Qui est DamaneSign, la startup qui a levé 4 MDH auprès du MNF II ?

B.B | Le 7/7/2021 à 14:20

Créée cette année, la startup sera la première à se lancer sur le tout nouveau marché marocain de la confiance numérique. Il a pu émerger grâce à l’adoption de la loi 43-20 sur la confiance numérique en décembre 2020. Spécialisée dans les signatures électroniques, la jeune pousse commencera sa commercialisation en septembre sur un marché local en grande demande. 

 

Le 6 juillet, le Maroc Numeric Fund II (MNF II) annonçait la levée de fonds de 4 millions de dirhams de la startup DamaneSign. Il s’agit du 5e investissement du MNF II.

La startup est spécialisée dans l’édition de logiciel en SaaS (cloud) de signature électronique, cachet électronique et horodatage. En somme, la startup permet à ses clients, de toutes tailles et tous secteurs, de numériser les signatures, les authentifier et digitaliser les processus de contractualisation.

Développée depuis un an et demi par son fondateur, le lancement officiel de la startup DamaneSign date de cette année. Il fait suite à l’adoption de la loi 43-20 sur la confiance numérique en décembre 2020. Cette loi met en place un cadre légal plus souple mais avancé, permettant de généraliser l’usage des services de signature électronique, de cachet électronique, d’horodatage et de certification électronique.

Contacté, le fondateur de la stratup, Zouhair Hamdaoui, nous explique : « Nous avons eu l’idée de DamaneSign il y a un an et demi. Suite à cela, nous avons développé notre produit. Nous avons vu le besoin sur le marché marocain, et la promulgation de la loi 43-20 en décembre 2020 est clairement un catalyseur qui va accélérer l'adoption des solutions de confiance ». Si elle n’est pas encore commercialisée, la plateforme est finalisée. Elle permet déjà de signer des documents via des signatures simples et avancées. « Nous allons très prochainement déposer une demande d'agrément auprès de la Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d'Informations pour pouvoir réaliser des signatures qualifiées, telles que définies par la loi 43-20 » nous confie son dirigeant. Il y a en effet trois niveaux de signatures (simple, avancé et qualifié) mais seul le ‘qualifié’ nécessite un agrément.

Désormais, cette levée en ‘seed’ permettra à la toute jeune startup de lancer son activité et acquérir ses premiers clients. « Avec cette levée, nous pouvons accélérer notre croissance et aller plus loin dans l’industrialisation de cette solution » poursuit le dirigeant.

Un maillon manquant dans la digitalisation des processus

Si la jeune pousse n’est pas encore lancée dans son processus de commercialisation, le, marché reste vierge sur ce secteur et le Maroc Numeric Fund y voit une opportunité. Contacté, Omar El Hyani, directeur de l’investissement au MNF II nous explique : « C’est une opportunité car la loi sur la confiance numérique est très récente et ouvre beaucoup de possibilités pour les startups œuvrant sur ce secteur. On sait qu’il y a une très forte demande sur le marché qui n’attend que le positionnement d’un acteur pour combler les besoins »

Dans un mouvement à grande échelle de digitalisation des process de bout en bout, nombres d’entreprises souhaitent en effet se doter de possibilité de signer électroniquement des contrats et autres documents. « La digitalisation des process de bout en bout est souhaitée et entamée chez de nombreuses entreprises. Mais la digitalisation à 100% était toujours compliquée car il manquait ce dernier maillon de la chaine de valeur probante des transactions qui est celui des signatures électroniques. Tous les secteurs cherchent à avoir une solution comme celle-ci » explique Omar El Hyani.

Comment le produit fonctionne-t-il ?

Le produit se présente sous forme de plateforme en SaaS (software as a service, ndlr) où l’entreprise cliente détient un compte. « Le produit est une solution SaaS (en ligne) qui permet de signer et faire signer des documents en toute sécurité. Nous allons créer des transactions entre l’entreprise et le client et nous jouons le rôle de tiers de confiance. Nous leur permettons de signer différents documents contractuels et gérer les transactions avec plusieurs signataires ou documents. Nous avons particulièrement travaillé sur l’ergonomie du produit, la facilité d’utilisation et l’expérience utilisateur » nous explique le fondateur. Pour garantir la souveraineté des données, le fondateur nous informe que les données sont stockées dans un data center au Maroc.

Dans le détail, , le fondateur nous explique le fonctionnement sur la plateforme entre entreprise et client final. « Concrètement, un agent prépare le document (contrat, devis, facture…) pour signature électronique sur la plateforme Damanesign. Le destinataire reçoit par e-mail les documents pour lecture et signature. Pour pouvoir signer le document, il reçoit un code par SMS nécessaire à la validation de la signature et permettant d'authentifier cet utilisateur. Et pour faciliter l’utilisation, le destinataire n’a pas besoin d'ouvrir un compte sur la plateforme. Damanesign utilise des certificats de sécurité, permettant d'authentifier l'ensemble des signataires de chaque document » explique le fondateur.

