Nouveau modèle de développement : l’intégration du secteur agricole, une urgence
Le secteur agricole recèle d’importantes potentialités de valorisation locale, aussi bien pour la production végétale qu’animale. C'est ce que relève le rapport sur le nouveau modèle de développement.
Tout en soulignant les avancées enregistrées en ce qui concerne l’accroissement de la production agricole dans les différentes filières, la Commission spéciale sur le modèle de développement relève les gaps au niveau de la valorisation. Et de recommander l’urgence de «renforcer les objectifs d’intégration des chaînes de valeur agricole, sources de valeur ajoutée locale et de création d’emplois décents». Cette valorisation passera par le renforcement des synergies entre opérateurs de l’amont et de l’aval, à travers des modèles de développement coopératifs et d’agrégation.
L’approche, faut-il le rappeler, a été adoptée par le Plan Maroc Vert mais peu de «résultats d’intégration industrielle ont été enregistrés», relève un professionnel qui a requis l’anonymat. Exception faite des cultures à vocation industrielle (plantes sucrières, céréales, olives, oléagineux…), la majeure partie des filières n’a pas opéré sa transformation industrielle.
«Certaines spécialités ont même disparu de la nomenclature des exportations ou se sont fortement repliées», rappelle notre source. C’est le cas du concentré de tomate, des cornichons, des conserves d’haricot vert ainsi que d’autres préparations à base de fruits et légumes. Et le cas le plus flagrant tient à la valorisation des agrumes. Le Maroc qui compte parmi les grands pays producteurs et exportateurs des oranges importe aujourd’hui l’équivalent de 150.000 tonnes/an de ces fruits sous forme de concentré de jus.
La Commission recommande également une modernisation des circuits de commercialisation agricole (conditionnement, marchés, plateformes, stockage frigorifique, etc.) au niveau des principaux bassins de production. Sans oublier la poursuite des efforts de promotion et de généralisation des normes de qualité et de sécurité sanitaire.
Là aussi, des retards sont à déplorer, relèvent de nombreux professionnels. Les réformes touchant les marchés de gros des fruits et légumes, les abattoirs des viandes rouges ainsi que les ateliers avicoles peinent toujours à se mettre en place, est-il souligné.
La Commission préconise d’œuvrer davantage pour une agriculture à la fois moderne et responsable, sur le plan environnemental et social. L’objectif demeure avant tout la sécurité alimentaire. Ceci, tout en intégrant les exigences de durabilité des ressources et de résilience face au changement climatique.
A cet effet, différents leviers peuvent être déployés. Il s’agit selon la Commission d’élargir, en premier lieu, l’accès aux procédés d’amélioration des rendements. De favoriser ensuite un usage agricole de l’eau qui tienne compte de sa rareté, en privilégiant les filières essentielles à la souveraineté alimentaire, et en mobilisant les technologies les plus avancées en matière de résilience et d’économie d’eau. Dans ce sens, il convient de rendre transparent et compétitif le coût réel de l’eau pour faciliter ces arbitrages.
Le troisième levier vise le soutien du développement de l’agriculture familiale, de l'agriculture pluviale et du petit élevage extensif, en veillant à leur intégration dans les circuits de valorisation courts (recommandations relatives au monde rural, axe 4 du rapport).
Le dernier levier concerne la promotion «des outils de financement accessibles et adaptés en faveur des écosystèmes agricoles».
Le grand défi réside toutefois dans la capacité du monde rural à faciliter aux travailleurs et exploitants, l’accès à la protection sociale, aux infrastructures améliorées et à de meilleures conditions de travail.
Enfin, la Commission considère primordial de renforcer la recherche, le développement et l’innovation dans le domaine agricole et agro-industriel. L’accent devra être mis sur les sujets à plus forts enjeux pour l’amont agricole et la sécurité alimentaire.
À découvrir
à lire aussi

Article : Aïd al-Adha sera célébré le mercredi 27 mai 2026 (officiel)
Le 1er Dou Al Hijja de l'année 1447 de l'Hégire correspond au lundi 18 mai 2026 et Aïd al-Adha sera célébré le mercredi 27 mai, annonce le ministère des Habous et des affaires islamiques.

Article : Amendement du projet de loi sur les avocats : les experts-comptables rassurés, les barreaux vent debout
En commission, les députés ont apporté de nombreux amendements au texte. Ils ont corrigé la rédaction de l’article 33 au grand bonheur des experts-comptables. Mais la dernière version du texte ne satisfait pas, dans son ensemble, les robes noires qui entendent poursuivre leur mobilisation contre le texte. Voici une revue des amendements adoptés.

Article : Météo du lundi 18 mai 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 18 mai 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.

Article : Perdre la vue et même la vie, les médecins alertent sur les dangers de la médecine esthétique non encadrée
Injections pratiquées sans supervision médicale, lasers utilisés dans des structures non autorisées, produits injectables de contrebande… Face à la banalisation des actes de médecine esthétique au Maroc, les spécialistes tirent la sonnette d’alarme. Car l’absence d’encadrement médical expose les patients à des complications graves. Parfois irréversibles.

Article : Le football, nouvelle conquête des géants de l’IA : ce que révèle l’accord Gemini-FRMF
Le 12 mai, la FRMF annonce Google Gemini comme sponsor officiel IA des Lions de l’Atlas pour la fenêtre du Mondial 2026. Un contrat pilote, dont le montant reste confidentiel, révélateur d'une stratégie plus large où Google cherche à utiliser la puissance émotionnelle du football pour installer les usages grand public de l’IA générative, avant une éventuelle extension à la performance sportive, au scouting et à l’analyse tactique.

Article : Abdelmalek Alaoui : le Maroc, puissance régionale et puissants défis en perspective
Invité de l'émission le 12/13 de Médias24, l'économiste et président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique Abdelmalek Alaoui revient sur les thèses de son dernier ouvrage, "Maroc, le défi de la puissance". L'ouvrage propose une réflexion sur la manière dont un État parvient à transformer ses contraintes géographiques et politiques en leviers d'influence.
