A la rencontre de New Work Lab, l'un des pionniers de l'écosystème de l'innovation
New Work Lab est parmi les acteurs qui ont accompagné le démarrage de l’écosystème de l’innovation au Maroc et qui reste actif auprès des startups. Retour sur 9 ans d’existence de New Work Lab.
La raison d’être de New Work Lab ? “Elle est dans le nom : C’est un lab ! Un espace d’expérimentation et d’innovation pour penser l’évolution du monde du travail, que ce soit l’entrepreneuriat, l’intrapreneuriat ou les New Ways of Working !“, lance spontanément Fatim-Zahra Biaz, sa fondatrice.
New Work Lab est l’un des pionniers dans le développement de la scène startup au Maroc. Lancé en 2012, New Work Lab a démarré son activité comme Startup Lab avec une série d’évènements, de formations organisées au sein de son espace de Coworking comme le « fameux » Pitch Lab qui mettait en avant les projets de startups.
Installé au centre de Casablanca, New Work Lab est parmi les premiers espaces de coworking à avoir ouvert ses portes aux startups en 2012 et qui a su capter pleinement la création de valeur.
Les entrepreneurs bénéficient d’espaces de réunion, de bureaux privatifs et de rencontres hebdomadaires qui mettent sous les projecteurs des initiatives innovantes. En 2012, c'était une tendance qui venait à peine de naître.
Deux ans après son lancement, New Work Lab proposait des programmes d’incubation pour entrepreneurs, ainsi que des programmes de formations et des bootcamps.
Depuis 2012, plus de 20.000 participants ont assisté à au moins 400 événements.
Quant aux programmes d’accompagnement, New Work Lab a déployé depuis 2014 quatre programmes d’incubation et d’accélération pour entrepreneurs avec la Fondation OCP.
Il s’agit d’aider les entrepreneurs « early stage » à tester leurs idées de projet, à faciliter la collaboration avec leurs pairs, à les épauler pour trouver de nouvelles opportunités commerciales et à accélérer ensuite leur croissance.
“Les startups démarrent face à des géants dans un marché complexe. Notre mission est de leur permettre de se différencier dans des marchés de plus en plus concurrentiels, de trouver un positionnement et une stratégie de marketing, de communication et d’approche du marché.
“L’objectif est de leur permettre, quel que soit leur secteur d’activités, de passer à une phase de maturité plus avancée : De l’idée au POC, du POC au MVP, du MVP aux premiers clients et des premiers clients à la startup qui accélère ses ventes. 90 entrepreneurs ont participé aux programmes. Deux ans après la fin de ces programmes, 60% d’entre eux étaient toujours actifs avec la startup initiale ou une nouvelle startup et 300 emplois directs ou indirects créés notamment à travers une startup.
Aujourd’hui, le modèle de NWL a évolué et agit comme un concepteur de programmes startup, des programmes d’innovation et d’accompagnement du Changement pour les Corporate.
Fatim-Zahra Biaz, décrypte à sa manière l’évolution de l’écosystème de l’innovation, qu’elle sépare en 3 phases : évangélisation, structuration et consolidation. Sa recommandation principale pour faire avancer l’écosystème est que les acteurs ne doivent plus se développer en vase clos mais d’avoir une approche écosystème, construite et consolidée.
La phase d’évangélisation commence en 2012, au démarrage de cet écosystème. Un premier travail d’évangélisation est alors porté par des initiatives individuelles initiées par les incubateurs et associations d’entrepreneurs pour faire connaître la scène startup. Il s’agissait de faire connaître cet univers entrepreneurial nouveau avec ses termes et ses concepts, qui sont différents de l’entrepreneuriat classique.
On a vu l’émergence de termes nouveaux comme « startup », « incubateur », « coworking space », « business angels ».
Pour Fatim Zahra Biaz, la fondation OCP a joué un rôle crucial dans le démarrage de l’écosystème entrepreneurial national, qui s’est investi massivement auprès des structures d’accompagnement pour les aider à développer leurs programmes d’accompagnement aux entrepreneurs. “C’était réellement le premier programme de financement et d’accompagnement structuré de l’écosystème avec une vision novatrice, portée par une équipe avant-gardiste“, constate-t-elle.
Elle enchaîne : “L’écosystème commence à se structurer, depuis 2017, notamment avec l’arrivée du programme de financement de la CCG. D’autres programmes ont accompagné la vague et ont commencé à se structurer et des corporates ont commencé à s’intéresser au monde de l’entrepreneuriat et de l’innovation“.
Et c’est en 2020/21 qu’une nouvelle phase voit le jour, “celle de la consolidation des différents acquis où une certaine maturité du marché commence à être constatée“.
Se développer en écosystème est l’avenir des acteurs de l’innovation
"Il y a eu beaucoup de changement positifs et encourageants mais nous avons encore un très long chemin à faire par rapport à ce qui se fait ailleurs dans le monde et en particulier par rapport à toutes les avancées en Afrique. L’écosystème est encore très jeune par rapport aux autres pays. On aimerait que ça aille plus vite. Il est important d’accélérer les avancées à tous les niveaux dans une démarche écosystème, c’est-à-dire une démarche intégrée et coordonnée qui fédère à la fois les actions étatiques, actions d’incubateurs, fonds d’investissement, action de sensibilisation, actions avec des corporate/ universités.“
C’est dans ce sens que Fatim-Zahra Biaz encourage l’initiative de la Fédération de l’Écosystème Startup du Maroc (MSEC), dont NWL est membre, du fait qu’elle vise à fédérer les acteurs de l’écosystème de l’innovation, en commençant par les incubateurs, tout en s’orientant vers une démarche écosystème.
“La Fédération regroupe des acteurs qui travaillent ensemble, qui construisent ensemble et qui créent des valeurs ensemble“, affirme-t-elle, avant de conclure : “J’espère que ça sera un très bel exemple de ce qu’on peut construire quand on travaille en écosystème et non en égo-système“.
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