Galeries d’art : Des visites privées et digitalisées et des ventes qui se maintiennent
Le protocole sanitaire contraint les galeries d’art à privilégier les visites privées et sur rendez-vous, voire à les digitaliser. La digitalisation a en effet permis aux artistes de conserver une certaine visibilité et de maintenir les ventes de leurs œuvres.
Les galeries d’art ne lésinent pas sur les moyens pour attirer les visiteurs et conserver leurs ventes. La crise sanitaire, qui les empêche d’organiser des vernissages pour inaugurer les nouvelles expositions, les a contraintes à repenser leur façon d’exposer les artistes marocains et de susciter la curiosité du public. "On use de toutes les techniques de communication pour informer le public des expositions qui se préparent. On organise systématiquement une visite virtuelle pour chacune d’entre elles", nous dit-on au sein de la galerie L’Atelier 21.
"Le nombre de visiteurs a fléchi depuis le début de la crise. Cela nous a amenés à être beaucoup plus présents sur le digital et à faire vivre autrement que sur place nos expositions. Nous avons notamment participé à la foire d’art contemporain africain 1-54 en ligne, et toutes nos expositions ont une visibilité à travers différents sites de vente d’art internationale", explique-t-on du côté de la Loft Art Gallery. "Les deux premiers mois de l’année 2021 ont été une période transitoire, donc creuse, car ils ont été consacrés à la préparation d’une exposition à venir fin mars. Ils n’ont donc pas été propices aux visites", ajoute-t-on.
"Janvier et février sont de toute façon des mois assez calmes en termes de visites dans le milieu des galeries d’art", confirme à Médias24 Mohammed Chaoui El Faiz, directeur artistique de La Galerie 28, contrairement aux mois de novembre et décembre, beaucoup plus dynamiques. "L’activité reprendra en mars, avril", avance-t-il.
Les ventes n’ont pas non plus faibli
A Marrakech en revanche, les visites se font rares. C’est ce que nous dit Corinne Houziaux, propriétaire de My Art Galerie, située en périphérie de la ville ocre. "L’année 2021 redémarre sans grand mouvement ; nous avons très peu de visites. Notre galerie est située en dehors de Marrakech ; les gens doivent vraiment faire la démarche de se déplacer pour venir nous voir. Nous recevons donc moins de visiteurs que certaines galeries situées à Marrakech même", dit-elle. La fermeture des frontières a également un impact sur les visites de sa galerie : "Notre clientèle est plus européenne que marocaine. Le fait que les frontières soient fermées limite drastiquement le nombre de visiteurs, tout comme l’impossibilité, à l’heure actuelle, d’organiser des évènements. Avant la crise, nous organisions au moins un grand évènement chaque mois ; c’est cela qui nous ramenait de la clientèle. Or depuis maintenant une année, nous n’avons rien organisé", déplore Corinne Houziaux. Et forcément, moins de visites, égal moins de ventes.
A l’inverse évidemment, plus il y a de visites, plus les ventes sont susceptibles de décoller. Dans les autres galeries, les ventes de tableaux et d’objets d’art ne décollent pas, mais ils ne semblent pas faiblir non plus. "Depuis le début de l’année, nous avons organisé deux expositions qui nous ont permis d’avoir beaucoup de visites ; presque autant que l’année dernière à la même période. On demande simplement aux gens de prendre rendez-vous à l’avance afin de contrôler les flux", indique la galerie de L’Atelier 21. Cette fréquentation quasiment similaire à celle des mois de janvier et février 2020 a permis de conserver le même niveau de ventes : "Disons que sur les deux premiers mois de l’année 2021, nous n’avons pas constaté une grande différence par rapport à la même période l’an dernier", indique sobrement cette galerie.
La Loft Art Gallery constate de son côté que ses ventes "n’ont pas été impactées" par la crise sanitaire : "Le digital nous offre incontestablement plus de visibilité. Nous sommes présents sur plusieurs plateformes de vente d’art en ligne ; cela nous permet de continuer à exposer nos artistes et à vendre leurs œuvres."
Le confinement et la crise, double source d’inspiration
Dans sa galerie, Mohammed Chaoui El Faiz se réjouit de voir encore venir les visiteurs, même si les visites sont désormais privées et organisées à l’avance. Parmi eux, des collectionneurs toujours en quête d’une toile ou d’un objet à acheter : "Les ventes n’ont jamais cessé. Il y a toujours des collectionneurs qui continuent à acheter ; tout dépend du prix des œuvres. La crise a aussi permis de faire évoluer certaines choses, comme la digitalisation : on trouve d’autres alternatives pour organiser nos expositions, donc les ventes continuent à se faire d’une manière ou d’une autre."
Et les artistes dans tout ça ? La crise a-t-elle impacté les créations ? Absolument pas, nous répondent à l’unisson ces quatre galeristes. "Les artistes créent toujours : le confinement, et la crise en générale, ont été des sources d’inspiration. Je trouve que le processus créatif est particulièrement engagé depuis un an, d’autant que les artistes avec lesquels nous collaborons n’ont pas eu de difficultés à se procurer les matières et matériaux avec lesquels ils travaillent", souligne-t-on à L’Atelier 21. Même son de cloche chez Mohammed Chaoui El Faiz : "Le fait qu’il y ait eu un temps d’arrêt avec le confinement a permis aux artistes de faire une sorte d’introspection. Depuis un an, leur production a été exceptionnelle."
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