Agroalimentaire au Maroc : Les projets d’investissement se multiplient

283 projets d'investissement dans le cadre du contrat-programme et 122 projets d'import-substitution. Le ministère de l'industrie expose les réalisations du plan d'accélération industrielle pour l'écosystème de l'agroalimentaire.

Agroalimentaire au Maroc : Les projets d’investissement se multiplient

Le 8 juin 2021 à 15h23

Modifié 12 août 2021 à 9h51

283 projets d'investissement dans le cadre du contrat-programme et 122 projets d'import-substitution. Le ministère de l'industrie expose les réalisations du plan d'accélération industrielle pour l'écosystème de l'agroalimentaire.

L’agroalimentaire est un secteur important dans l’économie marocaine. Il comprend un total de 2100 entreprises, emploie 161 671 personnes, génère un CA de 161 Mds DH et une valeur ajoutée de 39 Mds DH, représentant 25% du PIB industriel. Il contribue aussi à 15% des exportations industrielles avec un CA à l’export de 32,8 Mds DH.

Lors d’une rencontre organisée par le ministère de l’industrie sur l’écosystème agroalimentaire, les opérateurs publics et privés ont discuté des avancées réalisées par le Maroc dans ce secteur mais aussi des potentialités à exploiter et des enjeux qui restent à relever.

Les résultats du contrat-programme

L’agro-alimentaire fait partie des secteurs ciblés par le plan d’accélération industriel mis en place par le ministère de l’industrie. Il a profité d’un contrat-programme (2007-2021) qui prévoit un investissement de 12 Mds DH, dont 8 Mds DH supportés par les opérateurs privés. L’Etat y contribue par 4 Mds DH à travers le fonds de développement agricole et le fond de développement industriel et de l’investissement.

Le contrat-programme concerne 7 filières considérées comme prioritaires que sont : la valorisation des fruits et légumes frais, la  transformation des fruits et légumes, l’industrie laitière, la biscuiterie – chocolaterie – confiserie, l’industrie des pâtes et couscous, l’industrie de l’huile d’olive, et l’industrie des viandes. Il vise à booster le développement du secteur à travers une série de mesures d’appui et d’accompagnement concernant : l’investissement, l’exportation, la commercialisation, l’innovation, la certification et la normalisation.

Ali Seddiki, directeur général de l’industrie au sein du ministère, a relaté les réalisations de ce contrat-programme. Il aura donc permis d’amorcer 283 projets d’un montant de 8 MMDH d’investissement, qui permettront de générer, à terme, plus de 21.290 emplois directs et un chiffre d’affaires de 23,5 Mds DH dont 6,9 Mds DH à l’export.

122 projets d’import-substitution 

La banque de projets lancée par le ministère de l’industrie dans l’objectif de la substitution aux importations a permis quant à elle de valider 122 projets d’industrie agroalimentaire sur un total de 523. Cela représente un investissement total de 3,7 Mds DH, qui permettra à terme de créer 13.109 emplois directs. Cela permettra potentiellement de générer un CA de 5,1 Mds DH et 2,1 Mds DH à l’export, faisant ainsi gagner 7 Mds DH à la balance commerciale du Maroc.

Moulay Hafid Elalamy a indiqué que dans le cadre de cette stratégie, son ministère a approché le secteur de la grande distribution pour contribuer à cet effort national de substitution aux importations. Il ajoute que les GMS (grandes et moyennes surfaces) ont intérêt à développer leur sourcing local, il présente une meilleure qualité, un prix inférieur et moins de besoin en capacités de stockage. Ayoub Azami, PDG de Marjane a confirmé que son groupe a agi par intérêt pragmatique, commençant dans une première étape par les secteurs de l’agroalimentaire et du textile.

Rachid Sraidi, Président de l’Association des biscuitiers, chocolatiers et confiseurs (AB2C), a soulevé le point du changement du comportement du consommateur marocain qui est devenu plus exigeant. Il a insisté sur le fait que « C’est à travers une offre de bonne qualité et de produits innovants qu’on pourra stimuler l’appétit du consommateur, se substituer à l’import et exploiter le potentiel ».

Le secteur a encore des défis à relever

MHE considère que c’est l’indépendance alimentaire du pays qui est en jeu. Il ajoute que « Nous avons un développement de l’amont agricole qui a été réalisé de façon très forte, maintenant il faut que l’aval puisse suivre ». Il avoue aussi que « Nous avons encore de la logistique à améliorer, elle n’est pas au bon niveau. Nous avons besoin que nos chaînes de froid soient améliorées, nous avons besoin que nos chaînes logistiques soient optimisées. La petite et moyenne entreprise souffre à ce niveau là, et le coût du transport et de la logistique est encore cher à la fois pour le marché local et à l’export ».

D’autre part, « La décarbonation aujourd’hui de toutes les industries, ce n’est pas seulement pour avoir un bilan carbone intéressant pour l’export, c’est aussi pour rendre l’entreprise plus compétitive. On peut non seulement décarboner, mais également baisser la facture énergétique des industriels », déclare le DG de l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE), Saïd Mouline.

Pour Amine Berrada Sounni, PDG de la Compagnie chérifienne de chocolaterie (Aiguebelle) : « Aujourd’hui, les enjeux du secteur se trouvent dans l’innovation, la compétitivité et la R&D. Nous avons un consommateur exigeant et nous sommes face à des accords de libre-échange où la concurrence est rude. Ces enjeux sont donc une question de survie, mais aussi, une opportunité ».

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