investissements, l’accès aux services publics, les transferts de compétences et la signature de contrats-programmes. »

Akhannouch évoque la question des MRE : facilitation des procédures, défense de leurs droits, les aspects culturel et social, l’incitation à l’investissement.

Le chef du gouvernement évoque le Nouveau Modèle de développement (NMD) et le Pacte national qui a été signé par les partis ; ils seront tous les deux une référence pour le gouvernement. Le gouvernement s’engage à appliquer et à mettre en œuvre le NMD.

« Le gouvernement a travaillé pour répondre aux attentes pressantes des Marocains et dépasser l’impact de la pandémie.

« Les 5 principes de base qui ont conduit à ce programme :

1. renforcer le choix démocratique et ses mécanismes ;

2. institutionnaliser l’équité sociale ;

3. placer le capital humain au centre du modèle de développement ;

4. garantir la dignité du citoyen ;

5. élargir les couches moyennes et renforcer leur pouvoir d’achat.

« Le gouvernement prend des engagements pour la durée de son mandat :

1. créer au moins un million d’emplois nets au cours des cinq prochaines années ;

2. augmenter le taux d’activité des femmes à plus de 30%, au lieu de 20% actuellement ;

3. mettre en œuvre la protection sociale universelle ;

4. protéger et élargir la classe moyenne et assurer les conditions économiques et sociales à l’émergence d’une classe moyenne rurale ;

5. mobiliser le système éducatif – avec toutes ses composantes – dans le but de classer le Maroc parmi les 60 premiers pays du monde ;

6. mettre en œuvre le caractère officiel de l’amazigh, notamment à travers la création d’un fonds spécial, doté d’un budget d’un milliard de dirhams d’ici 2025.

« Le gouvernement œuvrera à rétablir progressivement les équilibres macro-économiques.

Première priorité : contribuer au renforcement des fondements de l’État social

« Sa Majesté le Roi a chargé le gouvernement d’œuvrer à une mise en œuvre progressive de la généralisation de la protection sociale entre 2021 et 2026.
« En application des directives royales, notamment celles contenues dans le discours de Sa Majesté le Roi vendredi dernier, à l’occasion de l’ouverture de des travaux de ce mandat législatif, le gouvernement s’est engagé dans la poursuite du chantier de la protection sociale sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi. Le gouvernement se mobilisera dans la réalisation de cet objectif.

« La politique sociale du gouvernement repose sur quatre piliers qui assureront une réelle égalité des chances à tous les citoyens et valoriseront le capital humain de notre pays :

– La généralisation de la protection sociale.
– La création d’un véritable système d’aide sociale ciblant les familles les plus vulnérables : deuxième pilier qui permet de réduire les disparités sociales et économiques. Cela passe par un revenu stable au minimum pour préserver la dignité des personnes âgées, et des compensations pour les familles nécessiteuses. Et la mise en place d’une politique publique claire, intégrée et multidimensionnelle en faveur des personnes en situation de handicap, avec le soutien d’associations œuvrant déjà à leur intégration.

« Afin d’élargir la portée des programmes d’aide sociale par des transferts directs au lieu d’une aide sporadique, le gouvernement accélérera l’élaboration du registre social unifié pour parvenir à un ciblage efficace et moins coûteux de l’aide sociale aux bénéficiaires. Cette mesure permettra de rationaliser les programmes d’aide sociale existants en facilitant l’identification des personnes dans le besoin.

« Ces mesures sociales sans précédent seront complétées par des investissements importants dans les secteurs stratégiques de la santé et de l’éducation.

« Le troisième pilier : une véritable réhabilitation du système national de santé nécessaire à la généralisation de la protection sociale.

« Sa Majesté a souligné que le principal défi est la véritable réhabilitation du système de santé, selon les meilleurs standards, et l’intégration entre les secteurs public et privé. C’est un pari dont le gouvernement est bien conscient et travaillera avec diligence et dévouement pour y parvenir.
« Le gouvernement s’engage à renforcer le service public de santé, en mettant en œuvre un plan ambitieux qui vise à répondre à l’urgence à court terme, tout en se donnant les moyens de développer l’offre de santé sur le long terme.
« Pour financer le plan global de réforme du secteur de la santé, le gouvernement s’est engagé à renforcer le budget du secteur de la santé pendant le mandat du gouvernement.
« Les éléments de base de la réforme du système de santé :
– l’augmentation du nombre d’agents de santé ;
– la révision de leur statut en fonction de leurs compétences et de leurs sacrifices afin de mieux couvrir le territoire national et de répondre de manière optimale aux besoins des patients ;
– la généralisation progressive la médecine de famille ;
– le renforcement des centres de santé primaires et la création des réseaux hospitaliers régionaux ;
– la création d’une carte électronique pour réduire les dépenses directes des patients en services de santé ;
– la révision de la politique du médicament ;
– l’octroi d’incitations aux professionnels du secteur de la santé pour réduire le phénomène de mauvaise répartition spatiale des professionnels de santé. »

« Le quatrième pilier de l’État social se manifeste dans la réforme de l’école publique, sa promotion et sa réhabilitation pour qu’elle soit attractive et source de compétences futures.

