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Elections 2021

Élections. Après le divorce FGD-PSU, socialistes contre socialistes

Après avoir décidé de tourner la page de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), les candidats du Parti socialiste unifié (PSU) se présentent aux prochaines élections sous leur propre bannière.

Élections. Après le divorce FGD-PSU, socialistes contre socialistes
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Le 31 août 2021 à 12h09 | Modifié 31 août 2021 à 12h33

C'est le 28 juin 2021 que le bureau du Parti socialiste unifiée (PSU) a décidé de faire cavalier seul pour le scrutin du 8 septembre. Cette décision a mis un terme au projet de fusion des partis de la Fédération de la gauche démocratique (FGD).

Expérimentée lors des élections communales et régionales de 2015 et des législatives de 2016, la FGD était composée de trois partis de gauche, à savoir, le Parti socialiste unifié (PSU), le Congrès national ittihadi (CNI) et le Parti de l'avant-garde démocratique et socialiste (PADS). Bien qu’ayant réalisé un score modeste lors de ces scrutins, la formation a soulevé beaucoup d’espoirs, dont celui de la création d’un grand parti de gauche. Mais la fusion – tant attendue – des trois formations n’a pas eu lieu, en raison de divergences internes.

Les plus enthousiastes à l'idée de créer un nouveau parti se trouvent dans les rangs du CNI et du PADS, mais aussi dans certains courants au sein du PSU. Rappelons que ce dernier est né en 2002 de la fusion de l’Organisation de l’Action démocratique populaire (OADP) fondée en 1983 par Mohamed Bensaid Aït Idder, et de deux autres petites formations, à savoir le Mouvement Fidélité et Démocratie, de Mohamed Sassi, et le Mouvement des Démocrates indépendants libres, de Mohamed Moujahid.

Le courant de Nabila Mounib au sein du parti, qui s’inscrit dans la continuité de l’OADP, garde un mauvais souvenir de cette fusion selon certains de ses membres, et reste sceptique quant au projet d’intégration de la FGD.

Pour les prochaines élections, législatives et communales, le CNI et le PADS se présenteront conjointement sous la bannière de l’Alliance de la Fédération de Gauche. Cette formation comporte également plusieurs ex-militants du PSU, qui ont décidé de maintenir l’alliance et de se présenter aux prochains scrutins sous le signe de l’enveloppe.

Contacté par Médias24, Omar El Hayani, ex-membre du PSU et conseiller municipal FDG à Rabat, s’explique : « Nous avons décidé de rester au sein de la formation que nous avons rejointe en 2015, c’est-à-dire la FGD. Le parti devait se constituer en 2016 ou 2017, mais la fusion a été sans cesse retardée par des personnes, dont la secrétaire générale, malgré les décisions du congrès national et le bon vouloir de la majorité des militants. Dès lors qu'ils ont décidé de sortir du projet, nous n’avions plus rien à faire dedans. »

La décision unilatérale du PSU de sortir de la FGD est une « décision non démocratique qui ne respecte pas les règles établies par les militants du PSU », nous déclare l’élu communal. « Le bureau politique ne peut pas décider cela. Nous nous sommes retrouvés face à une secrétaire générale qui ne respectait ni les décisions du congrès du parti, ni celles de la majorité des militants. Pour nous, c’était une décision inacceptable. »

Sur la question de l’affrontement des anciens camarades aux prochaines élection, Omar El Hayani nous répond : « C’est le PSU qui a choisi de se présenter contre la FGD. Il n’y a plus grand monde qui a décidé de rester au PSU. Ils ont du mal à constituer leurs listes, surtout les listes communales. La FGD a la plus grosse masse de militants. A Rabat, plus de 180 militants qui se sont présentés aux communales. »

Son de cloche différent au niveau du PSU, qui minimise le nombre de défections dans ses rangs et certifie que la mort de la FGD a été actée par le PADS et le CNI et non par le PSU.

« La séparation entre le PSU et les deux autres composantes de la FGD n'est pas un simple accident de la route, mais le résultat naturel d'un long processus dans lequel les militants du PSU ont subi beaucoup de pressions et de coups, notamment le blocage des comités locaux dont les médias n'ont jamais parlé », nous explique Salah El Housni, candidat PSU aux prochaines législatives à Ben Msik Sbata.

Il ajoute : « Certains événements nationaux ont aussi donné l'impression aux militants du PSU qu'il y avait une très grande ingérence de la part de l'une des composantes, en particulier dans ses affaires internes ; une ingérence portée par d'ex-éléments du PSU qui "militaient" étrangement pour des candidatures ou des prises de positions semblables, voire complices avec ladite composante... Sans parler de la pression médiatique et des attaques répétitives contre le parti, en particulier contre la secrétaire générale. »

Le candidat estime que le nombre de démissions reste dérisoire, malgré la présence de plusieurs grands noms parmi les démissionnaires. « Nous comptons officiellement 193 démissions conformes et officielles, dont celles du député Mostafa Chanaoui, de Mohamed Sassi et de Omar El Hayani». Il ajoute que ces démissions ont paradoxalement contribué au « retour massif » d’anciens militants PSU ayant pris leurs distances suite à l'annonce de la FGD, et à « une grande vague d'adhésions ».

Malgré ces tensions, Omar El Hayani soutient que les démissionnaires « ne gardent quasiment que des amis au PSU », avec lesquels ils partagent « énormément de valeurs ». Salah El Housni ajoute quant à lui : « Les liens entre les militants du PSU et de l'AFG sont restés positifs et constructifs dans la majorité des cas. L’AFG sera notre allié naturel dans les prochains conseils ou le prochain parlement, et l'avenir nous réserve peut-être encore plus de chantiers. »

Notons enfin que les « derbies » AFG/PSU sont à suivre à Casablanca, Rabat, Salé, Fès, Tanger, Agadir et Oujda.

Nota: Médias24 avait offert de l'espace publicitaire à la FGD en 2015 et 2016. Pour 2021, il a fait la même proposition au PSU et à la FGD. Pour le moment, seul le PSU a répondu favorablement.

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Tags : AFG, FGD, PSU
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Le 31 août 2021 à 12h09

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