Energies renouvelables moyenne tension: NOOR PV II. Après l’espoir, la déception

32 entreprises retenues pour lancer des projets photovoltaïques sur la moyenne tension dans le cadre de l'appel à projets de Noor PV II se trouvent aujourd'hui dans l'impasse à cause du retard de l'amendement de la loi relative aux énergies renouvelables. En manque de visibilité, elles proposent le report de l'appel d'offres jusqu'à adoption de la loi.

Energies renouvelables moyenne tension: NOOR PV II. Après l’espoir, la déception

Le 18 juillet 2021 à 13h38

Modifié 18 juillet 2021 à 14h37

32 entreprises retenues pour lancer des projets photovoltaïques sur la moyenne tension dans le cadre de l'appel à projets de Noor PV II se trouvent aujourd'hui dans l'impasse à cause du retard de l'amendement de la loi relative aux énergies renouvelables. En manque de visibilité, elles proposent le report de l'appel d'offres jusqu'à adoption de la loi.

En janvier 2021, un appel à projets a été lancé par le ministère de l’Energie, des mines et de l’environnement (MEME) et Masen dans le cadre du programme NOOR PV II.

Il consistait en l’allocation de capacités dans des sites qualifiés et pré-équipés pour le développement de projets photovoltaïques, d’une puissance totale d’environ 400 MW adressés aux clients de la moyenne tension.

Ce projet représentait une avancée majeure pour les acteurs du secteur,  car il ouvrait enfin la voie vers la moyenne tension, un segment jusque-là inaccessible.

7 mois plus tard, « c’est la douche froide. Une grande déception », nous confie un membre de l’Association marocaine de l’industrie solaire et éolienne (AMISOLE).

L’appel à projet a été lancé parallèlement à la mise dans le circuit législatif du projet de loi n°40.19 modifiant et complétant la loi n° 13-09 relative aux énergies renouvelables. Cet amendement a essentiellement pour objectif de lever les obstacles pour l’accès à la moyenne tension.

L’idée, nous explique-t-on, était d’avancer sur l’appel à projet dans la perspective de la promulgation de la loi.  Celle-ci a pris du retard.

Le projet de loi vient d’être déposé au parlement ce lundi 12 juillet et soumis à la commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement le mardi 13 juillet 2021.

Rétropédalage des institutionnels

Conséquence, les opérateurs retenus dans l’appel à projets et qui doivent déposer leur projets avant le 2 août -le délai a été reporté à deux reprises pour les mêmes raisons- se trouvent dans l’impasse.

« La joie (suscitée par le projet) a été malheureusement de courte durée puisque, lors d’une réunion tenue avec le ministère de l’Energie et MASEN, on nous a annoncé clairement que le loi sur les Energies Renouvelables n’ayant pas été amendée, ce projet ne peut desservir que les clients haute tension », explique l’Amisole dans un courrier adressé au chef du gouvernement le 30 juin dernier, dont Médias24 détient copie.

L’Amisole et la Fenelec se sont tournées vers le chef de l’exécutif après avoir écrit à deux reprises au ministère de tutelle sans avoir de réponse.

« Nous avons écrit à Monsieur le ministre de l’énergie en date du 25 mai 2021, en demandant, si la loi ne permet pas aujourd’hui de réaliser cet appel à projet en moyenne tension, de le reporter jusqu’à ce que cela soit possible. Nous avons demandé en conséquence le report du délai prévu au 30 juin d’au moins trois mois en vue peut-être de résoudre ce problème. »

« Non seulement, nous n’avons reçu à ce jour aucune réponse, mais nous avons en plus été malheureusement extrêmement surpris et déçus de recevoir le 17 juin 2021, une notification de report du délai au 2 août. Cela revient à faire entériner le fait que l’appel à projets se fera en haute tension », explique les professionnels au chef du gouvernement.

Ont-ils reçu une réponse officielle ? « A ce jour, nous n’avons eu aucun retour », nous assure-t-on à l’Amisole ni du département de tutelle, ni du chef du gouvernement.

Le marché de la haute tension saturé

Les opérateurs expliquent dans les différents courriers que « la haute tension n’a pas besoin d’appel à projets ».

« Les clients HT ont été servis et continuent de l’être puisque d’autres projets sont en cours de réalisation, le cadre réglementaire le permettant. De plus, le marché de la Haute tension est déjà quasiment saturé ».

En proposant de réorienter le projet vers la haute tension, déjà largement desservie par d’autres projets, la tutelle réduit à néant les efforts déployés par les entreprises au cours des derniers mois.

« Pour les besoins de ce projet, j’ai recruté une équipe de 4 personnes et un directeur qui a 25 ans d’expérience. Ils ont travaillé sur ce projet pour identifier les besoins, procéder à la prospection des clients et à la structuration des offres, … Il s’agit de plusieurs jours/hommes de travail », avance le patron d’une des 32 entreprises soumissionnaires, joint par Médias24.

« C’est en stand by, car ce qui est valable en mars 2021 ne l’est plus en fin d’année. Par ailleurs, les clients perdent patience », poursuit notre interlocuteur

« Ces reports répétitifs et ces changements nous font du tort même vis-à-vis de l’international », ajoute notre interlocuteur. « Il y a des opérateurs étrangers qui se positionnent sur ce programme pour s’installer sur le marché marocain et en faire une plateforme pour l’Afrique. Si on continue sur cette voie, ces investisseurs iront ailleurs vers des pays plus attractifs », poursuit-il.

Le report et l’accélération de l’adoption de la loi, seule solution envisageable

« Nous pensons objectivement que cet appel à projets devrait se faire uniquement pour servir les clients moyennes tension, conformément à ce qui était attendu à la fois par les entreprises de notre secteur et par les entreprises industrielles souhaitant en bénéficier ».

« S’il y a des contraintes réglementaires à ce jour, qu’on ne peut lever à court terme, nous pensons qu’il faut reporter cet appel à projet jusqu’à ce que cela soit possible », demande l’Amisole.

Les opérateurs tiennent à ce que ces 400 MW qui ont été approuvés par l’ONEE, gardent leur vocation première, celle de la moyenne tension et soit réservée à cette fin jusqu’à adoption de loi. Le contraire ferait perdre au secteur plusieurs années inutilement.

Affaire à suivre…

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