« Afin de réformer le système éducatif et éducatif, le gouvernement considère la réhabilitation de la profession d’enseignant comme un point d’entrée principal, en améliorant la qualité de la formation des enseignants et en améliorant leurs conditions de travail.

« Un plan national pour augmenter les capacités de formation du personnel de l’éducation. Les piliers les plus importants de ce plan sont de créer une formation sélective et continue pour les enseignants, à travers la création de la Faculté d’éducation pour former les enseignants, à laquelle l’accès se fait sur une base sélective ; parallèlement au renforcement des capacités formatives de l’actuel structure, notamment les centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation, pour améliorer la qualité de la formation continue des enseignants.

« La réhabilitation du métier d’enseignant passe nécessairement par l’amélioration du revenu de l’enseignant en début de parcours, son suivi tout au long de celui-ci, et l’évaluation régulière de ses compétences.

« Le gouvernement s’engage, au cours de la première année de son mandat, à ouvrir un dialogue social, notamment avec les centrales syndicales de l’enseignement les plus représentatives afin de convenir de procédures et de mesures visant à relever progressivement le salaire mensuel net minimum de début de carrière pour les titulaires des diplômes d’études des Centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation.

« Pour renforcer l’attractivité des établissements d’enseignement supérieur de notre pays, le gouvernement lancera un plan d’investissement visant à une plus grande ouverture de l’université sur son environnement, le renouvellement des infrastructures universitaires et la création d’un véritable véhicule universitaire de la culture.

« Le gouvernement œuvrera à la prise en charge des jeunes dans le cadre d’un programme global et intégré à travers la création d’un « Passeport Jeunes » pour faciliter l’intégration, la mobilité et l’émancipation culturelle de cette catégorie.

Deuxième priorité : stimuler l’économie nationale au profit de l’emploi.

« Le gouvernement fait face à cette urgence en mettant en œuvre une politique nationale de transformation économique régie par trois principes fondamentaux :
1. faire de l’emploi l’axe principal de toutes les politiques publiques dans le domaine économique ;
2. renforcer la souveraineté nationale dans les produits et services stratégiques ;
3. faire connaître le produit marocain au niveau national et international et le protéger de la concurrence déloyale.

« Cette politique comprend cinq axes principaux :
1. relance immédiate de l’économie nationale ;
2. développement d’un programme national et régional pour soutenir les entreprises émergentes dans les secteurs porteurs;
3. activation des réformes structurelles pour soutenir l’économie nationale ;
4. mise en œuvre de politiques sectorielles ambitieuses aux niveaux national et régional ;
5. adoption d’une politique efficace pour soutenir l’activité économique des femmes.

« Afin de mettre en œuvre les cinq grands axes de la transformation structurelle de notre économie, le gouvernement adopte des mesures spécifiques :
● élaborer et mettre en œuvre une politique d’urgence pour suivre le rythme des exclus du marché du travail ;
● assurer le sauvetage rapide d’entreprises menacées de faillite, par l’accompagnement et le financement ;
● stimuler l’initiative privée, en levant les obstacles organisationnels et administratifs ;
● créer un avantage concurrentiel, en suivant et en développant des entreprises compétitives et innovantes ;
● défendre le label « Made in Morocco » afin de soutenir la production nationale.

« Interagissant avec le contenu du discours royal à l’occasion de l’ouverture de ce mandat législatif, le gouvernement s’attachera également à mettre en œuvre une réforme globale du secteur public, la réforme fiscale, en la renforçant dans les meilleurs délais avec une nouvelle charte qui stimule l’investissement.

« Pour apporter des réponses immédiates à ceux qui restent sans diplômes et ont subi l’impact de la crise, le gouvernement propose, à partir de 2022 et pour une durée de deux ans, un programme de petits et grands chantiers publics dans le cadre de contrats d’intérim, au niveau des collectivités territoriales, et en partenariat avec les associations de la société civile et les coopératives locales, sans exigence de qualification. Ce programme permettra la création d’au moins 250.000 emplois directs d’ici deux ans.

« Le gouvernement présentera également, à partir de 2022, un programme de soutien aux initiatives individuelles et prenant la forme d’accompagnement, d’orientation et de formation afin de structurer le projet dans toutes ses phases, de la conception de l’idée à sa réalisation, et en décernant des prêts sur l’honneur ciblant des types de projets n’entrant pas dans le champ des financements actuels accordés aux petites entreprises émergentes.

« Le gouvernement tient également à donner un nouveau souffle au programme « Intilaka » et à assurer sa pérennité, après que la crise sanitaire ait brouillé les premières étapes de son lancement.

« Le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre le programme royal de relance de l’économie nationale à travers le Fonds Mohammed VI d’investissement, comme levier de diversification, d’amélioration et de valorisation de la production nationale. Ce fonds contribue au financement de politiques sectorielles ambitieuses, ainsi que des piliers de la transformation économique, tels que le développement de l’industrie décarbonée, l’accélération de la transformation numérique et la relance du secteur du tourisme.
Le Fonds Mohammed VI, en tant que capital investisseur, accompagne les start-up, petites et moyennes entreprises.

