La Samir condamnée à plus de 18 milliards de DH en appel pour infraction à la réglementation des changes
La Cour d'appel confirme une lourde sentence contre la Samir. De multiples infractions à la réglementation des changes. Déjà faramineux, le passif du raffineur s'alourdit.
Cinq ans après sa mise en liquidation, la Samir poursuit sa lente descente aux enfers. La Cour d’appel de Casablanca vient de confirmer une lourde condamnation contre le raffineur : Une amende de 18,7 milliards de dirhams (MMDH) pour de multiples infractions à la réglementation des changes.
L’arrêt a été rendu le jeudi 17 juin. Il assoit une sentence rendue trois ans plus tôt par le tribunal de première instance de Mohammedia, où le dossier avait démarré par un procès-verbal de l’office des changes, suppléé par l’Administration douanière qui se pose en partie civile.
La Samir paie le prix des dérives de son ancien management, accusé, entre autres, d’infractions « lors de transferts de devises », d’ « opérations de compensation non autorisées », « violation des autorisations exceptionnelles de l’office des changes », « non déclaration de rapports » auprès de ce même établissement.
En septembre 2015, l’office des changes avait instauré le contrôle préalable sur toutes les opérations de transfert d’argent vers l’étranger initiées par la Samir, les entités relevant de cette société, de son P-DG (Al Amoudi) ou de son DG (Jamal Baâmer). Une décision survenue deux mois après l’arrêt d’activité du raffineur.
A la Samir, cette nouvelle condamnation vient alourdir un passif déjà faramineux. Quelques semaines plus tôt, la même juridiction avait confirmé une sanction pécuniaire chiffrée à plus de 37 milliards de dirhams, cette fois-ci pour de graves infractions douanières.
Ce montant a été récemment déclaré par la Douane auprès du juge-commissaire chargé de la liquidation de la Samir, qui en tiendra compte lors du remboursement des créanciers. La nouvelle amende (18,7 MMDH) suivra bientôt le même parcours. L’administration détient désormais deux titres exécutoires sur le raffineur, pour un montant total de 55 MMDH. A travers la Douane, l'Etat fait également valoir une créance de 16,7 MMDH, correspondant à des taxes impayées ainsi qu'un crédit d'enlèvement.
Pour la Samir, ce n'est que la partie douanière du passif. Quelque 400 créanciers, essentiellement privés, attendent le paiement de leurs créances. Cinq ans après le jugement de liquidation (mars 2016), cette procédure n'a, dans les faits, toujours pas démarré. Officiellement, le raffineur bénéficie d'une période de continuité en attendant la cession de ses actifs à un tiers. Ce dernier n'aura pas à assumer les dettes de l'entreprise. Le prix qu'il mettra dans l'acquisition sera utilisé par le syndic afin de désintéresser les créanciers.
À découvrir
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Les éclairages de Mohamed Ouahbi
Un brin fataliste puis agacé par la tournure que prenait la conférence de presse organisée ce mardi 14 juillet au Complexe Mohammed VI de Salé, Mohamed Ouahbi a tenté d’apporter sa version des faits à des questions auxquelles il n’avait pas toujours les réponses. Mais le sélectionneur a tout de même affiché une foi inébranlable en l’avenir après l’élimination en quart du Mondial 2026.
Article : Pour responsabiliser les livreurs, Glovo va numéroter ses sacs
Dès le second semestre 2026, 10.000 équipements dotés d’un identifiant visible seront progressivement déployés au Maroc.
Article : Al Haouz : un avion militaire léger s'écrase après une panne moteur, le pilote indemne
L'ancien pilote de Mirage F1, qui était aux commandes de l’appareil, a été contraint de tenter un atterrissage d’urgence dans un douar proche de Marrakech.
Article : Après les crues de 2026, un barrage à 1,145 milliard de DH pour protéger Ksar El Kébir
Implanté sur l’oued Loukkos, en amont d’Oued El Makhazine, le futur ouvrage pourra retenir jusqu’à 400 millions de m³ et devrait entrer en service à l’horizon 2030.
Article : La station de dessalement de Casablanca sera opérationnelle en février 2027, annonce Nizar Baraka
D’une capacité initiale de 200 millions de mètres cubes par an, portée ensuite à 300 Mm³, l’infrastructure doit renforcer la sécurité hydrique du Grand Casablanca.
Article : Reprise de la guerre au Moyen-Orient : quel impact pour le Maroc ?
Le répit aura été bref. Moins d’un mois après l’accord entre Washington et Téhéran, les frappes ont repris et le Brent a bondi de 77 à 87 dollars en vingt-quatre heures. Pour un pays qui importe près de 90% de ses besoins énergétiques, l’enjeu dépasse largement le prix à la pompe. Transport, industrie, inflation et budget de l’État pourraient rapidement subir le contrecoup d’un conflit qui menace aussi les routes maritimes.