Investir au Maroc: Larges opportunités et moyens de financement pour les Américains
Pour discuter des opportunités d'investissements américains au Maroc, US-Africa Trade Council a organisé un webinaire, en présence d'experts et représentants d'importantes institutions (Prosper Africa, Chambre de commerce américaine au Maroc, AMDIE etc.). L'objectif étant de présenter les outils d'accompagnement, en matière de conseil et de financement, mais aussi pour mettre en avant les accomplissements du Maroc et promouvoir ses atouts.
Lors d’un webinaire organisé ce jeudi 30 septembre, par US-Africa Trade Council (organisation non lucrative de promotion du commerce et opportunités d'investissement entre les Etats-Unis et l'Afrique), une palette d’intervenants ont discuté, tour à tour, les opportunités d’investissements au Maroc pour les Etats-Unis.
Certains, comme Zouhair Triqui, SG de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), ont vanté les atouts du Maroc, en tant que centre financier incontestable, notamment en citant ses acquis et projets en termes de sécurité, d’infrastructures et d’industrialisation (automobile, aéronautique et pharmaceutique).
D’autres comme William Fanjoy, DG chez Prosper Africa, ainsi que Rabia El Alama, DG chez AmCham Maroc (Chambre de commerce américaine au Maroc), ont porté leurs discours sur des conseils pratiques, destinés aux firmes américaines, désireuses d’investir au Maroc.
Mounir El Bouamri, directeur régional (Afrique du Nord) chez U.S-Africa Trade Council, qui est à l’initiative de cette rencontre en ligne, a, quant à lui, mis en avant l’intérêt d’investir dans l’agroalimentaire au Maroc.
Investir au Maroc: De larges opportunités de financement
Prosper Africa, qui est une initiative gouvernementale américaine, a pour objectif de créer un pont d’affaires entre les Etats-Unis et l’Afrique.
Pour ce faire, elle rassemble, dans le cadre d’une approche holistique, de nombreuses agences gouvernementales proposant conseils et financements.
“De manière générale, lorsque je travaille pour un client qui exporte des Etats-Unis vers le Maroc, j’aligne, en tant que première ressource, l’obtention d’une lettre d’intérêt de l’Exim (Export-Import bank of the United States), qui coûte 80 $ et qui permet de faire comprendre aux concurrents, que la société américaine bénéficie du support de son gouvernement”, conseille le DG de Prosper Africa aux investisseurs à l’écoute.
William Fanjoy liste, également, les aides dont peuvent bénéficier les investisseurs américains au Maroc et évoque, entre autres, les possibilités de financement, dans le secteur privé de la part de l'agence publique DFC (U.S. international development finance corporation), notamment, dans le cadre de prêts ou de garanties qui peuvent atteindre un billion de dollars.
Aussi, M. Fanjoy indique que les entreprises américaines qui souhaitent se déplacer au Maroc, dans le cadre d’une conférence commerciale, par exemple, dans le but de faire avancer les possibilités d’exports, peuvent bénéficier de bourses dites STEP (State trade expansion program) accordées par la SBA (Small Business Administration).
Ces bourses varient entre 2.000 et 5.000 dollars. Elles permettent de couvrir les frais de déplacement vers le Maroc.
M. Fanjoy évoque également l’opportunité accordée, aux entreprises américaines qui ont des partenaires au Maroc et qui tentent d’améliorer leurs capacités, en les faisant travailler avec eux, aux Etats-Unis.
Ils peuvent alors faire appel aux 700 bourses, délivrées par Yali (Young africain leaders initiative) et qui sont destinées, aux entrepreneurs africains, afin qu’ils puissent se rendre aux Etats-Unis et intégrer une société américaine en tant que stagiaires.
“Le financement est là. Nous devons travailler ensemble pour produire, présenter des projets et utiliser le financement, les formations et l’expertise disponible de Prosper Africa”, déclare Rabia El Alama, DG chez AmCham Maroc, après avoir fait l’éloge des accomplissements de la chambre américaine de commerce au Maroc, depuis sa création de 1966.
En 55 ans, le nombre d'entreprises américaines au Maroc est passé de 20 à 150
“En 1966, il n’y avait que 20 entreprises américaines au Maroc. Il s’agit notamment de géants comme Procter & Gamble ou encore Colgate Palmolive. Aujourd’hui, l’on compte pas moins de 150 entreprises américaines qui font de plus en plus confiance au Maroc”, ajoute-t-elle.
“Auparavant, elles investissaient, dans des secteurs traditionnels tel que le fast food. Aujourd’hui, le Maroc attire plus d’investisseurs dans la technologie. C’est le cas de Hexcel qui, il y a à peine deux semaines, a signé une convention pour étendre son investissement au Maroc. Idem pour Delphi, société basée à Detroit, qui vient d’inaugurer des projets de 43 millions de dollars US à Oujda, dans la région de l’Oriental”, poursuit Mme El Alama.
Selon la DG de AmCham Maroc, réussir à attirer les investisseurs américains nécessite “un travail de longue haleine et demande de l’énergie ainsi qu’une vision. Aujourd’hui (...) la vision économique est en place et la voie à suivre est claire. Le Maroc veut avoir un environnement économique solide et veut attirer plus d’investisseurs pour créer des opportunités d’emplois, notamment pour les jeunes”.
Pourquoi investir dans l'agroalimentaire au Maroc ?
Pour M. El Bouamri, les opportunités d’investissements au Maroc résident, essentiellement, dans le secteur de l’agroalimentaire. Et ce, pour deux raisons.
La première est le potentiel du marché marocain, précisément celui de sa large classe moyenne qui est “à la recherche de produits d’alimentation de qualité” et qui dispose des moyens pour se les procurer.
La seconde raison pour investir dans l’agroalimentaire concerne les ressources naturelles dont bénéficie le Maroc, notamment le solaire qui est “stratégique pour l’agriculture”.
Enfin, pour étayer son argumentaire, M. El Bouamri exhibe les réussites du Maroc, en tant que premier fournisseur de myrtille en Russie, premier fournisseur de l’Espagne en fruits et légumes, second large producteur des plantes médicinales et aromatiques dans le monde, ou encore troisième exportateur de mandarine, quatrième exportateur de tomates et cinquième en matière d’export d’olives.
>> Lire aussi: Le Maroc expose ses produits agricoles et halieutiques pour conquérir le marché américain
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