« Par ailleurs, le gouvernement s’emploiera à renforcer et à moderniser les secteurs stratégiques de l’économie nationale. En matière agricole, le gouvernement œuvrera à la mise en œuvre des directives royales, en poursuivant l’activation de la stratégie « Génération Green » pour l’émergence d’une large classe moyenne agricole et en accompagnant une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs agricoles, grâce à la mobilisation d’un million d’hectares de terrains agricoles afin de mettre en œuvre des projets d’investissement dans le domaine agricole.

« Conformément aux instructions royales, le gouvernement s’engage à créer un système national intégré relatif au stock stratégique de matières premières, notamment alimentaires, sanitaires et énergétiques, et de travailler à l’actualisation continue des besoins nationaux, de sorte à renforcer la sécurité stratégique du pays.

« En ce qui concerne l’industrie, le gouvernement activera un plan qui vise à développer une industrie génératrice d’emplois, décarbonée et capable d’améliorer sa compétitivité mondiale.

« En ce qui concerne le tourisme et l’artisanat, le gouvernement travaillera à la mise en œuvre d’un plan de relance visant à accompagner les acteurs, à valoriser les produits marocains et à remettre à niveau les formations, en coordination avec les acteurs de ces deux filières, durement touchés par la crise sanitaire.

« Le renforcement de la compétitivité de l’économie nationale est le principal objectif de la transformation économique envisagée par le gouvernement. La clarification du cadre législatif et l’amélioration du climat des affaires, notamment en accélérant la publication de la Charte nationale des investissements, constituent les véritables bases pour assurer l’effectivité et l’efficacité du plan de transformation économique adopté par le gouvernement.

« Ce dernier entend mettre en place des règles claires et stables qui garantissent l’égalité des chances pour tous les acteurs économiques, en contournant les barrières administratives et réglementaires qui entravent la croissance saine de l’économie ; en plus de consolider le rôle des organes de contrôle et de régulation et renforcer leur indépendance afin d’atteindre une plus grande compétitivité, notamment dans les secteurs stratégiques de l’État.

« Le gouvernement s’engage également à mettre en œuvre une politique volontariste de soutien à l’activité économique des femmes ; la mesure clé de cette politique est de financer le programme de développement de l’offre nationale de crèches, et de stimuler la mobilité professionnelle, afin de servir les femmes qui sont actives ou souhaitent exercer une activité professionnelle.

Troisième priorité : établir une bonne gouvernance dans l’administration publique

« Le gouvernement axera ses efforts sur l’amélioration de la gouvernance de l’administration publique en instaurant la transparence administrative et en adoptant une approche participative afin que les citoyens contribuent à la gestion de leurs affaires, tout en renforçant les moyens de lutter contre la corruption, le népotisme et le clientélisme.

« Le gouvernement s’est engagé à renforcer le contrôle, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation, pour une évaluation rigoureuse et continue des résultats des politiques sociales.

« Afin de restaurer la confiance entre l’administration et les citoyens, le gouvernement s’engage à travailler sur cinq axes principaux :

1. activer la régionalisation avancée et la décentralisation administrative ;
2. compléter et moderniser l’appareil administratif, tout en renforçant le contrôle de la qualité des services publics ;
3. réduire les inégalités territoriales ;
4. accélérer le rythme de la transformation numérique ;
5. promouvoir une gestion juste et responsable de la ressource en eau et l’accélération de la transition environnementale.

« Le gouvernement entend renouveler le programme de réduction des disparités sociales et spatiales, afin de continuer à coordonner les efforts des différents ministères, institutions centrales et conseils territoriaux impliqués dans le développement du monde rural, pour la mise en œuvre des politiques publiques de développement de manière judicieuse, efficace et automatique, dans le temps et dans l’espace.

« Afin de poursuivre la profonde réforme du secteur public, le gouvernement s’emploiera à accélérer la création de l’Agence nationale de gestion stratégique des contributions de l’État et à contrôler l’efficacité de la performance des services publics.

« Interagissant ainsi avec le contenu du discours royal à l’occasion de l’ouverture du mandat législatif en cours, le gouvernement œuvrera à assurer la cohérence, l’intégration des politiques publiques et à suivre leur mise en œuvre. Il ouvrira également, dès que possible, le chantier de réforme du Haut-Commissariat au Plan, pour en faire un mécanisme d’aide à la coordination stratégique des politiques de développement et pour accompagner la mise en œuvre du modèle de développement.

« Je voudrais souligner la détermination du gouvernement à établir ses relations avec l’institution parlementaire, dans le plein respect du principe de séparation des pouvoirs, sur la base du dialogue, de la transparence et d’une coordination ouverte et continue pour surmonter les différents obstacles et les difficultés que peut rencontrer la mise en œuvre du contenu du programme gouvernemental, avec un souci constant de défendre les intérêts du pays, des citoyennes et des citoyennes. » [Fin de la Déclaration gouvernementale]

Le programme détaillé peut être feuilleté ou téléchargé ici.

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