Au-delà des besoins de numérisation de bout en bout, les outils de signatures électroniques ont également été catalysés par la crise du Covid-19.

La crise du Covid a catalysé le besoin et les ambitions

Le besoin a en effet évolué courant de l’année 2020. « Il y a clairement un effet Covid, où les gens ne pouvaient pas se déplacer ou voulait au maximum réduire leurs déplacements pour signer des documents d’affaires ou administratifs. C’est devenu pour certaines entreprise un impératif d’avoir un processus qui permet une signature électronique avec la valeur juridique probante pour finaliser les transactions » nous explique Omar El Hyani.

De son côté le fondateur nous affirme que « la crise du Covid-19 a marqué l'évolution de l'utilisation de la signature électronique. D'après plusieurs études, le marché mondial devrait croitre de 25% à partir de 2020, contre 15% prévus avant la crise sanitaire. Il y a donc clairement un effet catalyseur du fait des restrictions de déplacements et du fait de vouloir limiter les contacts ».

La jeune entreprise compte également  profiter de sa primeur sur le marché pour combler le besoin des entreprises. Comme l’explique son fondateur, « l’objectif est de devenir le 1er acteur spécialisé dans la confiance numérique au Maroc ». Pour ce faire elle ratisse large et vise trois types de clients potentiels. Les sociétés grands comptes, comme les banques ou les compagnies d’assurances. Les PME de plusieurs dizaines d’employés ainsi que certaines professions indépendantes nécessitant des échanges de documents et des signatures authentifiées, comme les avocats, les notaires ou encore les architectes.

La levée de fonds permettra également d’effectuer les recrutements en conséquence et d’atteindre 9 collaborateurs d’ici la fin de l’année.

 

 

lire aussi
  • | Le 19/5/2022 à 17:09

    Les ambitions de Kifal Auto après le rachat par Autochek

    Le rachat de la startup marocaine Kifal Auto par le nigérian Autochek marque le premier exit de 212Founders. Le CEO de Kifal, Nizar Abdallaoui Maane nous explique les changements stratégiques et la complémentarité que ce rachat amènera au sein de la structure marocaine, et nous éclaire sur les motivations de son acquéreur.
  • | Le 26/4/2022 à 20:31

    Comment dynamiser l’écosystème des startups tech selon Meriem Zairi

    Le monde du numérique a pris un tournant depuis l’émergence de la crise sanitaire au Maroc et les startups tech bénéficient d’une bonne conjoncture. Mais l’écosystème connaît encore des carences fortes. Meriem Zairi, managing director du fonds Seaf Morocco livre sa vision des actions à mettre en place pour dynamiser le secteur tant sur le volet de l’accès aux talents que sur la fiscalité et le renforcement de l'accès financement.
  • | Le 16/3/2022 à 17:58

    2022 devrait encore être une bonne année pour les Startups Tech

    Le secteur a surfé sur le besoin de numérisation apporté par la crise sanitaire. Ce besoin se poursuivra indéniablement cette année. En 2022, les perspectives demeurent bonnes et les acteurs interrogés ambitionnent globalement de doubler leurs chiffres d’affaires par rapport à 2021. Les répercussions de la crise se font néanmoins sentir sur certains secteurs, comme la Foodtech qui voit les restaurateurs souffrir après la fin de l’octroi des crédits d’aide à la relance.
  • | Le 24/1/2022 à 15:27

    212 Founders s’ouvre aux startups européennes

    212 Founders de la CDG Invest, programme d’accompagnement et de financement de startups en SEED et Série A, étend son programme à Station F à Paris. […]
  • | Le 4/1/2022 à 18:39

    Start-up Tech : Bonne dynamique et hausse des investissements attendus en 2022

    La bonne qualité du deal flow se poursuivra cette année pour les fonds d’investissement spécialisés dans les start-up technologiques. Le besoin de numérisation est là pour durer et des technologies prometteuses sont développées. Les investissements en nombre et en montant sont attendus en hausse par rapport à 2021 et l’écosystème commencera à passer à l’échelle.
  • | Le 11/11/2021 à 18:58

    Startup : Freterium raconte son passage au Y Combinator après une nouvelle levée de fonds

    Après trois mois d’incubation au prestigieux Y Combinator, la startup marocaine d’optimisation logistique Freterium concrétise une nouvelle levée de fonds. Son CEO, Mehdi Cherif Alami nous raconte cette aventure et les possibilités offertes par la participation d’un pionnier américain du secteur dans son tour de table.