Les prix de la pastèque plongent à 1 DH le kilogramme
Demande plus faible que la normale, en raison des craintes liées aux résidus chimiques et semences OGM, en pleine campagne de récolte de ce fruit. La tendance baissière des prix risquent de se poursuivre tout l’été.
Les prix de la pastèque vendue au détail sur le marché local sont sur une tendance baissière forte depuis plus de deux semaines. Le prix négocié par la ménagère marocaine pour ce fruit varie désormais entre 1 et 1,50 DH/kg. Un niveau jugé trop bas par les professionnels, même si la période coïncide avec la pleine récolte dans quasiment toutes les régions de production. La même pastèque marocaine est cotée entre 1 et 1,10 euro le kilo sur le marché de Rungis, soit dix fois plus les prix pratiqués sur le marché local.
Cela dit, même à l’export les prix sont en retrait par rapport à la dernière semaine. La tendance est visiblement généralisée à plusieurs origines, notamment Alméria (Espagne). «Cette semaine, les prix du melon et de la pastèque ont accusé une forte baisse», constate l’organisation agricole l'Asaja-Almeria qui précise que la chute a atteint plus de 30%.
Comment en-est-on arrivé là ? Premièrement, il y a une baisse de la demande alimentée par une vague «d’information sur les résidus chimiques et l’utilisation de semences OGM»
Un constat que nuancent les professionnels. «Certes, ce fruit noir ou rayée a fait l’objet d’une campagne d’intox, souvent entretenue par la concurrence étrangère, mais toutes les assurances ont été fournies par les autorités de contrôle», tranche l’organisation des semenciers marocains.
Est-ce le détonateur qui déclenché la tendance baissière des prix de la pastèque ? Ce qui est sûr c’est que le détournement du consommateur de ce fruit hautement rafraîchissant remonte au mois de mai dernier.
Il s’était porté en particulier sur la production de la région de Zagora, réputée pour sa précocité. Les premiers lots de la récolte ayant été négociés à 2 DH/Kg à la deuxième vente sur le marché de gros de Casablanca.
Aujourd’hui, la chute des prix devrait s’accentuer au fur et à mesure de l’avancée des récoltes, notamment dans les grandes régions de production.
Dans la zone sud (Souss-Draâ) la cueillette s’étale de la mi-mai jusqu’à fin juillet.
C’est la région où les superficies mais aussi les rendements enregistrent une croissance soutenue, malgré la rareté de la ressource hydrique.
Dans l’Oriental, autre région de production de la pastèque, la récolte couvre la période mi-juillet-mi-septembre. Idem pour la région du Gharb.
Ainsi, l’entrée en production simultanée des différentes régions de production explique pour l’essentiel la chute des prix en cette période pré-estivale qui stimule en principe la consommation de la pastèque.
A l’export, la dynamique n’est pas non plus reluisante, selon des professionnels. Pandémie du Coronavirus oblige, plusieurs marchés extérieurs, notamment européens, accordent la préférence aux produits locaux, en particulier ceux de proximité. C’est une tendance qui se généralise parmi les magasins de grande surface. Les produits en provenance de l’extérieur n’y trouvent place qu’en cas de forte baisse d’approvisionnement ou de pénurie annoncée.
L’eau le grand facteur limitant
La pastèque est considérée comme un fruit trop gourmand en eau. Une étude de l’Agence du bassin hydraulique de Souss-Massa-Draâ menée au niveau de la nappe phréatique de Faija, a révélé un déficit de 5 millions de m3 par an. L’étude a démontré également que l’irrigation de 200 ha de pastèques exige 10 millions de m3 d’eau, soit le volume pour couvrir les besoins de 1.000 ha de palmiers dattiers. Une situation jugée inacceptable par plusieurs écologistes vu la rareté de la ressource. Cette situation de surexploitation des ressources hydriques à Zagora interpelle aujourd’hui la Stratégie d’aménagement et de développement des oasis. Cette question a été déjà soulevée par le Conseil économique, social et environnemental qui a constaté que « la gestion des ressources hydriques met en évidence l’absence de coordination entre le ministère chargé de l’Eau et le Conseil supérieur de l’eau et du climat.
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