Energies renouvelables moyenne tension: NOOR PV II. Après l'espoir, la déception
32 entreprises retenues pour lancer des projets photovoltaïques sur la moyenne tension dans le cadre de l'appel à projets de Noor PV II se trouvent aujourd'hui dans l'impasse à cause du retard de l'amendement de la loi relative aux énergies renouvelables. En manque de visibilité, elles proposent le report de l'appel d'offres jusqu'à adoption de la loi.
En janvier 2021, un appel à projets a été lancé par le ministère de l’Energie, des mines et de l’environnement (MEME) et Masen dans le cadre du programme NOOR PV II.
Il consistait en l'allocation de capacités dans des sites qualifiés et pré-équipés pour le développement de projets photovoltaïques, d’une puissance totale d’environ 400 MW adressés aux clients de la moyenne tension.
Ce projet représentait une avancée majeure pour les acteurs du secteur, car il ouvrait enfin la voie vers la moyenne tension, un segment jusque-là inaccessible.
7 mois plus tard, "c'est la douche froide. Une grande déception", nous confie un membre de l'Association marocaine de l'industrie solaire et éolienne (AMISOLE).
L'appel à projet a été lancé parallèlement à la mise dans le circuit législatif du projet de loi n°40.19 modifiant et complétant la loi n° 13-09 relative aux énergies renouvelables. Cet amendement a essentiellement pour objectif de lever les obstacles pour l'accès à la moyenne tension.
L'idée, nous explique-t-on, était d'avancer sur l'appel à projet dans la perspective de la promulgation de la loi. Celle-ci a pris du retard.
Le projet de loi vient d'être déposé au parlement ce lundi 12 juillet et soumis à la commission des infrastructures, de l'énergie, des mines et de l'environnement le mardi 13 juillet 2021.
Rétropédalage des institutionnels
Conséquence, les opérateurs retenus dans l'appel à projets et qui doivent déposer leur projets avant le 2 août -le délai a été reporté à deux reprises pour les mêmes raisons- se trouvent dans l'impasse.
"La joie (suscitée par le projet) a été malheureusement de courte durée puisque, lors d'une réunion tenue avec le ministère de l'Energie et MASEN, on nous a annoncé clairement que le loi sur les Energies Renouvelables n'ayant pas été amendée, ce projet ne peut desservir que les clients haute tension", explique l'Amisole dans un courrier adressé au chef du gouvernement le 30 juin dernier, dont Médias24 détient copie.
L'Amisole et la Fenelec se sont tournées vers le chef de l'exécutif après avoir écrit à deux reprises au ministère de tutelle sans avoir de réponse.
"Nous avons écrit à Monsieur le ministre de l'énergie en date du 25 mai 2021, en demandant, si la loi ne permet pas aujourd'hui de réaliser cet appel à projet en moyenne tension, de le reporter jusqu'à ce que cela soit possible. Nous avons demandé en conséquence le report du délai prévu au 30 juin d'au moins trois mois en vue peut-être de résoudre ce problème."
"Non seulement, nous n'avons reçu à ce jour aucune réponse, mais nous avons en plus été malheureusement extrêmement surpris et déçus de recevoir le 17 juin 2021, une notification de report du délai au 2 août. Cela revient à faire entériner le fait que l'appel à projets se fera en haute tension", explique les professionnels au chef du gouvernement.
Ont-ils reçu une réponse officielle ? "A ce jour, nous n'avons eu aucun retour", nous assure-t-on à l'Amisole ni du département de tutelle, ni du chef du gouvernement.
Le marché de la haute tension saturé
Les opérateurs expliquent dans les différents courriers que "la haute tension n'a pas besoin d'appel à projets".
"Les clients HT ont été servis et continuent de l'être puisque d'autres projets sont en cours de réalisation, le cadre réglementaire le permettant. De plus, le marché de la Haute tension est déjà quasiment saturé".
