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AGRICULTURE

Nouveau modèle de développement : l’intégration du secteur agricole, une urgence

Le secteur agricole recèle d’importantes potentialités de valorisation locale, aussi bien pour la production végétale qu’animale. C'est ce que relève le rapport sur le nouveau modèle de développement.

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Le 1 juin 2021 à 15h11 | Modifié 1 juin 2021 à 17h40

Tout en soulignant les avancées enregistrées en ce qui concerne l’accroissement de la production agricole dans les différentes filières, la Commission spéciale sur le modèle de développement relève les gaps au niveau de la valorisation. Et de recommander l’urgence de «renforcer les objectifs d’intégration des chaînes de valeur agricole, sources de valeur ajoutée locale et de  création d’emplois décents». Cette valorisation passera par le renforcement des synergies entre opérateurs de l’amont et de l’aval, à travers des modèles de développement coopératifs et d’agrégation. 

L’approche, faut-il le rappeler, a été adoptée par le Plan Maroc Vert mais peu de «résultats d’intégration industrielle ont été enregistrés», relève un professionnel qui a requis l’anonymat. Exception faite des cultures à vocation industrielle (plantes sucrières, céréales, olives, oléagineux…), la majeure partie des filières n’a pas opéré sa transformation industrielle.

«Certaines spécialités ont même disparu de la nomenclature des exportations ou se sont fortement repliées», rappelle notre source. C’est le cas du  concentré de tomate, des cornichons, des conserves d’haricot vert ainsi que d’autres préparations à base de fruits et légumes. Et le cas le plus flagrant tient à la valorisation des agrumes. Le Maroc qui compte parmi les grands pays producteurs et exportateurs des oranges importe aujourd’hui l’équivalent de 150.000 tonnes/an de ces fruits sous forme de concentré de jus.  

La Commission recommande également une modernisation des circuits de commercialisation agricole (conditionnement, marchés, plateformes, stockage frigorifique, etc.) au niveau des principaux bassins de production. Sans oublier la poursuite des efforts de promotion et de généralisation des normes de qualité et de sécurité sanitaire. 

Là aussi, des retards sont à déplorer, relèvent de nombreux professionnels. Les réformes touchant les marchés de gros des fruits et légumes, les abattoirs des viandes rouges ainsi que les ateliers avicoles peinent toujours à se mettre en place, est-il souligné. 

La Commission préconise d’œuvrer davantage pour une agriculture à la fois moderne et responsable, sur le plan environnemental et social. L’objectif demeure avant tout la sécurité alimentaire. Ceci, tout en intégrant les exigences de durabilité des ressources et de résilience face au changement climatique. 

A cet effet, différents leviers peuvent être déployés. Il s’agit selon la Commission d’élargir, en premier lieu, l’accès aux procédés d’amélioration des rendements. De favoriser ensuite un usage agricole de l’eau qui tienne compte de sa rareté, en privilégiant les filières essentielles à la souveraineté alimentaire, et en mobilisant les technologies les plus avancées en matière de résilience et d’économie d’eau. Dans ce sens, il convient de rendre transparent et compétitif le coût réel de l’eau pour faciliter ces arbitrages.

Le troisième levier vise le soutien du  développement de l’agriculture familiale, de l'agriculture pluviale et du petit élevage extensif, en veillant à leur intégration dans les circuits de valorisation courts (recommandations relatives au monde rural, axe 4 du rapport).

Le dernier levier concerne la promotion «des outils de financement accessibles et adaptés en faveur des écosystèmes agricoles».

Le grand défi réside toutefois dans la capacité du monde rural à faciliter aux travailleurs et exploitants, l’accès à la protection sociale, aux infrastructures améliorées et à de meilleures conditions de travail.

Enfin, la Commission considère primordial de renforcer la recherche, le développement et l’innovation dans le domaine agricole et agro-industriel. L’accent devra être mis sur les sujets à plus forts enjeux pour l’amont agricole et la sécurité alimentaire.

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