En Algérie, l’insuffisance des pluies laisse planer le risque d’une pénurie d’eau
Les habitants de la wilaya d’Alger doivent composer, depuis le printemps dernier, avec des coupures d’eau potable régulièrement imposées par les autorités locales, et profitent de la nuit pour reconstituer les stocks d’eau.
Les Algérois en ont assez. Des habitants de la capitale algérienne ont récemment manifesté leur mécontentement, à la suite des coupures d’eau potable imposées depuis le printemps dernier par les autorités locales, indique le site d’information algérien TSA.
Selon ce site, « des quartiers entiers de la capitale sont privés d’eau potable pendant une bonne partie de la journée. A Reghaia par exemple, les habitants sont parfois obligés de se lever de nuit pour remplir les jerricans d’eau. Dans la journée, les robinets restent à sec. A Bouzareah et les autres quartiers situés sur les hauteurs de la capitale, la mairie d’Alger-centre a annoncé hier [mercredi 25 juin, ndlr] la mise en place d’un dispositif de citernage pour venir en aide aux populations ».
Un déficit en eau « assez conséquent, pratiquement chronique »
Jeudi 24 juin, la wilaya d’Alger a également annoncé sa décision de réduire « partiellement et provisoirement » l’activité des stations de lavage de voitures. Grandes consommatrices d’eau, les stations de lavage sont désormais autorisées à ouvrir uniquement les week-ends et un jour sur deux pendant la semaine.
Le même jour, un planning pour l’alimentation en eau potable de la wilaya d’Alger a aussi été dévoilé. Il entre en vigueur ce samedi 26 juin et répartit les 57 communes de la wilaya en trois catégories. Chacune se verra appliquer un système d’approvisionnement en eau différent, selon le site Algérie-Eco. Le wali d’Alger a expliqué que ce plan de rationnement d’alimentation en eau potable a été structuré, de manière à distribuer l’eau la journée et à reconstituer les stocks la nuit. « Nous arrêtons la distribution de l’eau à partir de 18H jusqu’à 6H du matin, pour pouvoir reconstituer le stockage au niveau des réservoirs », a-t-il déclaré.
A l’origine de ces restrictions, « un déficit en approvisionnement assez conséquent, pratiquement chronique », selon le wali d’Alger. « Les années passées, nous étions dans la disponibilité parce que les eaux souterraines étaient très importantes et que nos barrages étaient pratiquement pleins. Aujourd’hui, nos barrages sont en forte diminution et nos apports en eaux superficielles ont fortement diminué ; elles ont chuté de 500.000 m3 d’eau/jour à 170.000 m3/jour », a encore déclaré le wali.
Une réduction drastique imputée « à la faible pluviométrie qu’on enregistre depuis trois ans maintenant, ce qui a empêché nos barrages de se reconstituer rapidement », a-t-il précisé.
Bientôt de nouvelles stations de dessalement et de nouveaux forages ?
La wilaya d’Alger n’est pas la seule concernée par cette réduction drastique de la disponibilité en eau potable. Selon le magazine Jeune Afrique, une vingtaine de wilayas se trouvent actuellement en état de stress hydrique. « Nous cumulons les déficits en matière de pluviométrie. Les deux dernières années hydrologiques ont été toutes deux déficitaires de 30 % », explique à l’hebdomadaire Malek Abdesselam, docteur en hydrogéologie, qui consigne quotidiennement les précipitations à l’échelle nationale.
Fin mars dernier, le taux de remplissage des barrages n’était que de 44%, selon l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT). Alors que faire pour pallier cet inquiétant déficit en eau ? Le wali d’Alger a assuré que cette situation n’était que « passagère et conjoncturelle », promettant la mise en place d’« autres alternatives et solutions », parmi lesquelles le recours à la construction de nouvelles stations de dessalement et la réalisation de nouveaux forages.
A l’échelle nationale, le ministre des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi, a fait savoir que l’État envisageait de renforcer le dispositif de dessalement de l’eau de mer, selon Jeune Afrique. L’objectif est de porter les capacités nationales (561 millions de m3 par an) à 2 milliards de m3 d’ici 2024. Une solution chronophage qui risque de contraindre encore longtemps les Algériens à avoir recours à des systèmes de débrouillardise.
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