En proposant de réorienter le projet vers la haute tension, déjà largement desservie par d'autres projets, la tutelle réduit à néant les efforts déployés par les entreprises au cours des derniers mois.
"Pour les besoins de ce projet, j'ai recruté une équipe de 4 personnes et un directeur qui a 25 ans d'expérience. Ils ont travaillé sur ce projet pour identifier les besoins, procéder à la prospection des clients et à la structuration des offres, ... Il s'agit de plusieurs jours/hommes de travail", avance le patron d'une des 32 entreprises soumissionnaires, joint par Médias24.
"C'est en stand by, car ce qui est valable en mars 2021 ne l'est plus en fin d'année. Par ailleurs, les clients perdent patience", poursuit notre interlocuteur
"Ces reports répétitifs et ces changements nous font du tort même vis-à-vis de l'international", ajoute notre interlocuteur. "Il y a des opérateurs étrangers qui se positionnent sur ce programme pour s'installer sur le marché marocain et en faire une plateforme pour l'Afrique. Si on continue sur cette voie, ces investisseurs iront ailleurs vers des pays plus attractifs", poursuit-il.
Le report et l'accélération de l'adoption de la loi, seule solution envisageable
"Nous pensons objectivement que cet appel à projets devrait se faire uniquement pour servir les clients moyennes tension, conformément à ce qui était attendu à la fois par les entreprises de notre secteur et par les entreprises industrielles souhaitant en bénéficier".
"S'il y a des contraintes réglementaires à ce jour, qu'on ne peut lever à court terme, nous pensons qu'il faut reporter cet appel à projet jusqu'à ce que cela soit possible", demande l'Amisole.
Les opérateurs tiennent à ce que ces 400 MW qui ont été approuvés par l'ONEE, gardent leur vocation première, celle de la moyenne tension et soit réservée à cette fin jusqu'à adoption de loi. Le contraire ferait perdre au secteur plusieurs années inutilement.
Affaire à suivre...
À découvrir
à lire aussi
Article : Législatives : le PPS dévoile la liste de ses principaux candidats
Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a dévoilé une première vague de ses candidats aux prochaines élections législatives, couvrant près de 90% des circonscriptions électorales.
Article : En images, arrivée de l'équipe nationale de football à l'aéroport de Rabat-Salé
L'équipe nationale de football a été accueillie à l'aéroport de Rabat-Salé par de nombreux supporters venus saluer les joueurs et leur exprimer leur soutien après leur participation à la Coupe du monde.
Article : Le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw limogé après un Mondial décevant
Le limogeage Pape Bouna Thiaw, en poste depuis fin 2024, intervient à la suite de l’élimination de l’équipe nationale du Sénégal en 16e de finale de la Coupe du monde 2026.
Article : Pourquoi le port Dakhla Atlantique va devenir le hub africain du Maroc (source autorisée)
Avancé à 65%, le chantier du port Dakhla Atlantique doit s’achever fin 2028, avant une mise en service prévue en 2029, selon une source au ministère de l’Équipement. Appelé à servir de débouché maritime aux pays du Sahel, le projet doit aussi soutenir le développement de l’hydrogène vert, des énergies renouvelables et de nouvelles chaînes logistiques reliant le Maroc à l’Afrique de l’Ouest. Explications.
Article : Décès de l'Emir Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani, père de l'Émir du Qatar
L’Emir Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani, père de l'Émir de l’État du Qatar, Cheikh Tamim Bin Hamad Al-Thani, est décédé dimanche 12 juillet, a annoncé Diwan Al Amiri qatari.
Article : Un rapport allemand détaille les préparatifs d’exportation d’énergie verte du Maroc vers l’Europe
Publié le 8 juillet, le document met en avant deux chantiers : un corridor d’hydrogène via les Pays-Bas et l’Allemagne, et une feuille de route à cinq pays sur l’électricité renouvelable. Garanties d’origine, interconnexions et cadres réglementaires restent toutefois à définir avant les premiers flux.