Aéronautique : le Maroc passera de « la force du travail » à « l’ingénierie » (Hamid Benbrahim)
DUBAI EXPO 2020. Le secteur marocain de l’aéronautique se prépare à la mutation du marché mondial. On annonce davantage d’ingénierie et de recherches technologiques pour accompagner l’émergence espérée de l’avion "zéro émission".
Au Maroc, l’aéronautique va passer à la deuxième phase. Et c’est l’un des pontes de l’industrie locale qui le dit. Depuis Dubaï, Hamid Benbrahim El Andaloussi explique comment et pourquoi le Royaume entend anticiper "la profonde mutation" que connaît le marché mondial.
L’intéressé s’exprimait, ce lundi 11 octobre à Dubai, lors d’une conférence tenue en marge de l'Expo 2020, méga-événement marqué par la participation de 192 pays, dont le Maroc.
«Nous sommes en train de construire la phase 2 de l'aéronautique », annonce le président d’honneur du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS). A l’échelle mondiale, cet épisode sera « caractérisé par un marché de 8.000 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 40.000 d'avions sur les vingt prochaines années », ajoute-t-il, qualifiant ces prévisions de « gigantesques ».
La nouvelle phase se distingue surtout par la course, déjà entamée, à « l’avion zéro émission ». Chez les avionneurs, le passage à « l’énergie propre » est présenté comme l’un des défis majeurs des deux prochaines décennies.
L’intervenant évoque une « révolution en profondeur », une « transformation du secteur pour répondre à la contrainte de l’empreinte carbone ». Un thème inhérent à la nouvelle identité industrielle du Royaume. En effet, la décarbonatation a été évoquée avec insistance lors du lancement, dimanche 10 octobre, de "Morocco Now", marque marocaine pour l’investissement et l’export.
Un marché en mutation et des opportunités pour le Maroc : le diagnostic est posé. Reste à agir. « La question est de savoir quels sont les besoins pour l'avenir. Que devons-nous faire pour rester dans cette industrie ? », s’interroge l'orateur.
Une chose est sûre : « Si nous faisons aujourd'hui et demain ce que nous devions faire hier et dix ans auparavant, nous serons en dehors du marché. Une partie de cette industrie ira au nord en raison de la mondialisation, ou au sud parce que le coût est moindre », précise-t-il.
« Vingt ans auparavant, nous sommes venus dans cette industrie par ce que nous pouvons appeler la force du travail », rappelle l’intervenant. Désormais, « nous allons développer de plus en plus d'installations d'ingénierie, de recherche technologique tout en augmentant la valeur ajoutée», poursuit l’ancien président du GIMAS. Un effort qui devra accompagner l’émergence de carburants alternatifs et "durables", en référence à l’hydrogène.
« Nous serons partie prenante de cette révolution... nous serons au rendez-vous », promet M. El Andaloussi. Le Maroc a des atouts. Il se positionne déjà comme « une base aéronautique incontournable, à la porte de l'Europe qui est le deuxième marché mondial après les États-Unis."
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